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Vos remarques : jean.alexandre2@orange.fr

Mes réponses

 

 

 

 

Simple rencontre

 

 

Une histoire tirée de Simples rencontres, cinquante-deux récits plus un

parus en feuilleton sur ce site, du 1er décembre 2006 au 28 novembre 2007.

Ils présentaient chacun une personne qui, parfois sans que cela s’explique,

m’avait paru alors remarquable, pour de bonnes ou de mauvaises raisons.

 

 

 

D.R.

     

Georges Frèche en campagne

  

La première fois qu’il s’est adressé à moi, c’était pour m’engueuler.

Je n’étais à cette époque qu’un militant de la section PS de Mauguio, commune qui commençait à se transformer en banlieue de Montpellier.

Nous avions commis l’irréparable, lors de ces municipales : dégommer le vieux cacique SFIO qui y régnait depuis des lustres.

Opération "mains propres", pensions-nous, et faste, par conséquent, pour le parti.

Erreur : nous perdions la mairie, Frèche ne pouvait nous le pardonner, le nouvel élu était un adversaire.

Aurait-il été honnête (pourquoi pas ?) que n’empêche, il s’agissait d’une défaite.

Notons que la gauche est repassée aux municipales suivantes.

Entre temps, j’étais devenu à Montpellier l’animateur d’un ensemble culturel protestant basé dans ce bâtiment connu de tous et surnommé le 665.

Animation biblique, culte d’étudiants, école biblique, conférences, radio associative, mais aussi tout un ensemble d’activités et de clubs ressortissant d’habitude à la vocation des Maisons de Quartier municipales.

On ne m’engueulait plus.

Vient une nouvelle campagne électorale, et Frèche me demande un service, que j’accepte de lui rendre : organiser un dîner rassemblant quelques protestants montpelliérains d’influence.

C’est ce qu’on appelle une politique communautariste : il s’agit de soigner tour à tour Pieds-noirs, cathos, cyclistes, juifs, médecins… ou protestants.

Cela fait plusieurs années que nous travaillons pour la ville sans l’aide de la municipalité, je fais donc une lettre, quelques temps avant ce dîner, pour demander une subvention permettant l’embauche d’une animatrice.

Il a une grande culture, Frèche, mais il ignore peut-être ce verset : « Soyez simples comme la colombe, filous comme le serpent » (c’est moi qui traduis…).

Le soir du dîner, nous attendons M. le Maire.

Il entre, se dirige droit sur moi et me lance à voix haute, pensant me faire honte : « Monsieur le pasteur, vous l’avez, votre subvention ! »

J’ai donc pu embaucher.

 

 

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