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Théo-logique

 

Je présente ici plus ou moins régulièrement un extrait tiré des pages

Suite théo-logique ou Caté de ce site.

 

 

 

   

AU COUCHANT !

 

Une chose amusante est que les mots Maghreb et Europe ont la même et lointaine étymologie. L’un par l’arabe, l’autre par le phénicien, ils proviennent tous deux d’une racine commune aux langues sémitiques. Entre autres nombreuses significations, elle désigne la direction du coucher du soleil.

Le Couchant, le Ponant, l’Occident. Et par conséquent la fin du monde connu. Du moins pour ceux qui se trouvaient au Proche-Orient il y a longtemps.

Et qui dit fin du monde dit aussi l’inconnu et la mort possible, par opposition au Levant, à l’Orient, vers où se tourner en direction de la naissance du Soleil source de vie.

 

Chez nous, les églises sont orientées de préférence vers Jérusalem, et les mosquées vers la Mecque, ce qui correspond en gros à la direction du lever du soleil. Elles se tournent vers une naissance, une aurore, une aube, un matin. Elles tournent le dos au soir, au crépuscule, à la nuit qui vient.

Ce n’est pas sans raison : la religion est liée aux origines. Pour elle, celles-ci donnent leur sens au présent et à l’avenir. Aussi est-elle tentée de toujours faire retour vers ce qui était avant.

Un avant qui, paradoxalement, tourne le dos au pèlerin qui suit le cours du soleil, de l’histoire, de la vie que l’on vit. Cet avant est le contraire d’un devant-nous.

 

Dès le début et le plus souvent, les Écritures bibliques inversent cette orientation vers l’Orient. La suivre est pour elles la marque ou la conséquence d’une erreur. Là est le danger.

C’est Adam et Ève fuyant l’Éden vers l’Orient, les humains s’en allant de ce côté-là pour construire une tour qui va s’effondrer, Jacob se sauvant vers la Syrie, Jonas allant mourir (croit-il) à Ninive la cruelle, que sais-je encore ? Et c’est évidemment la direction que prennent les Israélites déportés, vers Assour ou Babylone.

 

La route de la justesse et du salut est plutôt celle qui revient de là-bas, et à partir de là-bas. Nul retour vers les origines, la naissance, les fondations, seraient-elles constitutives, seraient-elles éclairantes.

On s’en ira vers l’Ouest malgré le danger de mort qui y rôde. Ainsi en est-il d’Abraham, le père des croyants, et ceci jusqu’à Paul, qui porte l’heureuse annonce jusqu’à la grande ville occidentale, impériale, Rome, où réside pourtant l’abomination.

 

De préférence, la Parole biblique suit le cours du soleil, elle va vers l’inconnu, vers une promesse, vers un monde à venir, non vers les temps originels, ces refuges identitaires. Avis au fond très actuel…  

 

Saint-Coutant – 2015     

 

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