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Théo-logique

 

Je présente ici plus ou moins régulièrement un extrait tiré des pages

Suite théo-logique ou Caté de ce site.

 

 

 

  

la ruse ÉvangÉlique

Ou les trois récits

  

Toute société humaine oriente le désir de ses membres vers les éléments d’un grand récit qui sert de matrice à l’ensemble des comportements et des idéaux. Ce récit met aussi en scène un spectacle.

La question posée à chacun est la suivante : à quoi te relies-tu et vers quoi te tournes-tu pour t’identifier et te justifier d’exister ?

On trouve alors, pour citer les trois exemples majeurs, ces grands récits qui lient les gens :

– aux origines et aux identités,

– à la domination et à la puissance,

– enfin à la compétition et au commerce.

On assiste alors aux spectacles, soit de la quête d’identité, soit de la lutte pour le pouvoir, soit de l’enrichissement. Ce qui suppose des indigènes et des étrangers, ou des vainqueurs et des vaincus, ou des riches et des pauvres.

La Terre-mère (Gaïa), César, Mammon.

 

Par rapport à ces récits fondateurs, l’Évangile a ceci de différent qu’il ne se base pas sur le besoin de justifier nos existences. Pour lui, cela est acquis par avance, tous sont qualifiés pour la suite, le Christ a assumé cela.

Sans cette certitude radicale, autant se retourner vers les récits précédents, il ne sert à rien de se dire chrétien.

J’insiste : s’il est question de dire l’Évangile, une seule chose est à proclamer, sur tous les tons et sur toutes les places, à mettre en œuvre autant qu’il est possible :

 

Rassurez-vous ! Vous êtes totalement justifiés d’être là,

totalement qualifiés pour exister, qui que vous soyez. Toutes et tous.

Y compris les plus faibles, les plus pauvres, les moins blancs, les plus moches, les moins valides, les ignorants, les homos, les étrangers, les prostituées,

les taulards… Et ceux, les plus nombreux, qui se croient normaux.

Et c’est vrai là où vous vous trouvez. Et c’est vrai maintenant.

Ne croyez pas un mot des discours qui vous enfoncent.

N’acceptez pas les gestes qui vous salissent.

Combattez les institutions qui vous délégitiment.

 

À partir de là, loin de fuir les grands récits qui courent, l’Évangile ruse et les reprend, mais il réoriente désirs et spectacles à sa manière :

Il réoriente le désir identitaire, non vers une source mais vers un avenir à édifier, et propose pour cela le spectacle de la fraternité.

Il réoriente le désir de puissance vers le service et propose le spectacle du don.

Il réoriente le désir de commerce vers l’esprit du lien et propose le spectacle de la coopération.

Le Père, le Fils, l’Esprit.

 

Ceci posé, l’Évangile se trouve à chaque instant menacé d’être réinvesti à son tour par tel ou tel des désirs et des spectacles en question. Sinon par tous... D’où l’exhortation finale du Christ : Veillez !