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Caté perso

 

 

 

Selon une fréquence aléatoire

et selon des styles et une portée variables,

on trouvera sur cette page quelques éléments

de mon projet de caté fragmentaire,

par construction voué à l’inachèvement.

Un caté pour adultes… avancés, 

et qui me causeront le bonheur d’être pris à partie !

  

 

 

  

une porte suffit

ou de l’air !

Une petite porte s’est ouverte, et j’ai vu.

Abram Tertz

 

Alors que j’étais très jeune encore, l’un de mes oncles, le plus admiré, le plus chéri, militant communiste, me dit : « Quitte à faire des études, tu aurais pu faire médecine, là au moins tu servais à quelque chose, tu soignais des gens. »

Je lui ai répondu : « Oui mais j’ai rencontré le Christ. »

Comment rencontre-t-on le Christ, quand on est un jeune prolo du faubourg ?

Et en quoi cela est-il plus important que soigner des gens ?

On le rencontre dans le regard d’un autre être humain, dans ses paroles. Du moins le plus souvent. Il y a beaucoup de gens dans le faubourg, mais peut-être pas tant d’êtres humains, c’est un luxe.

Bien sûr il y a les Églises, les Écritures, la prière, le culte, etc. Mais tout cela passe par des personnes, qui ont lu, prié, parfois prêché. Ou tout simplement vécu. A leur manière. Dans laquelle il y avait le Christ.

Peut-être même à leur insu. La vie d’un homme, d’une femme.

Une vie, qu’y a-t-il à l’intérieur ?

Pour ces gens auxquels je pense, il y a une porte, et elle est ouverte.

Imaginez une vie avec une porte ouverte à l’intérieur !

Le Christ lui-même le disait, du moins selon saint Jean, « Je suis la porte », et c’était pour dire qu’elle s’ouvrait.

Je m’arrête à cette image : elle peut signifier ce que veut dire « J’ai rencontré le Christ ». Une porte en moi s’est ouverte. Il y avait du dehors.

De l’air, enfin de l’air.

Francis Ponge, le poète, remarquait que les rois sont bien malheureux en ce sens qu’ils n’ont jamais à ouvrir ou fermer une porte. C’est une remarque fort juste.

Le Christ est vraiment une porte, que les rois de la terre n’ouvrent ni ne ferment. Pourtant il suffit de la pousser. Je le disais : elle est ouverte.

Sans cette porte le monde est clos. Cela arrange ceux qui en contrôlent l’étendue. Les rois. Et ceux qui se croient rois, et ceux qui voudraient l’être, et tous ceux à qui on a fait croire que le monde est aux rois. Aux princes de ce monde.

C’est pourquoi le monde ne peut se sauver, il est fermé. Du moins il fait comme si.

S’il s’acceptait ouvert, s’il n’avait plus peur, il serait libre.

Or il l’est, ouvert, mais seuls ceux qui n’ont rien à faire de la royauté s’en aperçoivent à l’occasion. À de brefs moments, mais qui peuvent engager une vie. Ils s’en aperçoivent à cause d’un autre. Ils s’aperçoivent qu’il y a des personnes qui n’ont rien à faire d’une royauté. Ils s’aperçoivent qu’ils ne désirent en fait rien d’autre.

Qu’est-ce que je désire ? L’Éternité…

On me dit que l’éternité, ça doit être bien ennuyeux. Erreur, la mienne est une suite de nouvelles aventures à venir.

On me dira que ce n’est pas parce que je la désire qu’elle existera. Et que cette porte dont je parle est du contreplaqué posé sur mon refus de la mort.

Du néant.

Oui. Je remarque au passage que face à l’éternité du néant, mon désir ne mange pas de pain. Vanité des vanités, etc… Tout comme une éventuelle absence de désir de ma part.

Mais moi je ne crois pas que le monde soit clos et entouré de néant. Avant, après, autour. Non.

Et je ne crois pas non plus que la mort ne soit rien, à l’inverse, et que le néant n’existe pas.

Je suis quelqu’un qui ne croit pas. À tout cela. Qui naît du sentiment que l’on a d’un monde clos.

L’une des raisons – plaisante – qui font que je ne le crois pas, est que cela arrangerait trop les rois. Les rois de la terre avec tout leur fourbi. Les rois du monde clos. Les espoirs qui viennent d’eux.

Mais il s’agit de développer un imaginaire qui ne soit plus l’imaginaire lié aux rois.

Et dans lequel ni l’éternité ni le néant n’aient la place, positive ou négative, qu’ils ont dans l’imaginaire des rois.

Celui dans lequel seule compte la possibilité d’une porte.

On me répondra : « Dis plutôt le désir d’une porte ».

Mais quand le désir devient travail et combat pour qu’il se réalise, est-ce encore le désir auquel vous pensiez ?

N’avez-vous jamais connu de désirs assouvis ?

Il me suffit de combattre le désir d’enfermement qui nous enroule tous sur nous-mêmes.

Il me suffit de travailler à ouvrir en nous tous le désir d’ouverture.

Au fond du fond des fonds du désir humain, et tout au large de ses imaginaires, ce travail et ce combat – et ce plaisir de les mener – causent la puissance de l’espoir.

En fait, il n’y a vraiment le Christ – la porte, l’ouverture, la sortie – que lorsqu’on ne peut plus avoir d’autres espoirs.

C’est pourquoi ce sont les peuples désespérés qui se tournent vers le Christ.

Quel que soit le nom qu’ils lui donnent.

Quel que soit le nom qu’ils lui donnent ? Il y a là-dessus bien des malentendus.

Le nom du Christ ne désigne pas toujours la porte, loin de là.

La porte suffit.

Je crois au Christ, pas aux Églises.

Je crois en Christ.

Je crois dans le Christ. Comme si j’étais en lui. Dans la porte. Ouverte.

C’est de là que vient ce courant d’air qu’on appelle l’Esprit.

 

 

 

 

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