Fil - Peintures acryliques poétique par Huynh Duy - www.artpeople.net - DR

 

 

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Depuis janvier 2015, les réflexions habituelles portées

sur ce site sont devenues un journal.

Le journal d’une retraite, terme à prendre en deux sens.

Il s’agit d’une part du journal d’un retraité.

Et d’autre part de pensées survenues chez un type qui vit

dans un hameau retiré.

 

(On pourra trouver les textes de l’année passée aux pages du Journal 2015,

du Journal 2016, du Journal 2017, du Journal 2018 et du Journal 2019)

 

 

 

journal 2020

 

Pour réagir : jean.alexandre2@orange.fr

 

 

Du 23 au 30 juin  

 

Coup de chapeau

Je l’avais déjà remarqué, les grandes avancées politiques viennent assez souvent de la droite lorsqu’elle se trouve bousculée par la marche de l’Histoire. Trois remarquables européennes en sont aujourd’hui la preuve : Ursula, Christine et Angela. Et sans esbroufe !

  

Époques

On semble avoir oublié que les ancêtres de l’immense majorité des Français "blancs" étaient jadis des serfs. Achetés, transmis ou vendus avec les terres de leur seigneur. Ce qui n’enlève rien aux crimes des esclavagistes de la Traite des Noirs mais rappelle que les rapports entre groupes humains dépendent largement des conditions liées à une époque.

 

Lire

On peut lire un passage biblique à mi-voix, pour soi, de telle sorte que la Parole paraisse dite de la façon la plus aboutie, comme une cantate intime. Ou l’art de lire comme résultat d’un travail sur soi.

 

Statues

Les derniers à avoir déboulonné des statues de bronze en France étaient les techniciens de l'armée allemande d'occupation. Ils les ont fondues à des fins militaires. C'est pourquoi, par exemple, la statue de François Arago manque sur le boulevard du même nom. Coup de pot, petits bras, ils ont laissé le lion sur la place Denfert-Rochereau voisine. Ils étaient racistes, mais Arago l'était-il ? Ce serait une consolation.*

* En fait, il était loin de l’être !

 

Poème

Souvenir du poète Tristan Cabral (Yann Houssin, 1944-2020), parti lundi dernier.

et qu’importe après tout si mes doigts sont en sang

j’écris pour que le monde devienne un grand poème*

* In Demain, quand je serai petit, Éditions Plasma.

 

Y a un blème

Dieu ne pouvant mettre personne à l'épreuve (dixit l'épiscopat romain quand il corrigea les paroles du Notre Père), d'où sort cette histoire de coronavirus ?!

 

Lecture 2

Dans les Écritures, il y a Jacques (celui de l’épître de Jacques), il y a Paul, il y a Job, il y a Ésaïe, il y a… Bref, il y en a beaucoup et il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils soient tous sur la même ligne. L’erreur consiste à les fondre en un seul langage, une seule doctrine, un seul cœur, par un coup de force magistériel. Il vaut mieux entrer en dialogue amical, fraternel, avec chacun d’entre eux. Richesse de la diversité, de la contradiction, du débat. Entre eux, entre chacun d’eux et chacun de nous, et entre nous. En des temps multiples.

 

Tête de Turc

À la télé ("La grande Librairie" d’hier soir, France 5), une écrivaine évoque le judéo-christianisme comme milieu d’origine de la suprématie du désir masculin… Cela me paraît petit bras : qu’en est-il alors des grandes civilisations des autres parties du monde ? Musulmane, bouddhiste, shinto, confucianiste, hindouiste… Le désir féminin y est-il reconnu davantage ?

 

Désir

Quand on parle du monde d‘après que l’on devrait voir naître, il faut toujours se rappeler que le désir qui fait loi – désir déplacé, prescrit, obligé – le désir que nous connaissons, c'est d'être un rouage efficace et une marchandise. C'est la norme de notre société. C'est ce que "veut" l'homme normal : l'homme abstrait des affiches publicitaires qui nous sert de modèle. Cette idéologie qui nous régit, c’est-à-dire ce désir obligé, est universelle, aujourd’hui, plus largement universelle qu'aucune autre, et elle est en pleine expansion. La rage ne suffit pas, on ne peut opposer valablement qu’un autre désir, qui serait lui aussi de force universelle. Celui d’être le membre utile d’une fraternité ? Au vu de ce qui se passe, peut-on le croire ? 

 

Du 16 au 22 juin 

 

Lecture 1

Ah si nos pasteurs et nos lecteurs étaient formés à la lecture des Écritures telle que la comprend, la pratique et l'explique le rabbin dans l'excellente émission de ce matin sur le Chant des chants ! (France 2). On touche là un angle mort de toutes nos théologies.

C’est que le type lui-même de rapport que nous entretenons avec un écrit que nous considérons comme fondamental est toujours de nature spirituelle. Ou cet écrit est pour nous un sujet avec lequel nous nous entretenons, ou il reste un objet que nous allons situer, décrire et expliquer. Et le premier de ces deux modes ne nous est pas donné d’emblée tant nous sommes habités par le mode de compréhension que nous avons appris de toute la tradition européenne et qui privilégie une forme d’intelligence qui s’applique sur le réel que nous rencontrons et non pas avec lui.

 

Va et ne pèche plus…

Question d'école que l’on m’a posée : lorsque Jésus dit à la femme adultère : "Va et ne pèche plus", ces mots libérateurs peuvent-ils être appliqués à toutes les situations dans lesquelles quelqu'un se trouve accusé d'avoir péché ? Oui, pour moi, si du moins on parle bien de péché, non de crime. Ce dernier étant du ressort d'un tribunal, ce qui n'a rien à voir. Mais il est vrai que la confusion est quasi constante.

Dans les années soixante, j'ai eu pour ma part à annoncer le pardon de Dieu à une criminelle nazie alors mourante, tout en regrettant qu'elle n'ait pas été débusquée, arrêtée et jugée auparavant par les tribunaux. Je ne souhaite à personne d'avoir à faire une telle distinction en situation, mais je la juge droitement évangélique.

 

Statistiques ethniques ? Sur quelles bases ?

Selon la couleur des gens ? Aux États-Unis, il est assuré que qui n’est pas de type "caucasien", dénommé "blanc", peut se trouver classé entre autres comme "noir", aurait-il le teint clair, car on n’y reconnaît pas le métissage (qui fut pourtant imposé aux esclaves africaines). Un « blanc » peut ainsi avoir le teint moins clair que celui d’un "noir".

D’où ma question pour le cas où il serait décidé chez nous de procéder à de tels classements : qui décidera de la couleur de tel ou tel ? Selon quelle échelle de couleur allant du blanc intégral au noir intégral ?

Pour pointer le ridicule de l’affaire, je verrais bien à cet effet un registre de couleurs semblable au catalogue des marchands de papier peint… On pourrait s’y reconnaître au choix beige clair, jade, ambre, chocolat noir, tabac, bistre, etc. Mais, évidemment, jamais blanc (même les albinos) ni noir, couleurs de peau inexistantes dans la nature. À ce sujet, Christiane Rochefort, la romancière, parlait de "roses" et de "marrons".

S’il s’agit en revanche de classer les gens selon leur origine, même question : selon quel critère ? Suivant l’État d’où leurs parents ou eux-mêmes sont venus, ou suivant leur ethnie ? Pour les Sud-Africains, par exemple, bonjour ! De même pour les Sahéliens, ou pour les Russes, ou pour bien d’autres encore…

À noter que, selon une telle démarche ethnique, on aurait de la peine à classer Corses, Poitevins, Bourguignons et Bretons dans une même catégorie… 

Mais la vérité, c’est que l’on sait très bien comment on les classe, les gens, personne ne s’y trompe : les riches de toute couleur, ethnie, etc. du côté des respectables, et pour les pauvres, plus ils auront le teint sombre, moins vous les respecterez. Entre ces deux catégories, allez-y au pif, pas besoin de classement pour ça.

Non, disons plutôt ceci aux gouvernants : généralisez et systématisez les tests à l’aveugle en ce qui concerne l’emploi et le logement, et tapez fort sur ceux qui ne respectent pas l’égalité des chances… Ah bon, c’est vous ? Dans ce cas, dégagez ! Ici, c’est la République.

 

Statues

Préparons-nous à vivre dans un monde sans  statues car s’il faut déboulonner les effigies de tous ceux que l’on peut accuser de politique, crime, violence ou discours délétères, on trouvera toujours quelqu’un qui ait une bonne raison de s’en prendre à l’une ou à l’autre, si bien qu’à la fin, il ne s’en trouvera aucune qui reste debout. Heureusement, les affiches et les spots publicitaires demeureront pour animer les rues et les places de nos villes. Sous condition, bien sûr, que n’y soient vantés que des produits irréprochables sur le plan mémoriel...

 

Adhérer

Pourquoi les berniques collent-elles si fort aux rochers ? se demande-t-on dans une revue scientifique tout à fait sérieuse*. Je me pose le même genre de questions lorsque je pense à certaines personnes attachées avec une telle énergie à leur mandat électif. Ou l’art de s’accrocher.

* Proceedings of the Royal Society B (Cambridge).

 

Du 9 au 15 juin  

 

Avertissement

Certaines nécessités médicales sans gravité m’occuperont dans les jours à venir et m’amènent à mettre ce site à jour ce dimanche après-midi plutôt que demain lundi comme je le fais d’habitude. Salut à toutes et à tous !

 

Violences, etc.

De même que le Rassemblement national n’est pas un parti fasciste mais un parti qui comprend des fascistes, de même, la police n’est pas un organisme raciste mais un organisme qui, comme beaucoup, comprend des racistes. Ce qui représente un danger.

D’autre part, à ceux des flics qui, pour expliquer leurs dérapages, rappellent à juste titre qu’ils sont eux aussi gravement victimes de violence, il faut rappeler que celle-ci est l’œuvre de malfaiteurs, ce qu’eux-mêmes ne sont pas, et n’ont pas à devenir.

Aussi est-il vrai que les forces de l’ordre ont besoin d’une vraie politique du maintien de l’ordre assortie des moyens ad hoc, et que ce n’est pas Castaner qui peut gérer cela. Il est en effet trop léger pour y parvenir. Léger, à tous égards.

Enfin, quel est le …* qui a rejeté le plan Borloo ? Léger, lui aussi.

Lorsqu’il l’a annulé, il a de ce fait évacué en effet la possibilité d'atténuer la violence inscrite dans les conditions de vie de certains quartiers ou de certaines cités. Merci à lui de la part de la police, chargée de maintenir l'ordre là où l'ordre à maintenir… n'existe pas.

Contraire à l’esprit républicain, sa formule racialiste (les "mâles blancs", prononcée d'ailleurs "mal blanc") a pu, de plus, encourager les dérives ethnicistes dont on déplore aujourd'hui le développement au sein de populations issues des immigrations non-européennes. Un danger de plus.

* Compléter à son envie.

 

Raison garder 1

Par prudence, pour cause de distanciation sociale, on devrait rassembler le même jour la Fête de la musique, le Quatorze-juillet, l’Assomption de la Vierge, la rentrée des classes et la Fête de la Réformation. On n’est pas obligé de fêter le même saint le même jour.

 

Raison garder 2

C’est la même logique qui me fait penser que la solution au problème israélo-palestinien pourrait consister à établir deux États indépendants sur le même territoire, celui de la Palestine d’avant 1948. Les gens sauraient quand même bien duquel ils seraient citoyens !

 

Déboulonner

Ici ou là, on aime aujourd’hui s’attaquer aux statues des personnalités que l’on a de bonnes raisons de détester. Ça ne va pas sans contradictions. C’est ainsi qu’aux États-Unis, l’effigie de Christophe Colomb a été décapitée par des Amérindiens, ceci au grand dam des Italo-Américains. C’est juste un exemple. Moi, en tant que protestant, ce serait plutôt aux statues de Louis XIV que je penserais…

 

Du 1er au 8 juin

 

Cas d’école

Faut-il produire ici autant que possible ou se fournir ailleurs, par exemple en Asie où la main-d’œuvre est moins chère ? L’exemple des masques pourrait passer pour un exemple de nos palinodies : depuis que l’administration l’a demandé, notre industrie s’est mise à fabriquer des millions de masques… qui aujourd’hui ne se vendent plus parce que l’administration donne finalement la priorité à la production chinoise, moins chère. À quand une politique lisible ?

 

Contre

On le sait, il y a ceux qui sont contre ce qui est pour et ceux qui sont pour ce qui est contre. Le génie de Michel Onfray consiste à les rassembler en une revue, pensant qu’ils seraient tous pour lui, qui est contre. Ce qui, bien entendu,... est contradictoire.

 

Jour J

Ce n’est pas une date à oublier, celle du jour où les conditions de la victoire sur le mal nazi sont assurées mais où s’ouvre une époque ambivalente, entre espérance et danger, quand rien n’est pourtant encore joué. C’est un paradigme, et nous le vivons aujourd’hui à propos du coronavirus, mais peut-être aussi plus largement quant au destin de notre espèce, sachant que nous disposons de tous les moyens de lui assurer un avenir, sans être trop certains d’y parvenir. Et c’est aussi le paradigme chrétien : le salut déjà acquis mais pas encore effectif… La météo, aujourd’hui, illustre tout cela : le temps est incertain.

 

Digression

Comme beaucoup d’autres de ses étudiants, je dois la réflexion théologique présente dans la remarque notée ci-dessus au professeur Oscar Cullmann, qui m’avait élu comme guide, souvenir qui n’a rien à voir, pour marcher dans Paris, lui qui n’y voyait guère et craignait de traverser seul les rues. Il m’avait néanmoins remarqué parce que je bavardais pendant son cours sur le Nouveau Testament, à la Sorbonne, avec la jeune fille qui devait devenir plus tard mon épouse.

 

Métis

Il y a des moments où, en tant que protestant, je souffre de vivre dans un pays de culture catholique. À d’autres moments, c’est l’inverse, j’en suis heureux. Ça doit se jouer entre deux types humains, l’individu responsable et la bande inventive. Quelque chose comme ça.

 

Supériorité…

George Floyd, Adama Traoré, même combat ? Pas exactement, mais il y a aussi de ça. Chez nous, le racisme anti-noir est loin de ce qu’il représente aux États-Unis mais il reste tout de même bien enraciné dans un passé d’oppression coloniale qui n’est digéré ni par les uns ni par les autres. Ma génération est celle qui a aimé Banania, rigolé des "négros"… et n’a pu ignorer les massacres perpétrés à Madagascar (1947) ou au Cameroun (1955). Entre autres. Ayant vécu à Antananarivo dans les années 60, je me souviens de ce  technicien blanc, charmant garçon semblait-il, qui se vantait d’obliger les Malgaches qui venaient à sa rencontre à descendre du trottoir sur lequel il marchait. Ou quand tu te sens supérieur à l’autre…

 

Bible

Quand je vois Trump brandir la Bible en l'air, pourquoi ai-je l'impression qu'il demande à la ronde qui a perdu ce truc-là ?

 

SOS

Les États Unis d'Amérique du Nord sont en feu et leur président est planqué dans son bunker... Là où il est, a-t-il du réseau ? Touiter ou ne pas touiter, là est la question !

 

La confiance règne

La Toile offre toute sorte de possibilités à la compréhension de ce qui se passe. Exemple à propos de la MaCoVi-19 (Maladie du Coronavirus-19) :

Ou le gouvernement se réunit exclusivement pour organiser la désinformation du peuple…

Ou il est tellement incompétent qu’il dit et fait n’importe quoi à propos de n’importe quoi…

Ou il tente d’adapter plus ou moins adroitement sa politique au développement de la situation et des connaissances…

Etc., sachant qu’il peut exister des opinions mixtes.

Mêmes types d’affirmation, d’ailleurs, à propos des journalistes, des savants, voire des médecins.

 

Pentecôte

On sait ce que signifient trouver son souffle, manquer de souffle, être à bout de souffle. On aimerait alors trouver son second souffle. C’est bien ce dont nous avons besoin. Cela nous arrivera-t-il lorsque nous le cherchions, le demandions ? Dans l’effort, la lutte, la joie. Or c’est au bout du pèlerinage, quand on a cessé de chanter les hymnes des montées, quand le sang des victimes sacrifiées a coulé, quand on n’attend plus rien d’autre, qu’advient la bouleversante survenue du Souffle. Ou non.

 

 

Du 29 au 31 mai

 

Vive la transe !

On me dit que Michel Onfray se fait son Front populaire bien à lui (pour lui, la plupart des autres sont des menteurs manipulés)… Il semble que le contingent des agités toutes catégories n’a pas fini de grossir, du philosophe normand autocentré au cornecul adepte du lâcher de salopes, en passant par le grand savant provençal… vieillissant. Point commun : c’est moi que je suis le peuple !

 

Logique !

Ma remarque du 27 intitulée Rencontre a pu laisser penser que je ne crois pas en un autre mode d’existence à la suite de notre mort. Ce n’est pas le cas, je crois seulement que pour vivre à neuf, il faut d’abord être mort… 

 

Je résume :

Dans l’Église catholique, faut-il qu’une femme puisse devenir évêque ? La question serait plutôt : faut-il des évêques et des prêtres au sens catholique romain de ces termes ? Ma réponse est non, voyez le sac de nœuds.

 

Giscardiens

Ne rêvons pas, si la "gauche" de La République en marche s’organise à part, ce n’est pas pour rêver à un front de gauche à venir mais pour appeler Macron à faire un petit effort côté social. Ces "gens de gauche" qui ont rejoint Macron en 2017 ont cru en cette faribole selon laquelle la distinction entre la gauche et la droite n’avait plus lieu d’être, et ils n’ont pas changé de point de vue, voyez comment Collomb agit aujourd’hui à Lyon. Leur "gauche", ce n’est pas la justice, c’est la droite avec plus de "cœur", comme aurait dit Giscard…

 

Évêquesse

Mme Soupa postule donc au titre d'archevêque de Lyon, distinguant entre deux rôles, la responsabilité sacerdotale, qu’elle ne revendique pas, et le rôle de direction, qu’elle pense pouvoir assumer. Cela revient à imaginer une autorité bicéphale de l’Église, comparable – c’est amusant – à ce qui fait problème dans les hôpitaux français, médecine d’un côté et gestion de l’autre... Plus proche, cela évoque le mode de gouvernance de l’Église luthérienne non concordataire en France, avec un président laïc et un pasteur évêque (mal nommé inspecteur ecclésiastique)*.

Ce n’est en tout cas pas la panacée, tant la distinction entre matériel et spirituel me paraît foncièrement contraire à l’Évangile. On m’objectera peut-être que c’est pourtant ce qui fut imaginé au tout début de l’Église de Jérusalem avec la création du corps des diacres à côté de celui des apôtres (Actes 6, 1-6). Certes, mais la direction restait entre les mains des apôtres. Il s’agissait d’ailleurs de répondre à un état de fait indépendant de la volonté de l’Église, les chrétiens pauvres qui étaient juifs bénéficiant encore des prescriptions de la Thora alors que les non-juifs n’y avaient évidemment pas droit. 

Où l’on voit que la seule solution réellement évangélique serait d’accepter que les femmes puissent devenir prêtres, donc aussi évêques. Solution ecclésiale plutôt qu’ecclésiastique, du moins à mon sens.

* La création de l’Église protestante unie de France a supprimé cela, sauf à Paris.

 

Mauvaise blague

Et maintenant qui s’en va, c’est Bedos ! Ça sent le sapin… encore un arbre qui va morfler.

 

Du 22 au 28 mai

 

Soyons clairs

Selon Météo France, nous devons nous attendre à un été plus chaud et plus sec que la normale… Sauf que maintenant, semble-t-il, c’est cela la normale !

 

Rencontre

Je crois qu’on peut parler à Dieu, parler de Dieu, lorsqu’on a compris et accepté qu’on est mortel. Que l’on va mourir pour de bon et qu’il ne nous doit rien. Alors il n’y a plus rien à négocier. La rencontre aura lieu, ici et maintenant, dans le plaisir, le bonheur, de l’accueil réciproque.

 

La voie du chantre

Hier matin, Présence protestante (France 2) portait sur la méditation. Cela m’a ramené au long travail entrepris pour me débarrasser de la préséance de l’intellect sur la connaissance pure et simple des Écritures. Faire le vide en soi avant que d’être immergé dans la quête du sens. Se fixer alors sur un objectif à réaliser en premier lieu : écouter avant toute autre démarche.

D’où la traduction des évangiles que j’ai publiée, conçue pour obliger à se concentrer sur le faire de la lecture. On sait en effet que, dans la réception d’un message, la compréhension est toujours seconde par rapport à la sensation corporelle qu’on éprouve.

Cela suppose que l’on considère d’abord les Écritures, non comme un objet à interpréter, mais comme un ensemble de sujets qui vous parlent, à vous, autre sujet, à leur manière, non à la vôtre. C’est une rencontre, un échange en liberté, selon le temps non réversible de notre finitude. Aucune herméneutique ne devrait précéder cela.

 

Boutiquiers

Les Pays-Bas, simple exemple de petitesse, ne veulent pas payer pour les autres. Mais combien de soldats néerlandais morts pour l’Europe au Sahel et au Proche-Orient ? Combien de garde-côtes en Méditerranée ? Quel pourcentage d’immigrés par rapport à celui de l’Italie ou de la Grèce ? On va finir par se demander ce qu’on fout avec ces gens-là…

 

Pour pas changer

La Corée du Nord déclare vouloir renforcer sa dissuasion nucléaire. Traduction : elle s’apprête à demander de l’aide en échange d’une désescalade. C’est une vieille habitude : comme le fric passe en ogives nucléaires et autres soldateries, il ne reste rien pour la nourriture, d’où ce chantage. Et d’habitude, ça marche, la Chine et/ou les États-Unis sortent le porte-monnaie, ça leur coûte moins cher qu’une intervention sur place.

 

Prions dehors !

Oui, là où les autres se trouvent. Je me demande bien pourquoi, aujourd’hui, on aurait envie de se confiner dans un temple !

 

CQFD

La leçon du virus : si tu veux qu’on te trouve des sous, tombe malade !

 

Quel virus ?

Si j’en juge par la clientèle de la grande surface de mon coin, on est parti pour un retour de flamme du virus. Ici, point de pandémie, dirait-on, on y vit libre, tout comme Max. Seuls détonnent quelques originaux furtivement masqués.

 

Du 15 au 21 mai 

 

J’ai la solution !

Un peu de sérieux, qu’on en finisse avec cette histoire de deuxième tour des élections municipales ! Le plus simple serait le tirage au sort, bien sûr, on n’a pas le temps d’organiser des campagnes électorales. Mais l’immaturité des candidats va encore empêcher ça. Trop heureux de parader…

 

Gîte

Pour le long week-end de l’Ascension, Hélène et moi avons choisi un logis dans le Sud des Deux-Sèvres. Charmante bâtisse entourée de bois, de champs et de prairies, et située à moins de 100 kms. Les propriétaires sont convenables.

 

C’est qui qui cause ?

Quand un célèbre journaliste veut l'avis d'un religieux sur telle ou telle question qui concerne les religieux (par exemple, faut-il rouvrir les locaux confessionnels ?), il peut préférer ne pas inviter un prêtre catho, ça ferait trop peu laïc, alors il invite le Grand rabbin. C'est un bon choix car il est pointu, le gars. Mais pourquoi ne pense-t-on jamais, entre autres tout aussi compétents, au président de la Fédération protestante, sachant qu'il représente lui aussi une confession minoritaire reconnue ? La réponse est chez les protestants eux-mêmes : ils se planquent, ils n'aiment pas qu'on les mette en avant, ça ferait m'as-tu-vu... Ils ont beaucoup de choses à dire mais ils ne les disent qu'à mi-voix, autrement ça ferait suffisant. Fuyons la renommée qui vient du monde... Amateurs, va !

 

Évangéliques

Encore un culte évangélique ? (Présence protestante d’hier matin sur France 2). Oui, mais la différence entre un culte de motards évangéliques et un culte de Tziganes évangéliques, c’est que ces derniers ne sont pas des gens qui se distraient grâce à leur machine, mais un vrai peuple, de plus discriminé. C’est pourquoi ils parlent au cœur, dans leur simplicité. Ils sont mes frères et mes sœurs.

 

Verts moulus

Les académiciens n’y connaissent rien. Que le nom d'une maladie soit nécessairement du genre féminin comme ils l’affirment est une erreur. Il existe des exemples inverses, comme le croup. Qu'il faille dénommer notre virus actuel par son nom anglais, supposé féminin, Corona virus disease 19, d’où CoViD-19, est par ailleurs déplorable mais reste de plus sans pertinence car 19 est un nombre, neutre en anglais et masculin en français. Machistes, reculez !

 

Migrations

Jusqu’à ces derniers temps, la France d’avenir était celle de zones plutôt  périphériques – frontalières ou côtières. Le centre du pays devant rester une grosse patate semi-rurale priée de s’accrocher de loin aux zones qui comptent. On avait créé ainsi un Far-Center ponctué lui-même de réserves indigènes : casquettes à carreaux, accent du terroir, loto et danses folklo. Le coronavirus et son confinement semblent devoir changer tout ça, et il va devenir tendance de se trouver une vieille maison de genre dans une ville moyenne. Ou même, soyons fou, à la campagne. Mais sans coq ni tracteur matutinaux, hein !

 

Vision

Le virus est foutu, il s'est attaqué aux Français, il est parti pour cent ans de discussions en interne et plusieurs changements de constitution, le temps qu'il se mette d'accord et passe à l'attaque, la Parousie aura eu lieu.

 

Du 8 au 14 mai  

 

Pas beau

Le port du masque me fait penser aux musulmanes voilées. Deux paradoxes distinguent pourtant totalement les deux pratiques. Le premier, c’est que plus ces femmes cachent leur visage, plus on s’y intéresse, et le second, c’est que plus elles tentent d’effacer leur féminité, plus elles la désignent comme essentielle. Ce voile est tentateur. Comme tout ce qui évoque un interdit. Notre masque sanitaire ne fait, lui, que masquer, comme son nom l’indique. Il ne rehausse pas, il annule, égalise et dissout… Comme tout ce qui est de l’ordre de l’uniformité instituée.

 

Désirs

Depuis longtemps déjà, le désir qui fait loi – désir déplacé, prescrit, obligé – le désir que nous connaissons, c'est d'être un rouage efficace et une marchandise.

C'est la norme de notre société. C'est ce que "veut" l'homme normal : l'homme abstrait des affiches publicitaires qui nous sert de modèle.

Cette idéologie qui nous régit, c’est-à-dire ce désir obligé, est universelle, plus largement universelle qu'aucune autre, et elle est en pleine expansion.

La rage ne suffit pas, on ne peut opposer valablement à cela qu’un autre désir, qui serait lui aussi de force universelle.

À entendre certains, en ce temps où tout est chamboulé de fond en comble, le moment en serait venu… À qui la parole ?

 

Dissensus

D’accord avec Raphaël Glucksmann, écouté hier matin sur France Inter : en Europe, le fameux couple franco-allemand a largement démontré qu’il aboutit à un suivisme obligé de la France à l’égard de l’Allemagne. Aucune chance d’avancer vers une Puissance européenne progressiste dont l’Allemagne ne veut pas. Question de rapport de force. D’où cette nécessité pour la France de travailler à établir d’autres partenariats, voire si possible à un front d’États membres capable de faire le poids.

 

Abolition

Ce 10 mai est la Journée commémorative de l'abolition de l'esclavage. Il me paraît important de rappeler et de souligner aujourd’hui, en particulier à destination des jeunes Français dont les ancêtres étaient esclaves, que si la Royauté et l’Empire ont tenu à cette pratique, c’est la République, dont ils sont membres, qui l’a abolie.   

 

La Bible aux enfants

Je ne suis pas sûr que les Écritures saintes soient destinées aux enfants. Il me semble qu’il leur suffit d’en connaître les récits les plus marquants. Faire plus, c’est risquer avec eux une compréhension individualiste, faussement psychologique et pire encore, moraliste. Ou bien encore l’insignifiance. Je pensais à cela en regardant l’émission de Muriel Muller-Collard de ce matin sur France 2 (Présence protestante). Elle ne se tire de ces écueils qu’en installant avec les enfants un rapport que je trouve quelque peu factice. Ceci dit, c’est quand même du sacrément bon boulot !

 

Nation

Je jette un œil à la diffusion de la cérémonie du 8 mai 1945. La Marseillaise, bon d’accord, c’est de mise, mais on l’entend si souvent pour un simple match de foute.... Non, ce qui m’émeut vraiment, c’est la Sonnerie aux Morts. Une nation, c’est des morts en commun.

 

Transition

Gilles Deleuze annonçait dès 1995 que nous allions passer d’une société du contrôle des gens par le regroupement et l’enfermement (usine, école, hôpital, caserne, prison, etc.) à une société du contrôle sans regroupement ni enfermement. Sachant que c’est le contrôle des gens qui compte quel que soit le type de société considéré.

Il me semble que cette transition est en train de s’accomplir, le confinement actuel représentant une sorte de répétition de cela. Ceci en accéléré, et par le développement de l’ensemble des multiples moyens de contournement pouvant être opposés, par la technologie et l'apprentissage, à cet enfermement privé.

C’est ainsi que, je pense, nous apprenons maintenant comment nous pourrons développer, la pandémie derrière nous, une société contrôlée sans la nécessité de lourdes institutions de contrôle par regroupement.

 

Bonhoeffer

Sa pensée, liée à son action, est capitale au sein de la théologie protestante. Néanmoins, elle reste datée et située : son idée selon laquelle l’être humain est devenu adulte, c’est-à-dire sans dieu ni religion, fait de lui un Européen occidental à peine contemporain. Il serait sans doute surpris de la place que tiennent les religions, actuellement, dans l’ensemble du monde. Non seulement quant au nombre des croyants, mais aussi et surtout quant à l’influence, y compris géopolitique, prise par leurs croyances et ce que celles-ci induisent. Bonhoeffer aurait-il continué alors à prêcher un dieu non-religieux et démuni, non pour accompagner un monde athée, mais pour combattre la puissance des religions ?

(À moins que cela ne revienne au même !)

 

Du 1er au 7 mai 

 

Le temps est venu

Le temps passé à se morfondre dans le confinement pourrait offrir l’occasion de s’imprégner du manifeste Le temps est venu publié par la Fondation Hulot. Il peut devenir un élément de conscientisation sans pareil et un point de départ pour une longue et raisonnée sortie, non seulement du confinement cette fois, mais d’un mode de vie qui nous tuera tous, à terme, plus sûrement que le coronavirus.

 

Misaotra !

La rediffusion d’un culte de l’Église malgache tout à fait classique m’a reposé l’esprit. C’est de la liturgie à l’ancienne, bien carrée. Mais ce qui a réjoui mon âme, c’est d’entendre chanter en malgache, cette langue que j’aime tant et que je baragouinais en mon jeune temps (j’ai tout oublié, hélas !). Mais les Malgaches forment un peuple éminemment poli, aussi ont-ils tout parlé en français…  

 

Bolsonaro

Si je partageais ses idées religieuses, je dirais qu’il est l’envoyé du Seigneur… venu pour punir son peuple de sa dépravation lubrique, telle que l’illustre entre autre son carnaval dénudé ! On ne peut pas servir deux maîtres, la samba et le Seigneur ! C’est pourquoi Bolsonaro s’applique à faire le malheur de son peuple.

 

On nous cache tout

Y a-t-il une vie hors du coronavirus ? Ailleurs, peut-être… La guerre continue peut-être en Syrie, ou au Sahel ? Les négociations afghanes aussi ? Mais que sont devenues les manifs algériennes, la persécution des Ouighours chinois, des Rohingyas birmans, des chrétiens ou des Yezidis du Proche-Orient, la disette au Nicaragua, la question irlandaise, les mésaventures du couple Harry-Meghan ? Que sais-je encore ? C’est la dèche… Si ça se trouve, Biden est bigame sans qu’on le sache !

 

Résurrection

Deux textes portant sur la résurrection du Christ ont été ajoutés à la page Suite théologique de ce site. Le premier s’intitule Le corps, et le second Le Dire pascal. Ils se présentent en quelque sorte comme des réponses à un article du pasteur James Woody publié dans Réforme et selon lequel les récits de la résurrection seraient de l’ordre de la fiction.

 

Penser à demain

« En mai, mets ce qu’il te plaît ! » Pour ce qui est de ce jour, je mettrai donc un imper, mais plus généralement, je mettrai ma main au feu que l’absence de manif syndicale dans la rue n’empêchera personne de se redire ces mots d’Eugène Pottier : « Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout, debout ! » (L’Internationale).

 

 

Du 22 au 29 avril

 

Tendresse

J'ai profité du confinement pour contempler mon nombril et j'ai vu que c'était triste. Pareil pour mon âme, mon corps et mon esprit. C'est pas des trucs à contempler, ça sert à entrer en communion. Ce qui me fait penser à ces milliers de moutards qui s'emmerdent dans leur trois pièces au neuvième étage. Rien qu'à les savoir comme ça, sans les connaître je m'ennuie d'eux

 

Culte télévisé

La formule de ces deux derniers cultes de Présence protestante (France 2) me paraît bien correspondre à ce qui est possible et souhaitable en la circonstance. Pourquoi ne pas en multiplier l'usage même après la fin de la pandémie ?

Ceci dit (mon esprit caustique en demande pardon à Clavairoly), un peu moins de cantiques à la piété purement individuelle (moi et mon Dieu à moi) ferait du bien à notre âme collective.

Merci en tout cas à nos amis baptistes d'Évry qui avaient mis à disposition leur studio très professionnel pour pallier la fermeture des moyens habituels de France Télévision.

 

Irruption

Il se trouve que j’ai une autre façon d’interpréter les récits évangéliques que les rationalistes habituels. Je dis bien penser, croire se situant ailleurs. Pour moi, ils racontent l’irruption du temps de Dieu dans le temps qui nous est habituel. Le bref passage d’un espace-temps à un autre en la personne d’un être humain.

 

Patience

Politiques ou médiatiques, les oppositions font désormais la compète en matière de critiques de l’exécutif. Je ne dis pas qu’il n’y a pas matière, loin de là, mais ce serait mieux si elles avaient des propositions sérieuses de rechange. Et d’un. Et de deux, ce n’est pas le moment, patience, tout cela viendra à son heure, la pandémie une fois derrière nous. Pour le moment, il s’agirait plutôt de se faire constructif.

 

Comparaison

« Quand je me regarde, je me désole. Quant je me compare, je me console »… Cette maxime quelque peu m’as-tu-vu se révèle parfois opportune : côté populisme, imaginez Trump, chez nous, au lieu de Le Pen !

 

Gros sous

Finalement, l’Union européenne me semble répondre quand même assez bien au défi financier que représente la pandémie, en particulier pour les pays les plus touchés, Italie et Espagne en tête. Toutefois, la question de la mutualisation de la dette n’a pas encore trouvé de conclusion, en particulier à cause des Hollandais. On ne va quand même pas leur souhaiter un bon coup de Coronavirus pour qu’ils intègrent l’idée de solidarité !

 

Question

Pourquoi, avant même que quiconque ait eu le temps de réagir, les États européens du sud-ouest – L’Italie, l’Espagne et la France – ont-ils été touchés par la maladie beaucoup plus sévèrement que les autres ? Pas de réponse à ce jour !

 

À qui se fier ?

On me signale ce commentaire, entendu à Pâques sur une chaîne du câble, portant sur l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, "lieu où repose le corps du Christ". Ah bon ? Il y est revenu ? Pâques est annulé ? Reporté, peut-être ? Deux mille ans pour rien, c’est pas sérieux… Mais c’est Woody, qui va être content !

 

Hubris

Certains guérissent les malades par la prière… et tombent malades. Comme quoi prendre Dieu en otage ne marche pas à chaque coup !

 

Javel

Pour soigner les malades du Covid19, M. Trump propose d'infiltrer du désinfectant dans leurs poumons. C'est une idée intéressante, que l'on pourrait étendre aux soins à apporter aux imbéciles : un bon coup de javel dans la caboche, et hop ! la raison est de retour...

 

Déception

André Comte-Sponville est un philosophe attaché à rendre sa pensée parfaitement lucide, acérée et rationnelle. En théorie. Quand on passe aux questions pratiques portant sur des sujets vitaux, par exemple hier soir sur la 5 (C à vous, sur le thème « Il y a plus grave dans le monde que le Covid-19 »), on s'aperçoit que l’affect l’emporte et qu'il s'en tient comme tout le monde, pour toute réflexion, au niveau du Café du Commerce.

 

Du 15 au 21 avril 

 

Décadence

On est de plus en plus amené à entendre à toute heure de la journée quelque mélopée anglophone, susurrée ou hurlée. Aussi nos Français s’y mettent-ils, exposant leurs états d’âme en anglais comme en français. On finit pas s’y habituer… Pas un téléfilm sans qu’un anglo-saxon ne s’épanche ainsi au moment le plus émouvant. Mais une seule soirée passée avec Brassens vous remet sur la voie du vrai, cornegidouille !

 

À la page médicale

Les temps changent. Naguère encore, quand les marins débarquaient à Brest, leur rencontre avec les filles de Camaret impliquaient d’autres conséquences que celle que l’on observe aujourd’hui.

 

Ignorance

Règle rarement contredite, les riches ne veulent pas payer pour les autres. C’est vrai chez nous, ils préfèrent émigrer ; c’est vrai de la Catalogne, de la Vénétie, de la Lombardie, de la Flandre, j’en passe, ces régions riches qui préfèreraient mettre une frontière entre elles et leurs voisines nécessiteuses ; c’est vrai de l’Allemagne, entre autres, dont c’est la hantise au sein de l’Union européenne. Tous ceux-là ne se posent pas cette question : d’où vient ta richesse ? Aussi n’en connaissent-ils pas la réponse : de l’existence des pauvres d’à côté.

 

Avisée

Pandémie, confinement… Je m’occupe de la lessive et cela me ramène à un passé lointain. C’est à une terrible épidémie que ma sœur et moi devons d’être protestants. Je sais, je radote. Le choléra dépeuplait le Paris des misérables. Cela se passait il y a plus de cent-trente ans, et un saint homme, Frédéric Dumas, pasteur dans le faubourg, vint en aide à une blanchisseuse fauchée, veuve avec enfants, qui venait de prendre aussi en charge les petits de ses voisins contaminés et décédés. Une histoire à la Victor Hugo. Tout anarchiste et anticléricale qu’elle était, fille de communards, elle mit ses enfants protestants, comme elle disait. En cas de nécessité, ils seraient à l’abri. 

 

Chair

Ici ou là paraissent ces jours-ci les écrits sur Pâques de théologiens réformés libéraux. Ils ont un problème de corps, je trouve. Sur la croix, pour eux, plus de corps (il est ressuscité) ; à la résurrection, pourtant, pas de corps non plus (le récit est fictif) ; et point de corps lors de la Cène… L’idée l’emporte. Elle qui ne mange ni ne boit.

 

Marie-Mado

Dans les récits de Pâques, on trouve Marie de Magdala, il n’y a pas que les mecs. Mais celle-là, ils l’ont bien oubliée, dans la hiérarchie ! Elle a fait le boulot et après ça ils ont pris le pouvoir. Jacques et Pierre, et même Paul. C’est ainsi que Pierre est devenu pape ! Je trouve qu’il est temps de rétablir à ce sujet un semblant de justice rétroactive et que la Marie-Mado soit ajoutée au tout début de la liste pontificale. En tant que co-pape.

 

Civisme

En situation de péril national, je deviens légitimiste. Je soutiens les pouvoirs établis et n’accorde plus mon intérêt aux oppositions que lorsqu’elles se tiennent dans le registre de la proposition constructive. Le reste peut attendre.

 

Du 8 au 14 avril

 

Fiction

« Je vous laisse maintenant regarder votre fiction », dit la dame qui présente le Journal télévisé du soir… Dieu sait pourquoi, cela m’agace, c’est comme si l’on me menait par la main au cas où je serais trop naïf : « Mais non, mon petit, as pas peur, c’est pas pour de vrai ! »

Les récits de la résurrection du Christ dans les évangiles représentent-ils la mise en œuvre d’une fiction, créée par des gens bien intentionnés, comme semble le penser le pasteur James Woody ("Réforme" du 9 avril) ? Je trouve cette opinion très raisonnable, adressée à des gens raisonnables par un monsieur raisonnable.

L’ennui, c’est que l’évangile est une folie. Si j’ai bien lu.

 

Jacques Maury

Rappelé par son maître, le pasteur Jacques Maury vient de le rejoindre en ce jour de Pâques. C'est bien pour lui, mais ça me fait mal. Même au temps des orages, je l’ai toujours considéré avec affection comme mon patron.

 

Emprunt

Ce que j’ai beaucoup aimé lors du culte de confinement d’hier en Eurovision, célébré en Suisse romande (Vaud et Valais), c’est la musique klezmer ! Quelle belle innovation !

Mais qui porte pourtant en elle une interrogation qui me travaille : l’allégresse hassidique, liée au don de la Thora et à l’attente du Messie, et la joie évangélique issue de la résurrection du Christ sont-elles à juste titre substituables ? Surtout quand on pense au sort des Enfants d’Israël en terre "chrétienne" d’Europe orientale…

 

Lundi de Pâques, tout s’explique

Si l’on offre des lapins en chocolat pour Pâques, c’est parce que ce jour-là Jésus a posé un lapin à ses disciples.

Si l’on offre des œufs en chocolat, c’est parce que la première réaction de Thomas, ce jour-là, a été de dire à Pierre : « Fais pas l’œuf ! »

Si l’on préfère les cloches en chocolat, c’est parce que Marie de Magdala a tout de suite dit, en arrivant devant le tombeau : « Ya quéque chose qui cloche ! »

Enfin, si l’on préfère de toute façon le chocolat, ce n’est pas parce qu’à la fin les grands prêtres et Pilate ont été chocolat, mais parce que le chocolat, air connu : c’est bon, bon, c’est bon pour le moral ! 

 

À l’aube du premier jour

 

qam

il s’est levé

 

alethos anesti 

pour de vrai il s’est levé

 

voskressiè vo istina  

pour de vrai 

 

qam

 

Il y a eu un jour où l’humain était mort.

 

10 avril 20

 

Contemplation

Dites-vous bien que Golgotha, en vrai, c’est la fin du monde.

Silence.

 

Crainte

Et si, depuis le début, l’hubris enflammée de Johnson avait gagné les Britanniques pour finalement les mener à l’infortune ?

 

Correctif

Dans mon dernier recueil, Le peut-être et l’après, se trouve un poème intitulé Je ne mens pas, qui déplore le départ et la disparition des oiseaux du jardin. C’était du vécu. Mais aujourd’hui, ils sont tous revenus ! Les oiseaux. Les humains s’étant subitement calmés, assagis, tus, et ayant pour ainsi dire disparu à leur tour. Comme quoi il ne faut pas désespérer.

 

Athènes-Lisbonne-Madrid-Paris-Rome et al

L’urgence économique liée à la pandémie actuelle présente au moins cet avantage de placer sous une lumière froide ce qu’il en est de l’Union européenne. Une Union dominée et gérée par les riches pays du Nord – disons l’Allemagne pour aller vite – et bien sûr en fonction d’intérêts et de modes de fonctionnement qui leur sont propres.

Intérêts et façons de faire qui ne sont pas toujours ceux des pays atlantiques et méditerranéens. Ce qui fait que ces derniers – dont la France, toujours pour aller vite – se trouvent structurellement en défaut par rapport aux normes nordiques et ne peuvent que tenter de colmater maladroitement leurs manques, chacun en fonction de sa situation réelle et de son organisation propre, et le plus souvent sans y parvenir.

Seul un autre rapport de force pourrait modifier cela. Mais lequel, si ce n’est une alliance des pays du Sud adossée à une vision politique, industrielle et agricole commune ? C’est dans cette visée, certes plus raisonnable que réalisable – qu’une réconciliation franco-italienne dénuée d’arrières-pensées dominatrices jouerait un rôle déterminant.

Reconnaissons que cela exigerait du fameux Coq gaulois qu’il mette sa crête sous son aile, et son mouchoir par-dessus (image certes difficile à visualiser… à plus d’un titre).

 

Du 1er au 7 avril 

 

Aventure

La situation qui nous est faite aujourd’hui à cause du coronavirus ferait une excellente parabole de la vie des croyants, je trouve.

Nous voici dans ce que les anciens rabbins appelaient ce monde-ci, et nous attendons le monde qui vient, celui de Dieu.

Et comme c’est le cas pour nous qui sommes confinés actuellement à la maison, ignorants de la façon dont nous allons sortir de là, nous ne savons pas grand chose de ce monde qui vient.

Ni quand il viendra, ni comment, ni de quoi il sera fait. Ni où il prendra forme, en quel espace-temps ?

Nous avons simplement foi dans sa venue. Le monde qui vient, c’est l’aventure, ce qui est à la fois heureux, passionnant et inquiétant... En ce domaine, bien obligé de lâcher prise !

Or c’est aussi le cas, tout bêtement, de notre avenir proche en ce monde-ci… D’où ces mots essentiels, surtout à l’approche de Pâques : "N’ayez pas peur !"

 

Bravoure

Non que je m’en félicite, mais ça y est, Boris Johnson est hospitalisé pour cause de coronavirus. Enfin un chef qui marche à la tête des troupes qu’il a menées au casse-pipe !

 

Veto

Même problème : si l’on veut disposer d’une ONU efficace, il faut supprimer le droit de veto au sein du Conseil de Sécurité. Si l’on veut avancer vers une Union européenne efficace, il faut supprimer la règle de l’unanimité… Mais comment faire ?

 

Bras

C’est bien la première fois que j’approuve une déclaration de Rachida Dati, mais cette fois, je suis d’accord avec elle quand elle dit, en une formule, que ce sont les gilets jaunes "qui tiennent aujourd'hui le pays à bout de bras". Juste un constat, mais qui appelle à tout repenser à l’avenir, cette fois en fonction de ce qui constitue l’ossature véritable du corps social.

 

L’urgence ou le long cours

Au cours du culte de Présence protestante, ce matin sur France 2, nulle mention d’un recours au récit évangélique dit des Rameaux. Un verset rassurant d’Ésaïe lui a été préféré, considéré sans doute comme plus à même de répondre en ce jour aux inquiétudes de la société que la thématique royale de l’entrée de Jésus à Jérusalem quelques jours avant son arrestation. En d’autres termes, l’urgence pastorale a prévalu sur le long cours du récit ecclésial.

C’est un choix respectable, tout à fait opportun, mais qui, sur le fond, me laisse néanmoins incertain, car il est à l’origine de ce  fait que chaque Église ou type de spiritualité se fabrique sa propre Bible par le jeu même du choix que l’on y fait de ses lectures de prédilection. J’ai eu souvent l’occasion de le constater au près comme au loin au temps où je visitais nombre d’Églises issues – plus ou moins directement – de la Réforme.

C’est d’ailleurs un terrain ou évangéliques et libéraux se rejoignent, en ce que les uns comme les autres usent souvent des Écritures comme d’un réceptacle de textes mis à leur disposition en fonction de leurs pensées ou affects.

Quoi qu’il en soit, il convient de remercier les personnes qui, sur le plateau ou à la technique, nous ont offert cette méditation malgré la difficulté imposée par le confinement.

 

Burqa ?

Il est maintenant question que l’on doive à l’avenir porter un masque dans l'espace public. Il conviendrait peut-être alors qu'une dérogation à la loi soit promulguée car elle interdit de se voiler le visage... Je dis ça...

 

Au désert

Le confinement, pour le croyant, c’est l’occasion de renouveler la pratique du culte au désert.

Le désert, c’est toi ; au cœur de toi, la foi ; la communauté, en esprit, vit en toi ; les dragons aussi sont en toi… ; le culte au cœur de tout cela. En toi toujours la même fidélité, le Christ est là.

 

Ça tombe à l’eau

Poisson d’avril, tu parles, les traditions se perdent, pas un poissonnier d’ouvert ! C’est pas ce mois-ci qu’on va craindre la surpêche.

 

 

Du 24 au 31 mars  

 

Cauchemar

Malgré tout ce qu’ont pu dire, en 2017, les tenants de l’abstention lors de l’élection présidentielle, et malgré toutes les raisons que j’ai de détester la politique suivie par Macron jusqu’à ces dernières semaines, je préfère quand même l’avoir aujourd’hui comme président. Imaginez Le Pen présidente dans la situation actuelle !

 

Caricatures

On voit comment la culture d’un peuple influe sur sa réaction vis-à-vis d’un désastre. Les Chinois marchent à fond derrière leurs chefs… dès le moment où ceux-ci savent où aller. Les Coréens ou les Japonais sont personnellement disciplinés. Les Étatsuniens ne sont tranquilles que s’ils détiennent un flingue. Les Britanniques ne font confiance qu’à leur habitude de faire autrement que les autres. Les Italiens réinventent la vie en société. Les Espagnols restent provinciaux. Les Allemands sont organisés et regardants. Les Suisses sont meilleurs que les autres… Et les Français ? Quoi qu’il en soit, ils ont raison.

 

Chantier

On se dit qu’après avoir surmonté nos malheurs actuels, il faudra se tourner vers la mise en œuvre d’une société plus sobre, plus juste et plus fraternelle. Mais cela fait un peu serment d’ivrogne, de ceux dont on sait qu’ils ne sont que rarement respectés : demain je me range ! Ouais, on connaît la chanson…

Peut-être, toutefois, après une telle trouille… et sachant que pire encore pourrait bien arriver si rien ne change. Mais alors, quels gigantesques chantiers nous attendent !

 

Merci

On s’aperçoit aujourd’hui combien les professions qui se trouvent parfois peu considérées sont totalement vitales pour nous, et aussi quel courage il faut pour les exercer dans les conditions actuelles. En ce qui nous concerne, ma femme et moi, il nous revient de remercier les aides à domicile ! Du fond du cœur. Merci donc mille fois à Mélanie, Pauline, Quentin, Sandrine, Sylvie. Merci pour leur attention, leur patience, leur efficacité, leur courage, leur sourire !

 

Prédication

Avec l'importance que prend actuellement sur la Toile ce que j'appellerai une "piété au virus", évidemment à juste titre, un sermon qui ne parle pas du coronavirus pourrait néanmoins être considéré a priori comme reposant ("Présence protestante" ce matin sur France 2). Un des rares avantages du confinement ?

 

Religion

Ce qu’on appelle civilisation remonte au mieux au dixième siècle avant notre ère. La religion, elle, existe depuis cent mille ans. Au moins… Elle est coextensive à l’histoire de l’humanité. C’est pas gai. On ne peut guère que l’utiliser pour la détourner… vers la foi d’un côté, vers la justice de l’autre.

 

Gloriya 1*

En plus d’être chef de guerre, Emmanuel Macron est donc un thaumaturge. Ça me rassure. Voilà au moins un faiseur de miracles qui, déjà va-t-en-guerre, n’est pas un m’as-tu-vu mais bien un trompe-la-mort.

* Hymne chanté à la fin des Tontons flingueurs.

 

Gloriya 2

Ce qui serait bien, c’est que notre président, en plus d’être thaumaturge, soit aussi un alchimiste capable de transformer le plomb (on n’en manque pas) en or sonnant et trébuchant (pour la dette). Président français, encore un effort !

 

Culte

Objets cultes, films cultes, disques cultes… le culte a le vent en poupe ! Mais bien sûr, il s’agit de fétichisme. L’époque voit petit, et elle inscrit sa piété dans le bref et le discontinu.

 

Écritures

Confinés, lisez la Bible, c’est passionnant ! Je retrouve à ce sujet cette déclaration de Claude Baty, alors président de la Fédération protestante de France, datée de 2011 :

« Lire ensemble [la Bible] pourrait signifier aussi, inconsciemment peut-être, entrer en résistance ! J’évoque la résistance à la pression quotidienne de l’urgent ; résistance au poids de l’information-communication ; résistance à la tentation de se laisser aller à un mimétisme de bon aloi, résistance au découragement. Vous pouvez allonger la liste. »

Je la trouve assez actuelle.

 

Angle mort

Quels sont ceux que publient les grands médias à propos du coronavirus ? Des médecins, des savants, des philosophes, des psys, des politiques, des artistes, etc. Pas de religieux, ou presque. Comme s’ils n’avaient aucun point de vue à faire valoir à propos des malheurs qui s’abattent sur le monde depuis… quelques milliers d’années.

 

Merci !

Comme beaucoup, je suppose, je reçois ces temps-ci d’innombrables messages, documents, illustrations, images et photos, blagues, en tout genre, en lien avec le coronavirus. Cela me touche, mais je ne me sens pas le courage de répondre à chacun, c’est pourquoi je remercie ici globalement toutes les personnes, connues ou inconnues, qui me les envoient de façon si amicale. Et même les rares qui sont moins gentilles avec moi.

 

Appel

De quoi est le nom du dieu biblique aujourd’hui ? Au moins d’un appel adressé à l’être humain dans son entièreté, je pense. Un appel à se retourner vers la justice, la justesse et la fraternité. En tant que pratiques vitales, bienfaisantes et prometteuses. Assorties d’un avertissement : « J’ai mis devant toi la vie et la mort. Choisis la vie, pour que tu vives. »

 

La preuve !

Quand les Slovaques carottent les stocks de masques des Italiens, quand les Allemands ferment d’autorité leur frontière avec la France, quand les Polonais ou les Belges préfèrent acheter des armes étasuniennes, etc., je dirai qu'en esprit, malgré les dénégations habituelles en la matière, l’Union européenne est bel et bien… une grande France !

 

Prudence

Le confinement en toute circonstance ! Moi, par exemple, je ne parle plus à la jument de mes voisins à moins d’un mètre de distance. Cela ne change rien pour elle, d’ailleurs, elle ne comprend que l’anglais.

 

Là-haut sur la montagne

Concernant la conduite à tenir vis-à-vis du coronavirus, nous apprenons que le gouvernement suisse estime agir mieux que ceux des pays voisins et qu’il tient à le leur faire savoir. Une opinion qu’il partage sans doute à propos de bien d’autres sujets. L’air de la montagne, sans doute…

 

Du 16 au 23 mars 

 

Mollo

Je trouve que ce n’est pas le moment de se répandre en critiques permanentes à l’encontre du gouvernement ou du président au sujet de leur gestion de l’épidémie. En fait, c’est démoralisant à un moment où tous ont à faire preuve de courage. On a mis ces gens-là aux commandes, il faut l’assumer et faire bloc. Sauf grossière évidence, qui peut dire avec certitude quelles mesures seront efficaces ou néfastes parmi celles qui sont mises en œuvre ? Il sera temps plus tard de faire les comptes.

 

Inflation

C’est justement au moment où l’on peut sans vergogne obéir au Seigneur et prier discrètement, tout seul dans sa resserre, que l’on est bombardé par des dizaines de propositions de prières collectives ou de pieuses méditations électroniques… Pour un peu, on nous enverrait des tutoriels !

 

Moto

Le culte des motards chrétiens une fois (Présence protestante ce matin sur France 2), ça va. Deux fois c’est trop ! À quand le culte des majorettes chrétiennes ? À mon sens, rediffuser cet exercice de piété dite évangélique n’était pas nécessaire, à moins de développer un penchant pour les curiosités spirituelles. Ou le goût du simplisme systématique.

 

Saison

On en oublierait presque que le printemps est arrivé ! Été au tison, automne au marron, hiver au balcon, printemps en prison ? En tout cas à la maison, mais pourquoi pas en chansons ?

 

Gnagnagna

« Que faisait votre papa ? » me demande-t-on… Bizarre, non ? Plus de pères ni de mères. C’est fini. Seriez-vous une vieille à fichu ou un vieux à gapette, la goutte au nez. Tous marmots, du berceau à l’ehpad ! L’époque est au gâtisme.

 

Errance

Il y a quelques jours, me dit-on, dans l’ascenseur d’une tour de Seine-Saint-Denis, une dame musulmane disait à sa voisine bretonne : « La Mecque et Lourdes sont fermées… Dieu n’est pas content ! » Et c’est vrai, il n’y a plus rien d’ouvert, pas même un bistrot, où ira-t-il ? 

 

Confinement

Depuis des années, je me plaisais à dire à mes amies et amis que j'étais astreint à résidence dans notre hameau poitevin à cause de la maladie de ma femme, mais que cela m'allait assez bien, étant casanier. Voilà que cela devient une vertu ! Et que certains, vu mon âge et ma qualité nouvelle de personne à risque, me proposent gentiment de l'aide pour les courses, alors qu'elles sont à peu près ma seule occasion de voir du monde... D'un coup, je me sens moins vieux qu'on ne dit.

 

Coordonner

Il y a seulement un mois, quand on envisageait l’avenir, on parlait surtout de la planète et du sort de l’espèce humaine. Aujourd’hui, avec les effets du coronavirus, on parle beaucoup plus, outre les questions de santé proprement dite, des modes de production, d’échange et de coopération entre les États et les continents. Où l’on voit que l’on marche sur deux pattes aux mouvements incoordonnés. Ce qui serait bien, c’est que le lien entre ces thèmes, écologie et économie politiques, soit envisagé, ceci grâce à ce que la situation actuelle, nouvelle, nous enseigne. Que l’on pense ces choses-là comme un tout à construire.

 

Remarque qui n’a rien à voir

Le pardon est au cœur de la foi du Christ. Et tout comme cette foi, loin d’être signe d’un faible abandon comme on l’a galvaudé, il porte en lui une extrême exigence. Être pardonné oblige infiniment. Demander pardon engage absolument. Offrir le pardon, du moins en vérité, naît d’une extrême humilité…

 

Du 8 au 15 mars  

 

Peste

De Martin Luther, "Que l'on puisse fuir une peste mortelle"* :

« Je demanderai à Dieu par miséricorde de nous protéger. Ensuite, je vais enfumer, pour aider à purifier l'air, donner des médicaments et les prendre. J'éviterai les lieux, et les personnes, où ma présence n'est pas nécessaire pour ne pas être contaminé et aussi infliger et affecter les autres, pour ne pas causer leur mort par suite de ma négligence. Si Dieu veut me prendre, il me trouvera sûrement et j'aurai fait ce qu'il attendait de moi, sans être responsable ni de ma propre mort ni de la mort des autres. Si mon voisin a besoin de moi, je n'éviterai ni lieu ni personne, mais j'irai librement comme indiqué ci-dessus. Voyez, c'est une telle foi qui craint Dieu parce qu'elle n'est ni impétueuse ni téméraire et ne tente pas Dieu.

* Œuvres de Luther, 43/132. Merci à la pasteure Marie-Odile Wilson grâce à qui j’ai pu prendre connaissance de ce texte.

 

Lieux

On ne saurait comparer le coronavirus aux dragonnades. Cependant, sachant qu’en raison des mesures de confinement dues à l’épidémie de coronavirus, "les lieux recevant du public non essentiels" sont fermés jusqu’à nouvel ordre, une question se pose : les lieux de culte sont-ils essentiels ? Non, répond donc le gouvernement, en l’occurrence excellent théologien. Mais les cultes au désert ?

 

Boum

Je ne serais pas étonné de constater dans neuf mois que le confinement obligatoire de tant de gens aura fait monter le taux de natalité. Il faut bien s’occuper !

 

Complot 3

Dernière nouvelle du front : un gars prétend savoir de source sûre que ce sont les États-Unis qui ont suscité le coronavirus dans le but de déstabiliser la Chine. Logique : les Américains provoquent sciemment une pandémie qui va aussi retomber sur eux… Comme quoi il y a, concernant certaines têtes, des entonnoirs retournés qui se perdent.

 

Susucre

Et pendant ce temps-là, l’Union européenne et la Grèce comptent aider les migrants arrivés sur les îles grecques à rentrer dans leur pays grâce à une aide financière... Avec ce fric, vont être heureux, ces réfugiés, de retourner sous les bombes, bien installés dans les décombres. Et s'ils ne sont pas contents, nos fachos, au moins, le seront, notre porte restera fermée.

 

Confinés

Je dis ça, je dis tiens : c'est peut-être le moment de lire ou relire "La Peste", de Camus, ou "Le Hussard sur le toit" de Giono !

(penser à mettre des gants, un masque, et à aseptiser la couverture du bouquin)

 

Complot 2

À propos de l'épidémie de coronavirus, certains parlent donc de complot. Il y a des gens, pensent-ils, qui voudraient déstabiliser l'économie mondiale par ce moyen. On peut se demander alors qui en profiterait. Mais, variante de la théorie du complot, Jacques Ellul aurait sans doute répondu qu'une telle calamité venait de Dieu, peut-être en rétribution d'une mondialisation sans loi, cette recherche d'une toute puissance humaine... Ce qui est une façon de dire qu'il y a une logique dans ce qui arrive.

 

Cassage

Les Européens devraient tout de même finir par comprendre que lorsqu’on laisse une nation – l’Italie, la Grèce – seule face à l’afflux constant de réfugiés fuyant toute la violence et la misère du monde, cette nation, toute accueillante serait-elle en un premier temps, finit par devenir enragée et, perdant son âme, pense se livrer aux passions brunes.

 

Rugby, ou l’injustice

Quand tout fout le camp, rien ne va plus ! Et inversement…

Surtout quand on sait que les arbitres sont tous anglo-saxons et donc adeptes du French bashing !

 

Humour noir pour jour de pluie

Avec le coronavirus, confinés ou non, nous consommons moins. Il suffirait donc d’une bonne pandémie pour que le réchauffement croissant de la planète ralentisse. Cela diminuerait aussi le surpeuplement. Ce qui me rappelle une nouvelle de Marcel Aymé dans laquelle les pouvoirs publics récompensaient les familles qui venaient de perdre un des leurs… Du coup, les accidents domestiques se multipliaient. Hélas, j’ai perdu la référence.

 

Du 1 au 7 mars  

 

Naïveté

Poutine, Erdogan, Trump, Xi… On parle là des grands de ce monde. Ceux, du moins, qui se croient tels. Que l’on croit tels. Souvent à tort. Assez d’admiration, les peuples ! Assez de suivisme ! Après tout, Louis XIV était un petit mec avec un gros nez. Rien de très glorieux en soi. Le genre qui envoie les autres au casse-pipe.

(Je sais, je suis de mauvaise foi, mais il y a une bonne raison à cela : je ne peux pas le piffer, le Capet).

 

Mairie

Saint-Coutant (Deux-Sèvres), 283 habitants. Deux listes pour élire la ou le maire. Je l’avoue, j’ai du mal à saisir les enjeux, mais je suis tout de même admiratif : ici, au moins, on pratique le civisme.

 

Complot 1

Lezay (Deux-Sèvres), ce matin à la caisse du magasin, un gars de ma connaissance me dit, à propos du coronavirus : « Tout ça, c’est voulu… » Je lui demande par qui et ça l’embarrasse, il ne sait pas, alors je viens à son secours : « Par les Chinois ? ». Il respire, il a maintenant une réponse pas compromettante : « Oui », qu’il me dit.

 

Virus

Je note que, déjà que nous sommes maternés et surveillés de partout, l’ensemble des pouvoirs qui nous gouvernent en sont à nous expliquer comment nous laver les mains… À quand les couches culottes ?

 

Oui ou non

Une frontière est ouverte ou fermée, c'est un choix. Elle dit oui ou elle dit non, elle n'est pas dialectique.

En Grèce, aujourd'hui, c'est donc comme d'un référendum au niveau européen qu'il s'agit.

Dire non reviendrait à assumer notre face brune.

Mais qu'on dise oui ou qu'on dise non, cela entraînerait de toute façon la tenue d'un combat idéologique radical au niveau européen.

Où l'on voit comment Erdogan nous met face à nous-mêmes.

 

Portes Ouvertes

L’association Portes Ouvertes* ne doit pas être confondue avec l’Église évangélique Porte Ouverte Chrétienne que les médias évoquent ces jours-ci à propos du coronavirus. La première n’est pas une Église mais une ONG qui soutient les chrétiens persécutés. Rappel : le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde.

*  www.portesouvertes.fr/

   

♪ Femmes, femmes, femmes…*

Trois candidates en tête pour gagner la mairie de Paris, c’est déjà une sacrée nouveauté ! Je me demande si l’on n’assiste pas à une protestantisation de la société parisienne ? À quoi l’on me rétorquera : « Forcément, c’est une ville bobo ! »

* Paroles et musique de Serge Lama.

 

Importun

Aujourd’hui, vu la météo, je me demande quel est l’aimable zozo qui a écrit « Viv’ le vent, viv’ le vent, viv’ le vent d’hiver » pour traduire Jingle Bells !

 

L’impromptu du Palais Bourbon

Les uns : Ouf, on les a obligés à faire donner le 49.3, et maintenant les salauds, ils nous imposent le 49.3 !

Les autres : Ouf, on ne pouvait pas s’en tirer sans le 49.3 ; heureusement, ils nous ont obligés à le décréter !

Les uns et les autres : Ouf, pour le moment on est tirés d’affaire !

La République : Bande de crétins, vous me prenez pour une truffe ?

 

 

28 et 29 février  

 

Complexité

Certes, je peux me tromper et j’accepterais qu’on me le fasse rudement savoir, mais je suppose que l’on peut être juif et aimer lire « Voyage au bout de la nuit », ce livre d’un Céline pourtant violemment antisémite. Et que l’on peut, étant femme, avoir été violée un jour et apprécier aujourd’hui le dernier film de Polanski, pourtant accusé d’être un violeur. Il y a alors de quoi s’interroger face à cette complexité : comment se peut-il que la violence intime portée par tout être puisse se libérer chez certains en cruauté et prédation tout aussi bien qu’en énergie créatrice ? Et, concernant le même individu, faut-il alors juger ces deux faces de son comportement dans les mêmes instances et selon les mêmes règles ? Je pense en tout cas que, quand on ne sait pas répondre à cela et qu’on n’est pas au tribunal, le mieux est de s’abstenir d’avoir à en juger publiquement. On aurait donc dû laisser le public apprécier à son aise la valeur du film de Polanski et éviter de le mettre en compétition pour les Césars.

 

Formation

Enfants bombardés, terrés dans la cave, assourdis, sidérés, entourés de décombres et de verre brisé, seuls dans la poussière… je l’ai vécu.

Errant sur les routes par centaines de milliers, sans but, sans ressource, sans abri, mitraillé, sans autre sûreté que la main d’un parent épuisé et terrifié… je l’ai vécu.

Je suis un enfant syrien, je suis le plus faible et je sais que personne ne viendra me protéger. J’apprends ce qu’est le monde.

 

L’ami

Le pasteur Michel Leplay est mort hier à quatre-vingt-treize ans. Tout le protestantisme français s’en trouve appauvri, ce que l’on pourra lire ou entendre à juste titre en de nombreuses interventions. Mais moi, je viens de perdre un ami. C’est ce que nous étions, Michel et moi, en effet. Nous échangions souvent au téléphone ou par lettre (il se tenait à l'écart de l'informatique !), et nous nous envoyions nos derniers poèmes, car Michel était poète. On peut le lire dans le volume édité par Jacqueline Assaël chez Olivétan, "Fêter le dire". Je pense qu'il aurait aimé que, pensant à lui, on se souvienne aussi de cela.

 

Du 21 au 27 février  

 

Pichenette

Pauv' de nous, tout de même ! Un p'tit truc de rien se pointe, même pas visible, et l'économie mondiale attrape la grippe et manque de tomber en béchamel... Comme qui dirait le colosse aux pieds d'argile.

 

Nanar

Quelles que soient les raisons des uns ou des autres (je suis plutôt en accord avec les raisons des autres), le cinéma offert ces jours-ci par l’Assemblée nationale a de quoi dégoûter définitivement le peuple du principe de la représentation élective !

 

Carême

Mercredi des Cendres, entrée en carême, retour à la sobriété, la terre ne servira plus que du réchauffé !

 

Malotru

Ce matin, je pique au passage cet avis, entendu sur France Culture et provenant évidemment d'un Israélien qui a du poids. En substance : "Les Palestiniens doivent comprendre maintenant qu'ils ont perdu et qu'il ne leur reste qu'à accepter le plan de Trump, faute de quoi ce sera encore plus dur pour eux à l'avenir. » Et comme on sait qu'ils n’en veulent pas, de ce plan, on comprend que ce sera pire pour eux. Voilà qui est clair : les Israéliens prendront tout le pays, les États-Unis aidant et les pays arabes regardant ailleurs à l’image du reste de ce qu'on appelle pour rire la Communauté internationales. Qui s'y opposerait ?

Cela me fait réfléchir plus généralement sur l’action de Donald Trump en matière de politique internationale. Il a un grand mérite, cet homme : il dit les choses.

Cela fait des années, en effet, que tout le monde a bien compris que les Israéliens veulent tout le pays, mais c’était une incongruité de le dire. Maintenant, avec ce plan inacceptable, c'est dit.

De la même manière, et de façon plus incongrue encore, Trump fait clairement comprendre qu’à partir du moment où les États-Unis s'en désintéressent, l'Union européenne est toute nue. Ce qui est vrai pour une bonne part mais que beaucoup peinent à admettre.

De l’intérêt d'avoir un malotru dans le paysage...

 

Atermoiement

Où est passée la gauche israélienne ? On se le demande. J'émets à ce sujet un avis quelque peu cynique : nombre d’électeurs israéliens de gauche attendent, la mort dans l’âme, que la droite débarrasse le pays des Arabes une fois pour toutes avant de se remettre à voter à gauche.

 

Du 14 au 20 février  

 

Étonnement

Une chose qui me surprend, dans l’histoire de la chute de Griveaux, c’est que des images à caractère sexuel le concernant soient réprouvées comme étant pornographiques alors que les "performances" sanguinolentes et masochistes de Pavlenski soient présentées comme de nature artistique, et lui-même considéré comme un artiste plutôt qu'un malade. Personnellement, c’est plutôt sa production que je verrais comme pornographique !

Mais je dois avoir un problème, soit à propos du sexe, soit à propos de l’art, soit à propos des deux.

 

Organes

Macron cherche un rapprochement avec Poutine ? Le Poutine qui bombarde les enfants ? Mais quand Poutine lui fera des sourires, c’est qu'il lui préparera un nouveau coup fourré. Pour causer utilement avec lui, il lui manque une chose, à Macron : avoir été formé par les "organes de sécurité" soviétiques. Aussi tordu, on n’imagine pas.

 

Galère

Pour l’Euromachin de la chanson, la France présente à nouveau un nanar, ce coup-ci franco-anglais, qui finira, je pense, dans les limbes de nos mémoires... Que va-t-elle faire dans cette galère ? En fait, c’est réconfortant, le pays des Trenet, Piaf, Gréco, Ferré, Barbara ou Brassens, entre tant d’autres, n’est pas taillé pour le concours de gargouillis en calbute.

 

Favoritisme

Les hommes célèbres de la Bible se conduisent mal à un moment ou un autre. Sans parler d’Adam et de Caïn, on a Noé et son vin ; Sem avec son père ; Abraham et Sara avec Agar ou avec le roi de Guérar ; Isaac, de même, avec le roi ; Loth avec ses filles ; Jacob avec son frère, son père et son beau-père ; les dix frères de Joseph avec lui, et Juda avec Tamar ; Moïse avec le garde égyptien ; Saül avec David ; David avec Bethsabée et Urie ; etc... Et, bien plus tard, Pierre qui renie son maître ou Saul qui participe à un lynchage. En revanche, nombre de femmes célèbres sont des femmes à problème qui font néanmoins le bien. Ainsi Tamar, Rahab ou encore Ruth. C’est comme si le dieu biblique n’aimait pas trop se fier aux gens comme il faut.

 

Lexique

La foi, c’est différent de la religion. C’est quand on ne se demande plus si l'on sera sauvé. On l’est déjà, on n’a rien à négocier avec aucun ciel.

 

Un dire premier

L’expression « Je suis Charlie », entre autres de même facture, a quelque chose de commun, je trouve, avec celles-ci : « Ceci est mon corps », ou « Celui qui fait du bien à un malheureux, c'est à moi, le Christ, qu'il le fait ».

Dans tous ces cas, une proposition verbale sous-entendue assimile deux éléments pourtant distincts :

– Je ne suis pas moi-même le magazine Charlie Hebdo, mais je déclare assumer le fait de courir les mêmes dangers que lui dans les mêmes circonstances.

– Mon corps n’est pas du pain, mais je déclare qu’il est offert et partagé pour vous de la même manière, corporelle, que l’est ce pain-ci.

– Je ne suis ni affamé, ni assoiffé, ni nu, ni malade, ni étranger, ni détenu, mais je déclare que c’est à moi que vous avez apporté du secours quand vous l’avez fait  à ceux qui souffraient de cela.

Dans tous ces cas, c’est le fait que celui ou celle qui parle s’engage personnellement qui se présente, aux yeux de ceux qui lui font confiance, comme opérateur de cette identité par ailleurs sans fondement.

[Ainsi, concernant le pain corps du Christ, iI ne s’agit pas de la transformation d’une réalité en une autre (transsubstantiation), ni d’une coexistence de deux éléments distincts en un seul (consubstantiation), non plus d’une image symbolique appelant à se sentir directement concerné ou à se souvenir d’un fait marquant du passé.

Il s’agit d’un coup de force logique dû à une décision première valant engagement. Un dire premier exhortant à se saisir collectivement du Christ… et jusque dans les propres entrailles de chacun.]

 

L’impensé

La religion est de l’ordre de l'impensé chez nos intellectuels et commentateurs français, et peut-être européens. Le plus souvent, ils croyaient d'ailleurs la question dépassée par l’usage de la raison, des apports de la science et d’un certain art de vivre libéré.

Ils restent donc assis sur les enjeux et les combats d'hier, bonnes vieilles questions de chez nous, alors qu’il convient aujourd'hui de penser, rencontrer ou affronter ces réalités-là, parmi d'autres, à l'échelle du monde entier.

Car les religions sont par le plus souvent mondiales, et dessinent ensemble un patchwork universel composé de larges modes de penser, de ressentir et d’agir parmi lesquels se rencontrent de profondes énergies aussi bien fastes que néfastes.

Et côté faste, quelles machineries à faire de l'espérance et de la sociabilité opposerons-nous à ces formations qui s’adressent à tout l’humain comme à tous les humains ? Aucune rationalité, par construction fragmentée, ne pourra faire l’affaire.

Il convient de se persuader que l'on ne peut dissiper la religion comme on le fait d'un essaim d’insectes. Ici ou là, on a cru la mettre à la porte : elle revient, identique ou transmuée, et c’est parfois alors par la cave des pulsions corruptrices.

On ne peut donc la liquider de façon définitive, pas plus que la domestiquer durablement par la rigueur. Restent la négociation dans le respect et la clarté, d'une part, et d'autre part l'invitation à libérer ses énergies utiles. Sans jamais baisser sa garde…

Mais une religion n’est pas toujours munie de bons dieux ni de croyances construites. On en a vu qui régissaient sans tout cela des peuples entiers, sur la base d'une doctrine et d’un leader… Et l’on en voit une, anonyme, qui se borne à exploiter le désir d'exister.

 

Du 8 au 14 février  

 

Je suis Griveaux

Griveaux, je n’ai ni à approuver ni à désapprouver sa conduite au privé. Personne n'a le droit, en effet, de se déclarer publiquement arbitre de la moralité des autres, élus compris. La coutume française a fait ses preuves, qui ne se mêlait pas de l’alcôve lorsqu’il était question de civisme. Je compisse en conséquence, et en conscience, ce puritanisme délétère qui nous vient d’ailleurs. Il est toujours le masque de l'hypocrite.

 

Uchronie

Je suis particulièrement heureux de constater que les forces de gauche de ce pays ont enfin réussi à se doter d’un projet commun pour la prochaine élection présidentielle, et qu’ils se sont mis d'accord sur le nom de la personne qui mènera cette campagne. Cela évitera à beaucoup d’avoir une fois de plus à voter blanc, ou encore Macron pour éviter Le Pen.

 

Grand-père

Mon petit fils me demande pourquoi les Français n’aiment pas les riches… Après une longue réflexion, voici ma réponse : « Parce qu’ils forment un peuple particulièrement intéressé par l’histoire politique, ce qui leur a appris d’où vient le plus souvent la richesse : non des capacités supérieures des riches, mais de l’exploitation des pauvres. »

 

Droit

J'ai lu par hasard cette phrase due manifestement à un athée : "Le blasphème est une insulte à ce qui n'existe pas." Je la trouve parfaitement exacte, car le le dieu ainsi insulté, bien sûr, n'existe pas. Quel qu'il soit, le blasphémateur se trompe presque toujours de cible.

 

Patience

On sera content d’apprendre que ceux des passagers menacés de coronavirus qui ont débarqué sains et saufs d’un paquebot de croisière ont bénéficié d’une aide psychologique. Pour le soutien psychologique aux habitants de la région syrienne bombardée d’Idleb, un délai sera nécessaire.

 

Un pas de plus...

Il est aujourd’hui faisable sans risque pour les fonctionnaires concernés de placer des enfants en bas âge en détention (dans ce cas on dit rétention) et même de les renvoyer dans leur pays d’origine, y seraient-ils en danger, alors même que la mère est hospitalisée en France...

 

Évidence ?

Je reviens sur le droit au blasphème : il ne peut se concevoir comme droit que dans une société comme la nôtre, dans laquelle il peut aller de soi que la religion repose sur ce qui n’existe pas.

 

Roi

J’aime cette pensée du philosophe Marc Crépon : « Quand manquent la révolte, la bonté, la critique, la honte – l’une ou l’autre, l’une et l’autre ou d’autres, ou encore toutes – le crime est roi. » On peut l’appliquer bien sûr au politique…

* Marc Crépon, Le Consentement meurtrier.

 

Créer

S’il est un comportement que les Écritures bannissent, c’est bien la nostalgie. Le regret du passé. L’évangile est tendu tout entier vers l’avenir, il annonce le pardon, il interdit le fantasme d’un paradis perdu, d’un bel autrefois, d’une pureté à rétablir… Quel que soit le présent. Car il est tourné tout entier vers le bon et le beau qu’on peut faire de celui-ci. À créer.

 

Du 1er au 7 février 

 

Rappel

« J’ai déjà eu l’occasion d’en appeler au respect de la laïcité, la religion de la consommation doit être dénoncée, elle est chaque jour passible de délits d’abus de faiblesse, surtout à l’encontre des enfants. » (Claude Baty, président de la Fédération protestante, 2012).

 

Dévaluation

Plus de vingt mille amendements au Parlement pour une seule loi, quelle que soit l’intention des Insoumis, je trouve que ça revient quand même à démonétiser le débat démocratique. Ça sent la parole humiliée.

 

Où ?

Les Britanniques partis, il va nous falloir maintenant, nous les Français, entre autres, nous farcir les Allemands une bonne fois pour toutes : « Dis donc, l’ami Fritz, d’après toi c’est par où qu’elle va où, notre Europe ? »

 

Promotion

J’ai ajouté une page à ce site : Les pensées de Jouan l’Iscandre. Il s’agit simplement de la suite des réflexions que j’ai publiées sur la page d’accueil sous ce pseudonyme, depuis 2006, à la suite de bien d’autres auteurs plus prestigieux que moi, et en lien avec l’image centrale de cette page.

 

Corona

En tout cas, Chirac, lui, était vacciné.

 

Rugby

Tournoi des Six Nations - Triste, hier, de voir la France battue par l'Angleterre pour cette première rencontre.

(Je parle évidemment du tournoi féminin, que les médias semblent oublier)

 

Gamins

À la réflexion, le comportement des députés britanniques brexiteurs, lors de leur dernière séance au Parlement de Strasbourg, m’a fait l’impression d’ados prolongés témoignant de leur héroïque libération à l’égard de l’écrasante tyrannie de parents… montrant pourtant de la patience. Cela manquait de dignité.

 

Achtung !

Le Brexit consommé, il va falloir bien faire comprendre aux Allemands qu’ils n’ont plus aujourd’hui, concernant leur partenaire français, que le choix entre Macron et Le Pen. Entre une Europe plus intégrée ou plus désintégrée. 

 

Amitié

Macron en Pologne. Comment dire aux Polonais qu’on n’est pas d’accord avec leur gouvernement mais qu’on les aime en tant que peuple frère ? Il y avait un geste à faire le 6 juin dernier en Normandie : les inviter aux cérémonies du Débarquement. Après tout, c’est rien de moins qu’une division polonaise qui avait débarqué en ce temps-là avec les Anglo-saxons. Raté. Alors à l’avenir…

 

It’s a long way…

ça y est, les Godons se sont boutés hors tout seuls. Grand bien leur fasse ! Mais pour une fois que l’on tenait à ce qu’ils restent, on voit comme ils sont contrariants…

 

 

Du 28 au 31 janvier  

 

Mépris

Le plan de Trump et de Netanyahou pour une paix israélo-palestinienne est intéressant à plus d’un titre : il montre à qui en douterait qu’il n’existe pas aujourd’hui de droit international autre que celui du plus fort ; il laisse penser, contre toute expérience historique, que la paix peut provenir de l’imposition d’une solution à des gens qui n’en veulent pas ; il prive de moyens d’exister un État dont il propose néanmoins la création ; il entérine la totale perversion de l’idéal sioniste originel ; il signe l’inversion de l’éthique évangélique par une idéologie dominatrice se revendiquant de l’Évangile ; il fait dépendre l’avenir des peuples concernés des aléas de la politique intérieure d’un lointain État étranger ; et j’en passe, le tout revenant à alourdir absolument les causes d’une future violence désespérée. Bref, mais ce n’est pas le plus grave, il démontre la bassesse et la puérilité des esprits qui l’ont conçu.

 

Chant

Ce qu’il faut c’est chanter

survient peut-être alors

en harmonique

comme un filet de joie

 

Rêvons

Si j’étais Macron (rires), vu l’ambiance générale, je me montrerais sensé. Je remettrais ma réforme du système des retraites à l’étude pour plus tard, je renverrais Philippe au Havre et je formerais un nouveau gouvernement, composé de sages de tout poil et destiné à calmer le jeu d’ici la prochaine élection présidentielle. Il s’attaquerait modestement et concrètement aux questions brûlantes, ceci en étroite collaboration avec les partis et les corps intermédiaires : élus locaux, syndicats, vie associative, clubs, revues, etc.

Et si j’étais vraiment malin, je préparerais en attendant un plan global de virage écologique à long terme, à présenter aux prochaines élections. Je ferais de cela l’occasion d’un super grand forum national à tous les niveaux, avec projets de loi à proposer. Ça occuperait utilement la Nation.

 

Du 21 au 27 janvier  

 

Peut-être

Pour le philosophe protestant Olivier Abel, « le catastrophisme ambiant est un discours très dangereux qui désarme notre capacité à continuer le monde. » À mon avis, c’est selon. L’annonce de la catastrophe est nuisible si elle se présente comme le dernier mot, mais elle est positive quand elle appelle à un retournement des pratiques qui seraient causes de la catastrophe annoncée. Ce qui est le discours fréquent des Écritures bibliques. Une parole du sauf si, du peut-être.

 

Bello ciao ?

En Italie, apparemment, les fachos et les populistes ont perdu l’élection dans la région Émilie-Romagne. Le retour au pouvoir de Salvini, à terme, n’est donc pas assuré comme on pouvait le craindre. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie européenne.  

 

Au hasard

Petit rappel de l’actualité du macadam, choisi au hasard parmi les infos peu relayées par les grands médias :

Un demandeur d'asile somalien a été trouvé mort lundi dernier dans le camp de migrants parisien de la Porte d'Aubervilliers. Il s'agissait d'un célibataire de vingt-huit ans qui venait de déposer sa première demande le 2 janvier à Paris. Dans les mille à deux mille personnes s'entasseraient dans le camp, sans hygiène, ni soins, ni protection. On ne sait pas de quoi est mort ce garçon.

 

Samedi

Un journal protestant me demande un article à sujet biblique. C’est pour avril. Il doit porter sur un texte prévu pour la lecture ce mois-là. Je propose la prière de Jonas dans le ventre du poisson. Elle sera lue le samedi saint.

Changez de sujet, on me conseille, car pour avril, Jonas mourant, c’est un peu triste…

C’est que dans notre Église faut être gai. Et gentil. Surtout en avril. Après tout, Pâques, c’est la résurrection. Voui. Mais pour ressusciter, je me dis… il faut mourir. Où l’on voit que Dieu n’est pas gentil.

 

Suppression

Je vais supprimer la page Écritures que j’avais lancée récemment, destinée à reprendre "l’évangile" du dimanche à venir d’une façon moins utilitaire que sur la page Évangile. Je n’ai pas reçu de retour à son sujet alors qu’elle me demandait pas mal de travail. Alors repos !

 

On

Il fut un temps où, hors de l’Église, point de salut ! Ensuite, côté salut, ce fut le Parti. Maintenant, on dit que ce sont les gens, ou le peuple, ou ceux d’en-bas… Avantage : comme on ne sait pas trop ce qu’ils veulent faire, on le dit à leur place. Mais forcément, ils ne seront pas tous d’accord avec on.

 

Prophète de malheur

Jean-François Kahn (C-à-vous sur la 5 ce soir) pense probable l’élection de Marine Le Pen à la prochaine présidentielle… sauf si ! Je suis d’accord avec lui, ces temps-ci ça sent mauvais, le climat social évoque les années Trente et cela pue aussi bien du côté droit que du côté gauche. Il serait temps que la gauche se ressaisisse à partir de ses fondamentaux…. s’il n’est pas trop tard.   

 

Frontières ?

Michel Onfray célèbre les Gilets jaunes et prône le développement, à partir de leurs sentiments, d’un socialisme renaissant à la base, local et régional, lié et animé par des réseaux de conseils, toutes idées qui le raprochent heureusement de la pensée de Gustav Landauer, que j’approuve. Sachant toutefois que cela pourrait prendre du temps… Mais ma question est la suivante : s’il récuse la validité des institutions nationales, pourquoi veut-il arrêter ce mouvement à nos frontières, renvoyant nos voisins à leurs ténèbres bruxelloises ? L’anarchisme dans un seul pays ? C’est petit.

 

Famille ?

Encore ce suivisme irréfléchi ! La lecture d’évangile du 2 février retenue par la Fédération protestante de France, Luc 2.22-40, est en réalité celle que l’Église catholique préfère à la lecture ordinaire, Matthieu 5.1-12, pour célébrer sa Fête de la Présentation de Jésus au temple. Que nos protestants emboîtent le pas et sacrifient la prédication des Béatitudes au profit d’une fête liturgique catholique, c’est… curieux !

P.S. : j’avais fait une erreur sur la fête liturgique en question, j’ai corrigé.

 

Dictature

Les dictatures actuelles persécutent les religions ou les mettent sous tutelle. Ce n’est pas nouveau, elles y ont toujours vu des concurrents aux prétentions égales aux leurs. Mais la différence entre religion et dictature, c’est que la première, tout oppressive qu’elle puisse être, permet malgré tout la liberté de l’être intime, ce que la seconde interdit.

C’est pourquoi les deux types actuels de dictature, la communiste et l’islamiste, persécutent, qui les musulmans, qui les chrétiens, qui les deux et d’autres cultes encore. Cela est aussi le projet de tout régime qui tend à la dictature, comme le régime hindouiste actuel de l’Inde.

 

Du 14 au 20 janvier

 

Civilisés

Alors que la violence pure et dure se déchaîne en de nombreuses parties du monde, à vrai dire selon la séculaire et constante coutume des humains, je suis heureux que la première bastonnade infligée par un policier soit chez nous immédiatement condamnée de toute part. C’est la marque d’un peuple resté civilisé.

(Du moins ce le serait si, par ailleurs, de nombreux et convaincus imbéciles ne revendiquaient pour eux-mêmes le droit à se livrer à de multiples brutalités… stériles au bout du compte.)

 

Inconséquence 1

On dit que nous devenons beaucoup trop nombreux sur la terre, qu’elle ne pourra ni nourrir ni abreuver tout ce monde, qu’elle souffrira de trop de pollution et perdra ses capacités vitales, qu’elle va rétrécir à cause de la montée des eaux et qu’elle offrira moins de place aux humains, on dit tout ça… Et on dit par ailleurs : « Chouette ! on va pouvoir vivre jusqu’à cent vingt ans ! » 

 

Inconséquence 2

C’est la Semaine de l’Unité des Chrétiens. Ils prient ensemble le Seigneur de réduire les divisions qu’eux-mêmes entretiennent…

 

Fra-ter-ni-té !

Ségolène est de retour, alléluia !
Ségolène est de retour et je l'aim' toujours
Son navire est attendu, alléluia !

Son navire est attendu qu'on croyait perdu…

(air connu)

 

Force ?

Je constate que personne ne va s’attaquer violemment au siège de la CGT. Est-ce parce qu’elle a déjà perdu, ou à l’inverse parce qu’elle domine la situation ?

 

Incarnation

Dix mille jeunes entourent chaudement Greta Thunberg à Lausanne. Onfray ne comprend pas, il l’incendie. Il ne connaît que les mots, il n’a pas le sens de « la déflagration d’une parole incarnée » (Christian Bobin). Il aurait incendié Jeanne d’Arc… À tort ?

 

Pourrissement

Moins il y a de manifestants, moins il y a de grévistes, plus les actions de blocage se multiplient. Malheureusement, c’est mauvais signe, ça fait guerre asymétrique, pouvoir central contre adversaire disséminé, un truc sans fin ni résultats d’un côté comme de l’autre. Dans le cas des vraies guerres, exemple, on ne s’en sort que par la politique…

 

Du 7 au 13 janvier 20

 

La paille et la poutre

Hier matin, sur France 2, l’émission de Présence protestante animée par Marion Muller-Collard portait sur ce passage de l’évangile selon Matthieu (7.1-5) où Jésus parle du jugement que l’on se porte les uns sur les autres. Avec cette paille et cette poutre célèbres fichées dans nos yeux… Curieuses images ! Ces matériaux semblent représenter la faute dont on est coupable, ou encore le regard infirme que l’on porte sur l’autre, alors qu’au pied de la lettre ils seraient plutôt une douleur plus ou moins grave. Je m’imagine avec une poutre dans l’œil, genre Polyphème… Au secours ! Même une paille me fait pleurer… Et si nos fautes étaient des douleurs que l’on porte, et la question, les concernant, un appel à se soigner ? Je ne te juge pas, tu es mon frère, tu es ma sœur : je soigne mon malheur, mon infinie douleur d’être, elle qui me rend si dangereux. 

 

Réforme des retraites ?

On part d’un projet de gauche visant à favoriser les plus pauvres ; on le transforme en projet de droite visant à casser les avantages des uns sans répondre aux inquiétudes des autres ; face à l’opiniâtreté de l’opposition à ce projet, on bricole quelques amendements à la marge ; le résultat est un monstre qui pose plus de problèmes qu’il n’en résout… et ne répond pas à la question initiale : comment assurer une retraite honorable à chacun ?

 

Question

Il faudrait tout de même se demander comment nos Églises ont pu laisser s’éloigner des fidèles, convaincus dans leur jeunesse, comme, exemples pris au hasard, Gilles de Gennes ou Ariane Ascaride… Et tant d’autres. Où est l’erreur ? Ou si l’on préfère : quel évangile leur a-t-on prêché ?

 

Changements

En 2008, la Fédération protestante de France proposait de repenser les modes de vie en cours en vue d’anticiper la nécessité de changements majeurs. Elle conseillait une simplicité de vie. Je me souviens avoir alors pensé que ceux qui profiteraient le plus d’un tel retournement, les plus nombreux et les plus fragiles, étaient justement ceux qui ne pouvaient pas le mettre en œuvre, emprisonnés qu’ils étaient dans les conditions de vie qui leur étaient imposées. Et que, le moment venu, cette contradiction les amènerait à se fâcher… Ce qui est arrivé avec les Gilets jaunes.    

 

Qui ?

Si je comprends bien Ghosn, ses malheurs viendraient d’une décision unilatérale, arrogante, concernant Renault-Nissan, prise par Macron à l’époque où celui-ci était ministre des finances. Les Japonais s’en seraient sentis humiliés. Pourquoi cela me semble-t-il crédible ?

 

Culte

Objets cultes, films cultes, disques cultes… le culte a le vent en poupe ! Mais bien sûr, il s’agit de fétichisme. L’époque voit petit, et elle inscrit sa piété dans le bref et le discontinu.

 

Rodés

Même ceux des djihadistes meurtriers qui sont nés en France ignorent à quel point d’indifférence – qui est aussi une sorte de courage – une société ouverte et blindée comme la nôtre est au fond peu atteinte par leur dangerosité, quelques sanglantes et stupéfiantes exceptions mises à part. Un type sort dans la rue un couteau à la main, il tue quelques passants en criant Allahou akbar ! puis se fait descendre. Point. Le jour même, toute trace en a été effacée, et le lendemain la vie reprend comme devant. Il a fait à peine plus de bruit que les centaines de morts tués sur la route… C’est comme si on leur disait : « Tu te fatigueras avant nous ».

 

Confiance…

Dudule, il sait pas trop quoi penser. Au-dessus de lui, il y a le vrai patron, disons pour aller vite le système financier international ; il veut moins de coûts et plus de profit. Et il y a ce qui doit normalement servir de syndicat au populo face au vrai patron : l’État, pour plus de justice et moins de dégâts. Et là, Dudule, il se souvient et il a pas trop confiance…

 

Du 1er au 6 janvier  

 

Pierres qui roulent

La réforme à Macron, c’est aussi une méthode pour faciliter l’adaptation du travailleur à la mobilité et à la personnalisation de l’emploi. Elle est universelle au sens où elle crée, face à leur employeur, des individus séparés les uns des autres : chacun son compte de points ! Rien de plus contraire au profit, en effet, que des salariés insérés dans des statuts collectifs.

 

En revanche

La pression exercée par le système financier international ne permet pas d’éviter de telles casses sociales, elle est trop forte pour que d’anciennes sécurités disparates y résistent. En revanche, un État, ou mieux, un groupement cohérent d’États démocratiques qui jouerait son rôle de, disons, syndicat du peuple face aux vrais patrons, c’est-à-dire face aux milieux internationaux qui tiennent les rênes, pourrait maintenir une situation d’équilibre entre profit et justice. Seulement là, on est loin du compte. 

 

Je fatigue

Ce matin encore, l’émission protestante de France 2 nous ramenait à ce bon vieux message du salut personnel des pauvres pécheurs que nous sommes… Et un de plus de sauvé, un !

Parlera-t-on un de ces jours du salut de l’espèce humaine toute entière, convertie ou non à la bonne parole ? Parce que pour moi, quand on dit Dieu, c’est d’abord de cela qu’on parle.

 

Leur ennemi

Le pasteur chinois Wang Yi a été condamné à neuf ans de prison pour, en clair… protestantisme. C’est que les musulmans du Xinjiang ne sont pas les seuls croyants à être persécutés par le gouvernement de M. Xi. Et ailleurs, ce sont aussi les islamistes djihadistes qui s’en prennent aux chrétiens comme aux yezidis. Il y aurait hélas d’autres exemples de ceci : aujourd’hui comme hier, à gauche comme à droite, le totalitarisme quel qu’il soit s’attaque à la conscience intime des gens. Normal, rien de plus dangereux pour lui qu’un humain à l’âme libre.

 

Incarnation

Jésus ne parlait pas aux siens, il parlait aux foules, c’est-à-dire à chacun. Il parlait à chacun, c’est-à-dire aux foules. Et lui leur parlant, nul autre que lui, en lui, ne leur parlait.

 

Parle !

Toi qui prêches, ne parle pas aux tiens mais à la foule, serait-elle absente. C’est ainsi qu’on parle à chacun. Et ne laisse aucune instance, en toi, parler à ta place : c’est toi qui es là.

 

Vœu

Ce jour, je souhaite, à chacune de celles et à chacun de ceux qui me font l’amitié, le plaisir, l’honneur et l’avantage de visiter ce site, de marcher en paix sur les chemins qui mènent à l’accomplissement. Le leur, et celui qui se tient au bout de toute espérance.

 

Vœux

Pourquoi ne pas le dire, j’ai trouvé bonne la présentation de ses vœux à la Nation qu’a faite le président hier soir. Ce qui n’empêche qu’à mon sens, sa réforme est, dans son état actuel, à accrocher au clou, à côté du trou, dans la petite cabane au fond du jardin… À refaire, élève Macron ! Et ceci en tant que travail collectif.