Nation, c’est quoi ton identité ?

 

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Mes réponses

 

                                                                                               

 

C’est un feuilleton de 2009. Chaque semaine (ou presque),

on trouvait ici exposé, en fait dans le désordre, comment je vois

l’une ou l’autre des caractéristiques supposées de notre identité

nationale (je répondais à un ministre à double face nommé

Besson).

En réalité, je m’interrogeais sur chacune d’elles. Avec sérieux ?

Alternativement : parfois oui, parfois non.

Ceci dit, j'ai terminé assez vite cette série sur l’identité nationale :

la façon dont elle était posée dans le pays ne permettait plus, même

de façon ludique, de s’associer au pseudo débat qui s’était instauré.

Ça puait un peu trop. Mais maintenant que l'effervescence

est retombée, je me suis demandé ce que les habitué(e)s de ce site

penseraient de tout ça… 

 

On peut retrouver l’ensemble des textes à la page Identité 2.

 

 

Année du Coq – Bruno Doan – D.R.

  

  

 

La laïcité

4 janvier 2010

  

C’est un mot dont on serait bien avisé de considérer l’origine. Elle nous ramène à l’essentiel. Est laïc ce qui vient du laos. C’est un mot grec qui désigne la foule du peuple par opposition aux milieux qui la dominent, qui lui sont ou prétendent lui être moralement ou socialement supérieurs.

Ça me plaît, comme définition : est laïc ce qui ne se sent pas supérieur aux autres ; qui ne se veut pas un pouvoir, en quelque domaine. Et qui n’en accepte pas sur soi-même à moins d’en décider pour quelque raison d’opportunité.

 

Ce n’est pas seulement de la religion qu’il s’agit. Ou alors en ce sens que toute personne ou tout organisme qui se prétend par nature au-dessus des autres prend par là-même une valeur religieuse. Tant la religion n’a pas toujours un arsenal symbolique avec bondieu. La religion du pouvoir existe, je l’ai rencontrée.

 

La société laïque, ce serait donc celle qui accepte des autorités, mais sans les considérer pour autant comme supérieures, juste servantes du peuple, ce qui s’appelle ministre, cette fois d’après le latin.

C’est ainsi chez nous, les parpaillots, normalement. Nous avons des ministres qui, dans leur domaine, font autorité sans avoir pouvoir sur nous. Laïcs nous sommes. Tous, pasteurs compris.

 

Alors bien sûr, je sais bien que la laïcité a pris un autre sens, qu’elle vise à faire en sorte que les autorités religieuses ne s’imposent pas comme des pouvoirs dans la société, que ce soit dans les domaines de l’intime, de la croyance, de la morale, du culturel, du social ou de la politique. Et qu’il s’agit d’un vrai danger, durement expérimenté par le peuple pendant des siècles.

Et bien sûr, je sais aussi que cela donne à l’État le devoir de veiller à cela tout en permettant à chacun de pratiquer sa religion s’il le désire, dans les limites de la loi.

De plus, je suis bien d’accord là-dessus. Je veux dire sur le principe.

Avec tout de même cette restriction mentale, en effet, qui me fait penser que parfois, la loi française pourrait donner un peu plus de liberté aux croyants dans les domaines qui ressortissent strictement à la croyance ou même à la simple justice.*

 

Bref, je sais que lorsqu’on parle de laïcité, en France du moins, on ne pense qu’à la religion. C’est cela, cette limitation, qui fait partie de l’identité nationale.

 

Or à partir du moment où toutes les autres autorités ne sont pas considérées elles-mêmes comme peu ou prou religieuses, la laïcité à la française devient le moyen, pour elles, de s’arroger le droit de formater en douceur la tête, le cœur ou le sexe des gens.

Religieux, alors, furent bien des intellectuels, relayés aujourd’hui plutôt par les scientifiques ou les gens des médias assortis de leurs fameux experts, et, pour les mœurs, par les people et autres idoles.

L’autorité de ces gens-là ne se discute pas. On guette toute velléité de prise de pouvoir sur les gens venant des religieux, on a bien raison de le faire, mais qui va empêcher tel universitaire, mais aussi tel couillon patenté, de répandre sa bonne parole sur les ondes ou devant les caméras ?

 

Méfiez-vous donc : aujourd’hui, la plupart du temps, les curés ne sont plus là où on les attend…

 

 

* Deux exemples :

– On n’a pas le droit de célébrer un mariage à l’église si le couple n’est pas passé d’abord devant le maire ; autrement dit, si vous voulez vivre en union libre, légalement vous n’avez pas accès à une bénédiction.

– Une association cultuelle, bien que propriétaire de son lieu de culte, n’a pas le droit de le louer elle-même pour d’autres activités, par exemple à des promoteurs d’actions culturelles.

 

 

 

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