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Des Écritures à lire ?

 

Mais plutôt que se plonger dans un pavé touffu, lire alors un ensemble divers et multiple de livrets écrits au Proche-Orient dans l’Antiquité !

 

Vous pourriez en effet changer votre regard à propos de la Bible, retrouver le pluriel caché sous son nom, parler d’Écritures saintes et lire celles-ci à la découverte. À vous alors, comme perspective, de saisir la nature du lien qui les unit.

Le mot Bible vient du nom propre latin Biblia, un mot féminin singulier lui-même transcription du nom commun grec ta biblía (les rouleaux), neutre, descriptif et pluriel.

 

Parallèlement à la page Évangile présente sur ce site, et de façon concurrente avec elle, cette page-ci se donne pour objet de resituer "l’évangile du dimanche" de l’Église au sein d’écritures bibliques premières, éparses et suivies :

Premières, en ce sens qu’on les saisit, de façon certes aventureuse, avant qu’elles aient été travaillées par l’activité normative des synagogues et des Églises, activité qui a produit ce que l’on appelle la Bible, juive ou chrétienne.

Éparses, en ce sens qu’elles n’ont pas encore été rassemblées avec d’autres pour composer cette Bible que l’on peut se procurer aujourd’hui sous diverses formes éditoriales et dont Églises et synagogues sont les auteures.

Suivies, en ce sens qu’on ne les lit que dans leur ensemble, sans s’en tenir à quelque extrait découpé plus ou moins arbitrairement (une péricope) en fonction d’une conception préétablie ou d’un usage extérieur à eux.

Où l’on comprend que la lecture nécessitait le plus souvent

des lecteurs formés à cet exercice et que la chose était orale

et publique, faite pour l’oreille :

 

Pour exemple, voici comment se serait présenté le début de l’Épître de Paul aux Galates selon le mode des plus anciens témoins écrits :

 

ΠΑΥΛΟΣΑΠΟΣΤΟΛΟΣΟΥΚΑΠΑΝΘΡΩΠΩΝΟΥΔΕΔΠΑΝΘΡ

ΩΠΟΥΑΛΛΑΔΙΑΙΗΣΟΥΧΡΙΣΤΟΥΚΑΙΘΕΟΥΠΑΤΡΟΣΤΟΥΕΓ

ΕΙΡΑΝΤΟΣΑΥΤΟΝΕΚΝΕΚΡΩΝΚΑΙΟΙΣΥΝΕΜΟΙΠΑΝΤΕΣΑΔ

ΕΛΦΟΙΤΑΙΣΕΚΚΛΗΣΙΑΙΣΤΗΣΓΑΛΑΤΙΑΣ

 

Soit :

Paulenvoyénondeshumainsniparunhumainmaisp

arJêsusCHRISTetDieulepèrequilaéveillédesmor

tsettouslesfrèresquisontavecmoauxEGLISesde

Galatie 

 

D.R.

 

Dimanche 27 octobre 2019 : le texte proposé à la lecture se trouve dans l’évangile selon Luc, chapitre 18, les versets 9 à 14.

Il est déconseillé de le lire comme un tout indépendant. Je conseille de se reporter d’abord à l’ensemble du livre de l’évangile selon Luc. Dans ma traduction, on peut le trouver à :

https://alexandre2.pagesperso-orange.fr/luc.htm

Le passage considéré est coloré en brun, au chapitre 15, et il est conseillé de lire au moins tout le chapitre, voire plus, sachant que ce passage fait partie, dans cet évangile, d’un récit de voyage, le temps de la montée de Jésus vers Jérusalem et sa Passion (9.51–19.28). Il est coloré en bleu.

Sur ma traduction :

Je traduis ici en fonction de deux impératifs arbitraires :

1/ faire en sorte que le caractère grec antique – donc étranger –

de ces textes puisse être perçu autant que possible ;

2/ inscrire un rythme visant à faciliter la lecture orale de ces textes, considérés comme des œuvres littéraires.

On trouvera à la page Luc des explications théoriques

et pratiques, destinées à aider le lecteur.

 

QU’EST-CE QU’UNE PARABOLE biblique ?

Pour moi, la parabole est une histoire qui vise à faire venir

chez l’auditeur ce qu'elle parle, alors même qu'elle ne dit pas

ce dont elle parle, qui a toujours affaire avec Dieu. Bien sûr,

elle s’adresse à qui a les oreilles prêtes à l’entendre…

Pour mieux comprendre ce que signifie cette définition,

on peut se rendre à la page Parabole de ce site.

 

Ce dimanche, c’est à nouveau un bout de l’histoire d’un homme pas comme les autres. L’évangile selon Luc parle de lui à sa manière et pour qui veut l’entendre.

Cette fois-ci, l’homme raconte à nouveau une parabole. Elle est simple à comprendre : mieux vaut un injuste véritable qui s’en veut qu’un faux juste content de lui. Ou quelque chose comme ça.

Celui qui fait bien fait moins bien que celui qui ne fait pas bien. Car l’un s’élève, et l’autre s’abaisse… aux yeux de Dieu, pris à partie par les deux hommes.

Or le dieu de l’homme qui raconte cette histoire sourit à ceux ou celles qui n’ont pas de quoi se vanter.

Femmes méprisées, petits enfants, infirmes et impurs, paysans sans terre, ouvriers sans ouvrage, malandrins, étrangers et infidèles.

Et même les pires quand ils quêtent le regard du dieu de miséricorde, éperdus, pauvres d’esprit qu’ils sont, pauvres de souffle.

Et ces foules fatiguées et chargées, dépossédées et méprisées, qui suivent son messie en quête d’on ne sait quel salut.

Tous ceux, toutes celles qui mendieraient un regard, un sourire, une main tendue, un clin d’œil amical. Et à qui il n’est rien demandé en échange.

Attention ! Ce n’est pas qu’il convient de se pencher vers eux pour plaire à ce dieu. C’est qu’ils sont les habitants autorisés de son règne. Ses sujets, ses citoyens. Et que, propre sur soi et bien pourvu, on ne s’approche de ce règne qu’en étranger, demandant l’aman.

Alors c’est quoi, là, le Règne qui s’est approché ? Comment le gagne-t-on ? Eh bien justement, on ne le gagne pas, semble-t-il : on y est. Ou non. Ce n’est pas un endroit mais le temps où te voilà qualifié pour vivre dans sa tendresse.

le rÈgne De ce dieu

Ésaïe, chapitre 61, versets 1 à 3

L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur, et un jour de vengeance pour notre Dieu, consoler tous ceux qui sont en deuil,

ceux qui sont en deuil dans Sion, mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un habit de fête au lieu d’un esprit abattu. Ils seront appelés « Térébinthes de justice », « Plantation du Seigneur qui manifeste sa splendeur ».

Voir aussi Luc 4.16-21.

 

Et Matthieu 5.1-10 :

Voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.

Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :

Heureux les mendiants de l’esprit, car le règne des Cieux est à eux.

Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.

Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le règne des Cieux est à eux.

 

Pour revenir à l’histoire, il semble qu’il y ait là différents points de vue pour en juger. On peut noter en effet une correspondance (le mot exact serait homologie) entre différentes façons de voir, qui représentaient aussi des enjeux .

D’un côté, on parlera religion, en l’occurrence pureté rituelle. Le sale type est impur par profession, vu qu’il côtoie l’occupant impur et travaille pour lui. Il est comme un salafiste qui serrerait systématiquement la main des femmes ! Tandis que l’autre est pur : vu qu’il se sépare de toutes les autres catégories (le mot pharisien signifie séparé) il ne risque pas d’être infecté.

SUR LES PHARISIENS

Imaginez des salafistes qui auraient pris le pouvoir idéologique

dans leur pays, par ailleurs colonisé par des infidèles impurs.

Le plus souvent membres de classe moyenne supérieure, commerçants, artisans aisés, lettrés professionnels, ils exercent un contrôle permanent, au nom de la Loi divine, sur les milieux populaires, tant en Judée que parmi les milieux juifs de Galilée et d’une grande partie de la diaspora. Leur truc, c’est la fidélité littérale à l’Écriture révélée, ceci en fonction d’une obsession qui restreint cette fidélité à la pureté des rites et des mœurs. En réalité, contraints de se plier aux exigences de l’occupant, ils jouent sur les deux tableaux, à la fois ouvertement  nationalistes mais adhérant de fait aux normes sociales et économiques de l’Empire.

 

D’un autre côté, on parlera identité nationale. Le publicain (ou collecteur de taxe) travaille pour les Romains, il perçoit l’impôt en grande partie pour eux. C’est un traître qui contribue à la puissance de l’ennemi. Tandis que l’autre, du seul fait qu’il s’en tient (dit-il) à la Loi juive, se considère comme un ennemi de la Babylone romaine. Il attend et espère le grand renversement qui rétablira Israël, Jérusalem et son temple, Dieu, enfin, dans toute sa gloire impériale et mondiale, et abolira l’Empire de Rome. Sa limite est qu’il ne fait rien pour ça, un peu comme nos révolutionnaires en chambre.

SUR LES COLLECTEURS DE TAXES

Il  sont en fait ce que nos ancêtres appelaient les fermiers généraux. Ils percevaient l’impôt sur leur compte avant de le restituer aux organes publics du Pouvoir romain, ou encore avançaient à ce Pouvoir le montant de l’impôt qu’ils récupéraient ensuite auprès de la population.

Leur rôle est aussi celui d’un huissier qui aurait tout pouvoir sur le débiteur insolvable.

On peut aller visiter par avance ce bon vieux Zachée, que l’on retrouvera bientôt, à la fin de l’avancée de Jésus vers Jérusalem : Luc 19.1-10.

 

Un autre point de vue est celui de la moralité publique. Le collabo est connu pour profiter de son statut pour arnaquer ceux qu’il taxe en prélevant beaucoup plus que ce à quoi il a droit et que ce qu’il doit restituer au Pouvoir. Il se constitue ainsi, assez souvent, de colossales fortunes. De plus, il use de moyens souvent violents, voire cruels, pour récupérer l’impôt. Il est un grand fournisseur de clients pour la prison ou le marchand d’esclaves. Or le pharisien est indemne de tout cela, à l’exception de cette habitude qu’il a de dénoncer les fautifs aux prêtres et aux gouverneurs romains, gardant lui-même les mains pures.

À considérer tout cela, on comprend bien qu’il est plus facile à ce salaud de collecteur de taxe de s’apercevoir qu’il est un gros dégueulasse, qu’à un pharisien propre sur lui de repérer ses manquements… puisqu’il ne fait pas partie de l’impureté généralisée.

 

–oOo–

 

Il marchait vers la Ville

Je hasarde ici quelques mots sur l’enjeu de cette marche mise en récit :

Au long de cette avancée vers sa mort, qui est aussi pour lui son avancée vers la réalisation paradoxale du Règne de Dieu, Jésus parle aux gens qu’il rencontre ou qui cherchent à le rencontrer, dessine un mode d’agir pour ses disciples, opère quelques signes annonciateurs du Règne, etc.

Il convient de garder présent à l’esprit à tout moment de la lecture que tout cela, qui va du banal au sublime, est coloré par l’imminence de sa fin en même temps que par la tension que suscite l’annonce de la survenue finale du Règne. Une survenue dernière, aussi, au sens où elle se joue pour chacun ici et aujourd’hui.

SUR LA DATATION :

L’évangile selon Luc daterait de la période qui a suivi l’onde

de choc provoquée dans l’Empire romain par la destruction

du temple de Jérusalem en 70, le démantèlement de la ville sainte et, pour les chrétiens, la dispersion de la première Église,

soit vers 80.

 

sur l’œuvre de luc

DE LA CITÉ SAINTE À LA VILLE-MONDE

de Luc 1 à Actes des Apôtres 28

 

Tout commence avec l’incrédulité d’un prêtre judéen. On comprendra vite, à lire l’œuvre de Luc, que ce Zacharie inaugural est pour lui l’archétype de ce qui constitue, alors, la religion du temple de Jérusalem. Tant en Judée que dans l’ensemble de l’Empire, et au-delà.

Tout commence là, en ce temple qui n’est plus la Maison du Dieu d’Israël puisque n’y réside plus la foi d’Israël. On y a oublié le souvenir de Dieu : on y porte un nom, Zacharie, dont le sens, « Mon Seigneur s’est souvenu », n’évoque plus la Visitation d’un Seigneur qui aime à s’approcher de son peuple.

On part de là. De cet oubli de soi et de Dieu dans le lieu même où se dit l’alliance de Dieu et de soi. On part de la cité de Dieu… et au finale, on n’y retournera plus.

Non que le peuple d’Israël soit disqualifié, bien au contraire, car c’est de lui qu’a surgi le surgeon vivace qui portera tant de fruits humains de par le monde connu, l’oikoumènè, cette maison commune. Des humains qui en parcourront, pour les transformer, toutes les merveilles comme toutes les noirceurs.

Car on termine, non dans un temple, mais dans une prison. On termine là le récit mais on n’achève pas l’histoire, on fait bien comprendre qu’elle se continuera jusqu’aux extrémités de la Terre.

On s’en va vers l’Occident, suivant la course du soleil. Toute la Bible, d’Adam à Esdras en passant par Abraham, ou Jacob, ou Jonas, enseigne, bien sûr par parabole, que la marche vers l’Est est régression, effort débile dont la visée est le retour aux origines perdues, ou bien triste obligation subie par les vaincus. On marchera donc vers l’avenir.

Non, Israël, quant à lui, n’est pas rejeté, dans son incrédulité d’alors, il est lui aussi transformé, transmué, tourné désormais vers cet avenir où il est attendu : le Règne.

Le Règne. L’avenir du monde déjà présent par avance par tant de signes prophétiques. Un monde où règnerait seul le Dieu d’amour et sa justice.

Le temple de pierre est mort, remplacé par le temple véritable, et véridique, temple de chair, seul humain accompli, trahi, supplicié, assassiné, puis dressé, vivant, présent, universel. Le Très-Haut est désormais, tout aussi bien, le Très-bas.

Les puissants sont jetés de leur trône, leur puissance et leur magnificence à terre : on ne désirera plus les servir. Et serait-on le dernier des derniers, parmi les humains, que l’on peut néanmoins devenir le temple de l’Esprit.

Car à l’inverse des règles habituelles, les petits, les faibles, les démunis sont devenus porteurs de cet avenir, héritiers du Règne, eux comme aussi les dames païennes, les soldats de l’Empire, les marins du port ou les esclaves en fuite. Que tout ce monde entre donc !

Alors, qui arrêtera la parole vivante, elle qui était déjà passée de cette Jérusalem la sainte à la Galilée des impurs ? Qui l’arrêtera quand elle va courir les routes, traverser la kyrielle des cités païennes et être portée jusqu’à la ville-monde – la puissante, la diverse, la multiple, la corrompue, la cruelle… et la belle ?

Et la violente. La fille de la Violence injuste, cette corruption du monde de Dieu.

Mais voici le jugement : la corruption de toute la Terre ne suscitera pas à nouveau un Déluge destructeur, mais l’offre d’un pardon universel et l’appel à un retournement. Le dieu de Luc est médecin.

Qui porte cette Parole et qui vit d’elle pâtira de tout cela, bien sûr, on ne renverse pas ainsi l’ordre des priorités sans voir se tourner contre soi tout ce qui est puissant, riche, savant, pieux… ou simple quidam pétri du profond désir malade de servir les Puissances.

Sur Luc :

L’auteur de l’évangile qui porte ce nom ainsi que du livre des Actes des Apôtre serait le médecin Luc, compagnon, disciple et collaborateur de Paul. Il serait d’Antioche et aurait été converti au judaïsme puis au christianisme. Il appartient à la deuxième génération de croyants.  

Dans le livre des Actes des Apôtres, il rapporte des souvenirs personnels en utilisant le pronom « nous ».

Tout comme Paul, il n’a pas vu Jésus de son vivant, mais il a été en rapport avec plusieurs de ses disciples immédiats.

 

 

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