Fil - Peintures acryliques poétique par Huynh Duy - www.artpeople.net - DR

 

 

Retour à la page d’accueil

 

Retour à la page Ecrire

 

 

 

De janvier 2015 à décembre 2016, les réflexions habituelles

sont devenues un journal, dont voici la troisième année.

C’est le journal d’une retraite, terme à prendre en deux sens.

Il s’agit d’une part du journal d’un retraité.

Et d’autre part de pensées survenues chez un type qui vit

dans un hameau retiré.

 

(On pourra trouver les textes de l’année passée aux pages

du Journal 2015 et du journal 2016)

 

 

 

 

journal 2017

 

Pour réagir : jean.alexandre2@orange.fr

 

 

Du 22 au 31 octobre            

 

Errance

Carles Puigdemont demanderait l’asile politique à la Belgique ? À sa place, j’aurais plutôt choisi la Russie, dont l’un des plaisirs majeurs serait en effet de constater le démantèlement de l’Union européenne.

 

Cherchez l’erreur

Fête de la Réformation… Hier, à Bruxelles : les catholiques intégristes sabotent la célébration dans la cathédrale. À Strasbourg : le Conseil national des Évangéliques de France se retire de l’organisation de Protestants en Fête 2017. Fraternité, quand tu nous tiens…

 

Naissance

Comme on dit dans les faire-part de naissance, j’ai l’honneur, le plaisir et l’avantage d’annoncer la parution de mon dernier livre, Les dires du seuil (poèmes), au Éditions Lambert-Lucas.

Voir sur : http://alexandre2.pagesperso-orange.fr/seuil 

 

Trompettes

Il paraît qu’on en parle dans Landerneau, mais une commémoration peu ou prou officielle de Mai 68 me paraîtrait particulièrement saugrenue. Ce serait comme faire chanter « CRS-SS » par les chœurs de la Garde républicaine sur l’air de Hécatombe, la chanson de Brassens…

 

Vivat !

Il n’y a pas que la Catalogne ! Aucune manif contre l’indépendance des peuples ne m’empêchera de crier ceci : Vive l’indépendance nationale de la Commune de Paris ! Paname for ever ! À bas la main-mise de la France sur notre malheureuse patrie ! Nec mergitur !

 

Rose de Luther

C’est aujourd’hui le jour où l’on fête la Réformation. Comme on le voit ci-dessus, j’ai donc remplacé le petit diable censé représenter mon mauvais esprit par la Rose de Luther… Tout un programme !

Voici son sens d’après ce qu’en disait frère Martin :

La croix noire est le symbole de la croix de Jésus-Christ.

Elle figure au centre de la rose, rappelant l'importance centrale de la mort du Christ. En effet, c'est la foi en la mort de Jésus sur la croix et en sa résurrection qui justifie et sauve.

Le cœur rouge est le symbole du cœur des chrétiens car la croix donne la vie au chrétien, qui à son tour doit aimer comme Jésus l'a aimé.

La rose blanche, c'est le symbole de la joie et de la paix car la foi procure joie, consolation, et la paix du cœur.

Les feuilles vertes ne sont pas d’origine, elles sont parfois remplacées par des flammes évoquant Pentecôte ou plus simplement des épines…

L'arrière-plan bleu, signifie le ciel, il montre que la joie issue de la foi est le début d'une nouvelle vie qui continue au ciel. Il s'agit de l'idée chère à Luther du « déjà et pas encore ».

L'anneau d'or, c'est le symbole de l'éternité. Comme l'or qui ne rouille pas et qui est le plus précieux des métaux, il montre l'éternité de la vie céleste qui attend le chrétien.

   

Abysses

Pas marrant d’être de droite ces temps-ci. Bon d’accord, c’est valable aussi pour la gauche mais pas aussi pire. Car la droite, pour le moment, elle semble ne disposer pour tout potage que de la pensée de Wauquiez. Autant dire le vide, et encore, en écrivant ce mot je lui arrange les bidons…  

 

Exploitation

On trouve aujourd’hui dans le judaïsme comme dans l’islam des gens qui repensent leur rapport avec leurs Écritures respectives. Les chrétiens libéraux (ce terme entendu au sens large) les ont certes précédés, voire inspirés, grâce aux démarches critique puis herméneutique, mais il me semble qu’ils ont devant eux une marche supplémentaire à gravir, celle de la libre exploitation : quand on prend collectivement l’écriture comme support à la création d’une parole.

 

Ignorance

Règle rarement contredite, les riches ne veulent pas payer pour les autres. C’est vrai chez nous, ils préfèrent émigrer ; c’est vrai de la Catalogne, de la Vénétie, de la Lombardie, de la Flandre, j’en passe, ces régions riches qui préfèreraient mettre une frontière entre elles et leurs voisines nécessiteuses ; c’est vrai de l’Allemagne, dont c’est la hantise au sein de l’Union européenne. Tous ceux-là ne se posent pas cette question : d’où vient ta richesse ? Aussi n’en connaissent-ils pas la réponse : de l’existence des pauvres.

 

Du 16 au 22 octobre

 

La conversation 2

Ce n’est pas seulement la flemme ni la prégnance de l’anglais qui s’en prennent à l’élégance de la langue, chez nous, c’est aussi l’omniprésence de l’expression bureaucratique. C’est ainsi que l’on dira facilement « J’habite dans le 38 ou le 79 », au lieu de parler de l’Isère ou des Deux-Sèvres, ou bien qu’on écrira être né le 30/06/37 au lieu du 30 juin 1937. Or le style dit la personne : serions-nous devenus de simples formulaires ?

 

Junon

Qui fait depuis longtemps une politique à droite et à gauche ? Avec des populistes à sa gauche et à sa droite et des social-démocrates et écologistes pris au piège ? Réponse : Merkel. La seule différence avec Macron est qu’elle a réussi à garder la droite dure sous son contrôle.

 

Ensemble

Une chose est d’être agressée ou agressé sexuellement, il n’y pas de condition à remplir, cela peut arriver à tout le monde… Je le fus quand j’étais un joli jeune homme, par un homme comme par une femme. Autre chose est d’être une femme et de se sentir offerte, en quelque sorte par nature, toujours et partout, à la convoitise et à l’emprise des autres. Cela résonne comme une condition serve. S’il est juste et nécessaire de dénoncer l’abus individuel, c’est donc surtout à un changement de civilisation qu’il convient de s’attaquer ensemble. Sans mollir. D’autant que quelques millénaires sont à remonter…  

 

La conversation 1

Je reviens sur ce que j’écrivais le 14 à propos de l’écriture dite inclusive, à laquelle je préfère l’écriture discursive :

On remarquera que dans la note ci-dessus intitulée Ensemble, j’ai écrit agressée ou agressé au lieu de agressé.e, comme ce mode nouveau d’écriture le demanderait. C’est que je n’ai pas la rame et que, quand je veux dire deux choses, je les dis, et les écris.

Ceci pour souligner ce besoin funeste, qui nous vient des Anglo-saxons, de parler et d’écrire vite et concis. C’est ainsi, par exemple, qu’un animateur de télévision dit chaque soir que la redif aura lieu à telle heure. Dire rediffusion lui arracherait la gueule.

Ça n’a l’air de rien, mais le rapport au langage définit aussi une civilisation. La nôtre donne toute sa place à la conversation, qui ne saurait privilégier le hâtif.

En revanche, celle des Anglo-saxons est puritaine : elle ne veut pas perdre son temps en parlotes, compte tenu du fait que pour elle, time est money… et que money est signe de bénédiction.

Mais pourquoi est-on certain chez nous, de nos jours, que l’efficacité est du côté du temps court ? C’est, je pense, parce que nous nous sommes laissés coloniser mentalement.

Or le privilège concédé au temps court est précisément ce qui commande, de façon inconséquente – c’est-à-dire sans calculer les conséquences à plus long terme – nos comportements économiques… avec le résultat peu glorieux que l’on constate.

On sourira sans doute en lisant ce qui précède, dans lequel un simple point placé au sein d’un mot amène à revoir le cours mondial de nos politiques. Que l’on sourie, mais en écriture discursive !

 

Cordée mon œil !

Qu’est-ce qui pourrait bien pousser des nantis à devenir premiers de cordée dans une aventure collective quand ils sont assurés de continuer à vivre peinards à l’étranger grâce à leur participation à l’économie financiarisée ? Ont-ils jusqu’à maintenant fait preuve d’esprit civique ?

 

Du 9 au 16 octobre             

 

Tout seul comme un grand

Hier soir, j’ai trouvé ce jeune homme intéressant. Un peu inquiétant, genre illuminé, mais intéressant. Au moins on sait où il veut aller, vers quelles transformations, vers quel pays. Mais il lui manque le savoir des pauvres, lacune irrattrapable. Et puis, est-ce bien rassurant de voir un seul homme décider, sans contre-pouvoirs réels, du devenir de la nation ?

 

La poule et l’œuf

Ça y est, on a tout compris, Sofia Aram nous a éclairés là-dessus ce matin : si les femmes sont abusées et violées, c’est à cause de la religion. Mais si la religion a pris ce pli-là, c’est la faute à qui ? Ça, on ne le sait pas, Sofia Aram ne l’a pas dit. Moi je me demande si les gens n’y sont pas pour quelque chose ?

 

Frontières

Cela fait un siècle que les Kurdes demandent la création de leur État. Demande irrecevable aux yeux des quatre Puissances qui se partagent leur territoire et tiennent à leur bout de gras.

Ces histoires de frontières, là-bas comme en Catalogne, on voit bien pourtant qu’elles masquent un manque d’imagination en matière d’institutions. Concernant les Kurdes, il faudra encore quelques générations en guerre avant de s’en apercevoir.

Dans l’Antiquité, les frontières étaient souvent des confins plutôt que des limites. Sur les lieux, cela n’empêchait pas chacun de savoir de quelle Puissance il relevait.

 

Inclure

L’écriture dite inclusive, dont le but consiste à combattre les stéréotypes sexistes dans la langue au moyen de formes codées – par exemple baigneur.euse.s – me paraît peu performante pour la simple raison qu’elle n’est pas lisible oralement. Dans l’exemple précédent, il faudrait prononcer en effet baigneurs et/ou baigneuses. Le seul avantage de ce mode d’écriture est donc d’éviter une double inscription, ce qui l’apparente à un simple système d’abréviation.

On combattrait bien plus profondément le stéréotype en modifiant certaines règles dans un esprit d’assouplissement de la langue. On pourrait ainsi décider par exemple d’accorder pronoms et adjectifs au dernier élément d’une suite quel que soit le genre de ses éléments. Ainsi : les baigneurs et les baigneuses perdantes sont-elles déconfites ?

Plus profondément encore, mais là je rêve, on pourrait viser à faire passer dans les esprits les modifications de certaines règles d’accord ou de conjugaison proposées en fonction du genre des personnes concernées :  Marie a écrite un texte, elle l’a envoyée à Joseph en vue de son conférence. Noter l’avantage : on sait de suite de qui est ce conférence qui, qui étant masculin, ne peut être de Marie…       

 

Exemplarité

En Europe, on a bien accepté la partition de la Yougoslavie, pourquoi pas celle de l’Espagne actuelle, comme d’ailleurs celle de tout État composite ? C’est ce que demande un brillant philosophe au nom de la liberté des nations. Et il est vrai qu’on attend avec impatience que le modèle de partition à la yougoslave triomphe dans toute l’Europe !

 

Apparence

Ces temps-ci, les vedettes pipole peuvent bien chanter Barbara, c’est comme la pisse des buveurs de bière, ça ressemble mais ça n’a pas le même goût.

 

Tirelire

En lisant le testament politique de l’aimable Schäuble, l’ancien ministre allemand des finances, je me dis que cela se résume à ceci : les Allemands ne doivent pas avoir à payer pour les autres. Sauf que les autres ont déjà beaucoup payé pour les Allemands…

 

Pube

À la téloche, en 2017, on invite volontiers Onfray, qui dézingue le christianisme ; on invite Ricard, qui vaut apologie du bouddhisme à lui tout seul ; on dissèque l’islam, et pour cause ; on commente, bien sûr, le dernier prout du Pape… et ainsi de suite. Fin octobre, pour l’anniversaire de la Réformation, parlera-t-on des protestants ?

 

Pipole

Si t’es moine, mec, et que tu veux passer à la télé, regarde Matthieu Ricard, fais-toi bouddhiste.

 

Stérile

Supposons que l’indépendance de la Catalogne soit déclarée demain, combien de pays la reconnaîtraient-ils ? Fort peu, sinon aucun. Évidemment ni l’Espagne, ni l’Union européenne, ni l’ONU. Alors à quoi cela servirait-il ? À créer les conditions d’un interminable combat de rue…

 

Du 1er au 8 octobre             

 

Odeur

Il paraît que le Front national va changer de nom… Bon, mais comme disait ma grand’mère, quand qu’c’est pourri l’emballage y fait rin.

 

Creuse, c’est la question

Le président a dit un gros mot ? Pas grave. Mais qu’il se montre aussi peu au fait des réalités… Craignos ! Car qu’un chômeur vivant au fin fond de la Creuse puisse vendre ou louer sa maison sans problème pour aller s’installer en Corrèze et y chercher du travail, ça c’est con, je le dis sans ambages. Il l’achèterait, le Président, la maison du type ? Peut-être mais pour des cacahuètes. Faut réfléchir, mec !

 

Rappel

Aux fous de Dieu, Dieu ne dit pas Défends-moi et tu vivras, mais Cherche-moi et tu vivras. Il est devant, pas derrière. 

 

Dominos

Il n’y a pas que l’Europe : une sécession réussie en Afrique – je pense aujourd’hui au Cameroun – et bien des frontières africaines seraient remises en cause. Et là, bains de sang à la clé ! 

 

Mode de vie

Ainsi, croiser un tueur fou sur sa route est devenu l’un des risques habituels de l’existence, ceci dans le monde entier ou presque. L’horreur que l’on éprouve à l’égard des assassins et la pitié qu’inspirent les victimes et leurs proches ne devraient pas faire oublier cela, qui appelle à un entraînement public à la vigilance.

 

Morts et morts

En France, on voit chaque jour nombre de morts violentes sans que l’on s’en émeuve outre mesure. Environ 3500 décès sur la route en 2016. Je gage qu’hier, un dimanche pluvieux, on a déploré plus de deux personnes tuées de cette manière, auxquelles se sont ajoutées les deux victimes des assassinats de Marseille. À la différence de M. Ciotti et de ses pareils, je ne vois pas pourquoi la nature des méthodes de prévention diffèrerait d’un cas à l’autre.

 

Arriba…

Rajoy, c’est cette droite espagnole qui ne s’est pas totalement purgée de ses tares séculaires : morgue, raideur, violence.

 

Nuance

En toute franchise, que les Catalans d’outre-Pyrénées soient espagnols me laisse froid du moment qu’ils ne sont pas obligés de  devenir castillans...  

 

 

Du 25 au 30 septembre 

 

Précaution

Le jury du Prix Nobel devrait se méfier, une belle personne peut toujours mal tourner. Il y a des cas. C’est pourquoi il serait avisé de n’attribuer le prix qu’à des gloires âgées, qui courraient moins le risque de se gâter par la suite…

 

Soupçon

À propos de l’accord avec Alstom, je me demande si Siemens n’arrive pas comme un chleuh sur la soupe ?

 

Foi

C’est la croyance des peuples, des gens, des foules, qui fait tenir les systèmes et les pouvoir. Du moins si ces derniers s’y prêtent peu ou prou, d’une manière ou d’une autre. Il n’est même pas besoin que cette croyance soit affirmée, ni même consciente. Par exemple, même si nous lui sommes opposés, nous croyons massivement dans le capitalisme, aussi fonctionne-t-il.

 

Pube

La photo de cette semaine, celle qui représente en trompe-l’œil un jeune homme à sa fenêtre sur la page d’accueil de ce site, est celle qui illustrera la couverture de mon prochain recueils de poèmes, Les dires du seuil, déjà sous presse (Éditions Lambert-Lucas).

 

Appareil

Ségolène Royal a été battue en 2007, non par Sarkozy, mais par l’appareil du Parti socialiste. Elle en avait vu les failles structurelles mais n’avait pas su s’y prendre pour surmonter cela. On a vu récemment le résultat logique de cette incapacité dudit Parti à se dépasser.

 

Ben quoi ? 

Les objets manufacturés ont souvent un temps de vie préétabli à la suite duquel ils cessent de fonctionner. C’est l’obsolescence programmée. Sachant que nous sommes trop nombreux sur cette planète et que les vieux coûtent cher, je me demande si, au lieu de tout faire pour allonger notre durée de vie, la recherche médicale ne devrait pas privilégier au contraire l’obsolescence programmée des êtres humains*. Hin hin hin ! 

* Sauf pour ceux qui peuvent payer un supplément.

 

Raison garder

Si l’on y pense, c’est quand même bête de payer les instits, les infirmières, les paysans ou les postiers moins que les économistes, ou même que les banquiers. Faudrait quand même penser à viser plutôt l’utilité.

 

N.B. :

J’aurais bien ajouté les pasteurs, comme profession utile, mais ça aurait pu faire intéressé…

 

Du 19 au 25 septembre             

 

Lyrisme

"La rue" a souvent joué un grand rôle dans l’histoire mais elle n’a pas abattu le nazisme, tout au plus a-t-elle contribué à sa faible mesure à cette victoire. Cela s’est joué militairement, à Stalingrad, en Normandie, en Provence et dans les Ardennes. En août 44, à Paris, il fallait déjà bien du courage à "la rue", entraînée par les FFI et les FTP, pour se soulever, mais elle n’aurait pas tenu sans l’arrivée des chars de Leclerc et leurs tankistes français et espagnols.

De même, le putsch des généraux, en 1961, n’a pas été mis en échec par "la rue" mais en Algérie par la troupe des "appelés sous les drapeaux", dont les transistors, alors omniprésents dans les paquetages, avaient capté l’appel de de Gaulle leur enjoignant, depuis Paris, de désobéir à leurs officiers putschistes.

Sur ce coup-là, Mélenchon, qui semblait d’ailleurs très fatigué, s’est laissé entraîner par son lyrisme, pourquoi ne pas le reconnaître ?

 

Départ

Souhaitons un heureux voyage à la chère Gisèle Casadesus, qui vient de passer. Elle était, dit-on, la doyenne des comédiennes françaises. J’aime à dire qu’elle était aussi, modestement, une bien-aimée grand’mère des protestants.

 

Alignement

Que les nationalistes, chauvins, xénophobes d’un pays européen ne disposent pas d’un parti politique par lequel exhaler leurs rancœurs et faire paraître leur stupidité, ce n’était pas normal. Les Allemands rejoignent donc le troupeau.

 

Texto

Hier dimanche, j’ai eu deux occasions d’entendre lire la nouvelle Déclaration de foi de l’Église protestante unie de France. Il en est de pires, à coup sûr, mais un point, pour moi central, ne passe pas : le rapport à la Bible d’une Église qui se centre sur des textes bibliques, non sur les Écritures.

Un texte, pour moi, c’est l’objet figé d’une étude ; une écriture, c’est le langage habité laissé à qui viendra, en vue d’une relation à faire vivre. Le texte est un objet, l’écriture un sujet. Je ne me sens pas, ne me veux pas membre d’une Église textuelle.

 

Pffft !

En conséquence des résultats des élections sénatoriales, on dit que Macron aura du mal à faire passer sa réforme de la Constitution. M’en fous. Qu’on lui foute la paix, à la Constitution, elle a déjà été assez caviardée comme ça !

Une constitution, c’est juste une série de limites opposées aux égarements passagers de la politique, ce n’est pas le réceptacle des égarements actuels des politiques. Une vraie réforme, la concernant, ce serait un sacré coup de balai en vue d’un retour à ses seuls principes fondamentaux.

 

Dire

Pour changer le monde, ou plus modestement le cours des choses, il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées, il faut encore que ces idées deviennent une parole. Un dire qui touche à la fois aux sens, à l’esprit et au cœur.

 

Colbert

Faut-il supprimer, comme l’affirme le clan, tout ce qui se rapporte à Colbert dans l’espace public parce qu’il a légalisé l’esclavage ? Non, car à son époque l’esclavage était légal depuis la nuit des temps. S’il fallait supprimer de nos mémoires tous les personnages publics et toutes les institutions qui ont tenu l’esclavage pour légal, notre histoire politique  commencerait en 1848 avec Schœlcher. 

 

Peur

Kim Djong-eun a peur, aussi montre-t-il les dents. Trump est le porte-voix de ceux de son peuple qui ont peur, aussi fait-il le matamore. De même les Le Pen ont-ils peur. Et ainsi de suite. Ce qui, en eux, s’exprime là, c’est la logique de Caïn, le pauvre type qui voit chacun de ceux qu’il rencontre comme un assassin potentiel... Alors qu’il est lui-même, ou ce qu’il représente, un meurtrier. 

 

Du 10 au 18 septembre           

 

Smic

Devant ma télé, je regarde un de ces super-P-D.G. dont les revenus professionnels se comptent en millions d’euros mensuels. Il explique la chose par les hyper-capacités et la giga-énergie dont lui et ses semblables ont à faire preuve. Ce mec se la joue. Je connais des smicardes, femmes seules chargées d’enfants, qui manifestent au moins autant de capacités et d’énergie pour s’en sortir, jour après jour, que lui, ce gonze manucuré entouré de porte-cotons.

 

Diable !

En boudant la Fête de l’Huma, Mélenchon fait passer une nouvelle fois ce message : la gauche c’est La France insoumise, rien d’autre, ralliez-vous à mon panache rouge et vert. Or c’est cette attitude, opposée à une union avec toute autre formation, qui a permis, entre autres causes, l’élection de Macron ! Errare humanum est, perseverare diabolicum…*

* Je traduis pour ceux qui n’ont pas la possibilité de recourir comme moi aux pages roses du Larousse : Se tromper est humain, persévérer est diabolique… J’ajoute que le mot diable vient du mot grec diábolos qui évoque l’idée de division.

 

Pisser

Macron, président de la République française, fait un grand discours sur la refondation de l’Union européenne. En France, silence radio. Juncker, président de la Commission européenne fait un grand discours sur la refondation de l’Union européenne. En France, silence radio. Cela fait deux violons à faire sécher. Pourquoi cela me fait-il penser à cette devise de nombreux taxis africains, S’en fout la mort ?

 

Imprévu

Les intentions politiques les plus élaborées sont souvent prises à revers, voire invalidées, par l’imprévu d’un obstacle perçu primitivement comme marginal. C’est ce qu’expérimente Mme Suu Kyi en Birmanie avec le sort réservé aux Rohingas par les militaires avec lesquels, pourtant, elle avait fini par s’accorder sur une politique d’avenir. Croyait-elle.

 

Bulles d’eau

À Paris, verra-t-on un jour voguer sur la Seine les Sea Bubbles, ces "taxis volants" récemment inventés ? Possible, mais les appeler ainsi, ce sera une fois encore faire la pute, comme lorsqu’on affuble d’un slogan anglais, Made for sharing, l’accueil parisien des Jeux olympiques.

 

Grand remplacement

Où l’on entend ce matin, sur France Inter, ce pauvre Finkielkraut paniquer une fois de plus en évoquant un grand remplacement qui n’est pas le bon. Car le grand remplacement, le vrai, pour n’être pas islamique est néanmoins à l’œuvre depuis belle lurette, il consiste à faire de la France, entre autres pays couchés, une dépendance culturelle du monde ploutocratique anglo-saxon.

 

Être ou ne pas être

La seule question politique d’avenir est celle que pose Macron : l’Europe comme puissance mondiale. Sera-t-elle de droite, sera-t-elle de gauche ? Question stupide tant qu’elle n’existe pas. Mais qui répond clairement à la question posée ? 

 

Du 1er au 9 septembre             

 

Retour de bâton

Gaïa se rebiffe. Elle nous envoie des chiens de sa chienne, genre Harvey, Irma, José… Et comme d’hab, ce sont les plus démunis qui morflent. C’était déjà écrit dans les prophètes…

 

Tas d’feignants !

Les Rois fainéants ce n’est pas nouveau. Heureusement, notre Dagobert actuel est en fait un saint Éloi (qu’il dit), ça va charcler (qu’il dit). Chantons : Non, non, non, non, saint Éloi n’est pas mort, car il… ?

 

Éthique (tac)

On s’aperçoit que, comme Mercedes, Peugeot triche de façon éhontée… C’est qu’ici comme là-bas, l’éthique protestante s’est fait la paire depuis longtemps.

 

Vaste entreprise

Lutter contre l’ubérisation de la société est certainement un combat à mener, mais elle ne concerne pas que le monde du travail, ce qui la rend difficile à éradiquer. En effet, elle correspond à l’esprit général de la société, témoin le fait, simple exemple, que même les rapports familiaux sont ubérisés, le mariage étant de plus en plus remplacé par des "histoires" au parcours aléatoire.

 

Gott mit mir

De même, la multiplication des Églises du genre c’est-ma-mienne-à-moi ressortit aussi plus ou moins à cet esprit d’ubérisation qui se généralise. Où évangélisme rime au fond avec néo-libéralisme.

 

Continuer

Il se trouve que j’aide quelques jeunes migrants africains à se débrouiller en français. Des demandeurs d’asile qui attendent une réponse des autorités. Il y a peu de chances qu’elle soit positive, bien plus de probabilité qu’ils soient renvoyés d’où ils sont venus. Nous verrons, eux et moi nous continuons, nous sommes têtus.

 

En marche…

Même si elle ne vaut pas la vraie jambe, une jambe de bois aide à marcher. Supposons maintenant qu’on ait trouvé le moyen de la remplacer par une vraie jambe, il serait plus prudent de garder quand même la jambe de bois jusqu’à ce que le patient marche vraiment sur ses deux jambes.

Là, je parle des contrats aidés que l’on supprime avant d’avoir prouvé qu’on pouvait s’en passer…

 

Pop

L’Assemblée du Désert*, aujourd’hui comme hier, présente au moins le mérite de garder tout leur intérêt aux bons vieux psaumes huguenots, avec toute leur puissance, en lieu et place des chansonnettes pop qui font recette aujourd’hui dans bien des temples.

* L’Assemblée du Désert, qui se tient chaque premier dimanche de septembre, est un grand rassemblement protestant organisé sur le domaine du Musée du Désert, à Mialet (Gard). Le terme Désert fait ici référence à l’époque des persécutions.

 

Malpoli

Laurent Berger a raison, la vraie réforme de l’entreprise, ce serait l’introduction des représentants du personnel dans les conseils d’administration. Mais on toucherait alors à l’un des deux ressorts du capitalisme à la française, à côté du fric : le pouvoir sur les autres. Cela s’appellerait cogestion, terme très malpoli chez nous.

 

Idée !

Si Kim Djŏng-eun* s’arme jusqu’aux dents, c’est peut-être qu’il a peur ? Si c’est le cas, il convient de le rassurer plutôt que de l’inquiéter. Car enfin, qui veut s’attaquer à la Corée du Nord, si bien protégée par la Chine ? Or si son peuple constatait qu’il ne court aucun risque venant de l’extérieur, il comprendrait que ce type est juste un dictateur qui ne présente pour lui que des inconvénients. 

* Kim Jong-un est la transcription anglaise du nom du dictateur nord-coréen김정은. Elle présente l’inconvénient de pousser les francophones à prononcer Kim Djong-oun par erreur.

 

ça bouge !

Aujourd’hui au Kenya, récemment au Burkina Faso, plus anciennement au Ghana ou au Sénégal, etc., et même en Côte d’Ivoire… Il y aurait beaucoup à dire, certes, mais on voit bien que la démocratie avance doucement mais sûrement en Afrique noire. Les vieux potentats n’ont qu’à bien se tenir !

 

Le respect

À nouveau sur le modèle scandinave : ce qui vient du luthéranisme, chez ces gens-là, c’est plutôt une mentalité assez différente de la nôtre. Qu’ils soient employeurs ou employés, réside au fond d’eux-mêmes cet enseignement de Frère Martin selon lequel la profession de quelqu’un n’est autre, normalement, que l’exercice de sa vocation. C’est la base d’un respect mutuel… qui n’est pas notre spécialité à nous Français !

 

 

Du 28 au 31 août             

 

Fatidique

Vous n’avez pas voulu la loi El-Khomry ? Vous allez vous cogner les Ordonnances.

 

En lisant Debray*

C’est un peu abusivement que l’on met au crédit du seul protestantisme, d’ailleurs luthérien, la bonne renommée actuelle du modèle dit scandinave, décrit comme imperméable au rapport de dépendance hiérarchique, à la corruption, au clientélisme et à la misogynie, toutes tares attribuées aux populations de culture catholique.

Il le doit aussi au fait que les peuples ainsi nommés n’ont pas été vraiment marqués en profondeur par l’emprise des sociétés impériales, pyramidales, originaires de l’Est méditerranéen (sémitico-hellénico-latines), si ce n’est par la Bible, qui représente aussi, à sa manière, un effort pour s’en dégager.

C’est ainsi, simple exemple, que les femmes scandinaves n’ont pas connu la misogynie structurelle, pluri-millénaire, des Méditerranéens et des Orientaux avant l’arrivée chez elles du christianisme romain. Une parenthèse qui ne dura guère plus de cinq siècles…

* Régis Debray, Le Nouveau Pouvoir.

 

Politique

Celui qui connaît la vérité d’une société, c’est celui sur lequel pèse tout le poids de cette société. Bien sûr, il aimerait échapper à ce poids, mais comment faire ? Tout ce poids s’oppose à son désir. Y compris la chape de mensonges, de peurs et de fatigues qu’il porte en lui-même. Vient le populiste, qui lui présente des solutions à la fois simples et illusoires, à terme plus dangereuses encore pour lui. Il lui faut alors beaucoup de courage et de lucidité pour s’en détourner. Lui reste la vérité de ce poids à combattre, et comment faire ? Se souvenir qu’il est le nombre et qu’il peut lui aussi peser. De bien des manières. Nul besoin de grand chef pour cela. 

   

Carnet rose

J’ai le plaisir d’annoncer la parution toute proche de mon "dernier" recueil de poèmes intitulé Les dires du seuil aux éditions Lambert-Lucas. Précisions suivent.

 

Métropole

Six cadres franciliens, lit-on, seraient prêt à quitter l’Île-de-France, même en gagnant moins. Z’ont bien raison. Mais peut-être préféreraient-ils y rester si l’on arrivait enfin à considérer la plus grande partie de cette région comme une seule entité politique et administrative. Un grand Paris, métropole unique gérée, administrée et surtout conçue comme un tout organique. Des transports à l’urbanisme et à la culture en passant par l’emploi ou la sécurité. Entre autres. À quand, par exemple, le quartier parisien de Ris-Orangis ? 

 

Un plan génial…

Partant du principe qu’il vaut mieux pour nous regrouper dans le Sahel les migrants africains qui y affluent dans l’idée de traverser finalement la Méditerranée, les gouvernants de l’Europe du Sud tentent de persuader leurs collègues sahéliens de s’associer à ce plan génial. Dirigeant des États connus pour leur immense richesse, ces derniers auraient mauvaise grâce à refuser ! Une paille, cependant, dans le pur métal de cette politique : nombre de citoyens des dits pays font partie du flot des migrants. Si ce plan fonctionnait, il s’agirait donc d’un déplacement de populations : ceux qui viennent du Sud remplaçant ceux du Sahel qui s’en vont vers l’Europe… Une façon de christianiser le Sahel ?

 

Du 21 au 27 août           

 

Dire les choses

Je ne suis pas fan de la politique économique du gouvernement actuel, loin de là. En revanche, j’approuve totalement le comportement direct de Macron face au pouvoir polonais actuel. Arrive un moment où il faut bien appeler chat un chat, et malfaisant un malfaisant. Donc, que les Polonais s’en débrouillent, la balle est dans leur camp. 

Cette façon de voir les choses cherche à faire passer l’Union, du rapport diplomatique entre États, au mode de rapports internes propre à toute entité politique de type démocratique, là où le débat peut-être franc et direct sans que l’on s’en formalise.

 

Fake News

On apprend en lisant le Canard enchaîné de cette semaine que Paul Ricœur était un philosophe catholique. Si même le Canard prend ses infos auprès du Vatican, maintenant, il n’y a plus qu’à se faire nonne (je parle pour les dames, mes préférées). Car Ricœur était aussi parpaillot que Calvin, voire plus.

 

Massacres

Un ami me rappelle que cette date est celle de l’anniversaire de la Saint-Barthélemy. Je réfléchis là-dessus et m’aperçois que je n’ai rien à en dire : tant de massacres, depuis… Qu’il s’agisse ou non des protestants français (dont je suis), la capacité meurtrière des humains me met de toute façon en sidération. Ça irait peut-être mieux si je massacrais moi-même un tout petit peu ? Mais qui ?

 

Gobe la lune

Je suis parfois ébahi par la naïveté de certains économistes libéraux. Par exemple, ils pensent représenter la modernité, par opposition à ceux qui continuent à poursuivre de vieilles lunes du genre lutte des classes. Comme si gagner sa vie sur le dos des autres c’était nouveau… Ce qui est nouveau, c’est la méthode utilisée pour y parvenir, rien de plus.

 

Rappel

Je plaisante, ci-dessous, mais je n’oublie pas pour autant que la guerre écrase les gens au Moyen-Orient. Je reste un ancien bombardé…

 

Triste

Arrêtez de déconner ! Jerry Lewis est mort.

Walter Chiari aussi et même Totò, mais eux ça fait longtemps.

 

En plus

Et ce soir, en plus, les Anglaises ont écrasé les Françaises au rugby. Y a des jours comme ça ou ça ne veut pas…

 

Imitations

On parle beaucoup de la nécessité de voir fleurir une réforme de l’islam. Une telle réforme ne serait autre que le fruit d’une nouvelle lecture du Coran. On se flatte chez nous, intellectuels chrétiens, d’avoir su faire naître une lecture critique de la Bible, et l’on conseille à bon droit aux musulmans d’imiter cette démarche.

Mais lorsque nos Églises auront bien assimilé les apports de la lecture critique, le temps sera venu d’imiter à notre tour une façon musulmane d’aborder le Coran, non celle des littéralistes, mais celle des simples récitants. Car chemin faisant, avides de la rentabilité du sens, nous avons détruit la force poétique des Écritures.

 

Slogan

La rentrée politique s’annonce. Pour ma part, en écho à ceux qui martèlent depuis des années que la France est un grand pays sans en avoir fait la démonstration, je préfère le slogan qui suit : « Nous, Européens, nous sommes un grand peuple ! » En ajoutant que, cependant, nous n’avons pas encore réussi à faire de nous une nation et qu’il s’agit pourtant, pour nous, de la plus importante des tâches à accomplir.

 

Même punition

Il y a exactement dix ans, en août 2007, pendant la présidence de Sarkozy, je notais ce qui suit sur une page de ce site :

« Exactions – En cette fin de période estivale, le respect des procédures par les préfectures et la police semble abandonné lorsqu’il s’agit des étrangers en situation irrégulière. De même que le respect des principes les plus élémentaires des droits de l'homme, en particulier des enfants. Ainsi, des familles sont écartelées, les membres français restant en France tandis que les membres étrangers sont expulsés, ou bien on place une femme en rétention et l’on confie son enfant de deux ans à l’Assistance. Etc. Où le ministre compte-t-il s'arrêter ? Que compte-t-il demander de plus à la police en matière d'exactions ? » 

Où l’on voit que ni Hollande ni Macron n’ont rien changé en ce domaine.

 

Du 14 au 20 août           

 

Courriel

Je viens de m’apercevoir que le lien qui est censé vous diriger vers un éventuel courriel destiné à mon adresse était faux. Je l’ai corrigé, on peut donc passer directement, désormais, de la page Index (Pour me joindre : jean.alexandre2@orange.fr) à un courriel portant mon adresse exacte.

 

Barcelone

Accablement. On se dit que l’ennemi, ce qui tue, c’est la haine, la vengeance, la violence, le fanatisme, toutes ces saletés. On oublie le plus dangereux, l’éternel détraqué au front bas, qui n’a pas de limite, que l’on ne détruit pas et qui, hélas, résume tout cela… L’insondable connerie.

 

Ne pas confondre

Il y a évangélicaux et évangélicaux : il y a ceux qui halètent de plaisir dès que Trump, prout ! se permet l’incongruité d’un touite raciste, et il y a les disciples de Martin Luther King, ceux qui sont évangéliques.

 

Tentation

J’ai tenu le coup, je suis fier de moi, hier je n’ai pas écrit un seul mot sur la Sainte Vierge. 

 

Sagesse

Je commence à comprendre quelle est la raison véritable du Brexit : la reine ne gouverne pas, la première ministre prend un mois de vacances, le ministre chargé des relations avec l’Union européenne ne travaille que trois jours par semaine… En fait, si les Britanniques quittent cette Union c’est parce qu’on y travaille trop !

 

Judicieux

Pour rabattre le caquet de Maduro, Trump fait mine de vouloir s’en prendre militairement au Venezuela… Conséquence immédiate, les Vénézuéliens, tout désunis qu’ils soient, se rassemblent autour de Maduro, ainsi ragaillardi. Bravo !

 

Discrétion

Je tiens à faire remarquer que, ce jour, je n’écris pas un mot sur la Sainte Vierge.

 

Déception

Ce matin, mon serveur me propose des infos sur la sexualité de Karl Lagerfeld. Je suis tenté mais renonce finalement : il n’y a même pas de photos.

 

Touites

Grâce à ce que Trump a touité à propos des manifs racistes de Charlottesville, on constate ce que l’on savait déjà : Les États-Unis d’Amérique sont gouvernés par un type d’extrême droite qui représente ce que ce pays comprend de plus bas. C’est pas gai.

 

Record

Si l’équipe féminine de rugby australienne n’est pas de même force que l’équipe masculine, néanmoins elle tient habituellement la route, si bien que tout de même, battre l’Australie 48 à 0, ce n’est pas rien pour les filles de l’équipe de France ! 

 

Et alors ?

M. et Mme Macron sont en vacances à Marseille. On nous le dit, on nous le redit. Or je m’en bats l’œil.

 

Du 7 au 13 août               

 

Circulation de la matière

Qu’il s’agisse de la Corée du Nord ou du Venezuela, Trump fait tout pour envenimer les choses. Ce type n’existe qu’en semant la merde. Or l’histoire nous apprend qu’elle finit souvent par retomber en pluie sur la tête du semeur.

 

Temps de pluie

« Dites donc, les enfants, à 16h15, vous me laissez la télé, c’est l’heure de Des chiffres et des lettres ! »

Regards interrogateurs.

« Vous ne connaissez pas ? C’est une des émissions les plus anciennes de la télé… »

Nina, intéressée : « Elle est en noir et blanc ? »

 

Première Dame

En fait, ce qui m’agace, c’est juste l’expression Première Dame. C’est bon pour les Amerlocs, qui n’ont pas connu la royauté, mais pour nous, ça fait un peu trop Cour de Versailles.

Quant à l’épouse du Président, j’espère bien qu’on va lui rembourser ses frais, pauv’ femme !

 

Chantez !

Ce que disent les opposants de gauche, insoumis ou socialistes, face aux dispositions gouvernementales prises ou promises me convient plutôt bien. Je regrette simplement qu’il s’agisse de paroles sans effet puisque Macron détient tous les pouvoirs légaux. Et je n’oublie pas que c’est leur obstination dans la désunion qui a amené Macron au pouvoir… Je ne prends donc plus aucun d’eux au sérieux, et quand ils parlent, je leur réponds in petto, à la façon de ma grand’mère : « Chante, Fifi ! »

 

Opération Sentinelle

L’impact réel sur les actions terroristes de la présence de soldats armés dans les rues me paraît quasi nul. Le type qui veut vraiment se payer une foule y parvient de toute façon, sans besoin d’arme à feu. Il lui suffit d’observer le mouvement des patrouilles. Or innombrables sont les populeux marchés ruraux, par exemple, qui ne voient jamais passer un bidasse.

Mais où que ce soit, c’est souvent la présence d’esprit et l’audace de simples passants qui va jouer ou non un rôle. Une large formation de la population à la protection civile pourrait pallier la disparition locale des patrouilles armées.

Bref, cette opération coûte cher et n’évite pas grand chose, elle consiste surtout à transformer nos soldats en cibles privilégiées. Ils seraient plus utiles ailleurs.

 

Bougies

Cinquante-sept ans de mariage fêtés aujourd’hui. Un moyen comme un autre, avec l’union libre, d’éviter à la République d’assumer le coût de divorces et de remariages. Dans trois ans, inch Allah ! ça va être une fête du tonnerre de Dieu.

 

Conseils

Il y a juste dix ans, les Anglo-saxons, ultra-libéraux, nous cassaient la baraque, à nous Français, à l’aide de la plus grande crise financière connue depuis des décennies. Depuis, ils nous donnent des leçons d’économie…

Depuis des années, les penseurs patentés adeptes du modèle allemand cherchent à nous amener à casser le système qui fait tenir notre pays depuis des siècles. Résultat, il y a plus de pauvres en Allemagne qu’en France… 

Moralité : prenons modèle sur ce qui marche chez eux mais gardons à l’esprit notre sens proverbial de la mesure.

 

Bateau fantôme

Affrété par le groupe d'extrême droite "Génération identitaire", un navire transportant des militants européens de cette tendance a pour mission de repousser les embarcations de migrants vers l'Afrique afin de les empêcher de rejoindre les côtes européennes. Ne pourrait-on pas l’empêcher lui aussi de rejoindre ces mêmes côtes ? Genre Hollandais volant…

 

Du premier au 6 août            

 

Première dame

On avait déjà une première Femme, Ève d’Éden, une première Dame, Marie de Nazareth, une première Pucelle, Jeanne d’Arc, une première Favorite, Diane de Poitiers, une première Tante, Yvonne de Gaulle, voilà qu’on veut nous coller en plus la mère Brigitte ! C’est trop, moi j’dis.

 

Vedette

Pour moi qui suis fan du vrai foute, celui que pratiquent les petits clubs locaux, le prénom de Neymar est Jean.

 

Colbert for ever !

Et pourquoi ne les nationaliserait-on pas, les chantiers navals ? L’idée en offusque certains ? Un pays colbertiste depuis trois cents et quelques années reste colbertiste. L’État est sa colonne vertébrale. Il ne sert à rien de lui appliquer des emplâtres néo-libéraux sur sa jambe de bois. Progressiste ou non, un gouvernement qui ne comprendrait pas cela est promis à l’échec.

 

Quoi qu’a dit ?

La grammaire serait la mère de la civilisation, selon Alexandre Vialatte, l’auteur de Fred et Bérénice. Dans ce cas, à écouter nos nouveaux députés, et plus généralement notre personnel politique, nous sommes loin du compte ! France, mère des arts, des armes et des lois (du Bellay), tu donnes ta langue aux chats.

 

Logique !

Au lieu de nationaliser l’entreprise de construction navale qu’on sait pour éviter que les Italiens ne s’en emparent totalement, il y aurait mieux à faire : réunir la France et l’Italie en une unique république fédérale. Cela ferait avancer le schmichimmilbilblick dans bien des domaines.

 

Économies

Le gouvernement racle les fonds de tiroir pour finir l’année (et la gestion de Hollande) dans les clous. Bon… Ce ne sont pas forcément nos clous, en fait, mais il avait prévenu, on va se mettre dans les clous définis par l’Union européenne, France comprise, depuis longtemps. Re-bon… Mais ce qui sera décisif, c’est l’élaboration du budget 2018, première année de la politique Macron. C’est là qu’on va voir ce qu’il a vraiment dans le ventre, le jeune homme. La politique autrement, qu’il a dit, ne l’oublions pas !

 

 

Du 24 au 31 juillet             

 

Vive la France !

Heureux pays que celui où la mort d’une actrice fait l’essentiel du Journal télévisé !

Bon voyage, Mam’zelle Jeanne !

 

Vision d’avenir ?

On nous le dit, on nous le répète, nous manquons d’enseignants, de policiers, de soldats, de médecins, d’infirmiers, etc. C’est d’ailleurs pourquoi il nous faut diminuer le nombre de nos fonctionnaires. Une solution, le privé : école privée, armée privée, police privée, hôpital privé, etc. Tout cela existe déjà, pourquoi ne pas l’étendre ? Et pourquoi payer l’impôt si l’on peut payer le privé ?

 

Phénix

Question : ces gens, là, qui gagnent comme l’Aga Khan alors qu’ils sont juste, chacun, un produit bien adapté au système, est-ce qu’ils croient réellement leurs compétences introuvables ailleurs que chez eux ? Si oui : pimpon, pimpon ! 

 

Sans vergogne

Le problème, avec les stock-options de Pénicaux comme avec tant d’autres rétributions outrancières, ce n’est pas l’illégalité, c’est légal ; ce n’est pas l’immoralité, c’est conforme à la morale de l’argent… Non, c’est l’indécence. Quand ceux qui devraient avoir honte n’ont pas honte.

 

Rabot

L’APL ? Les étudiants sont de mauvaise foi : cinq euros par mois, soixante euros par an, une misère, qui ne les a pas ? Ainsi se disent ceux qui les ont. Ceux qui n’ont jamais fini le mois en mangeant des nouilles aux nouilles.

 

Dénégation

Ce qui précède me rappelle comment mes camarades de la Fac de théologie ne voulaient absolument pas croire ce que je disais des conditions de vie que j’avais connues étant enfant. 

 

Lecture

Si l’on cessait de lire les Écritures bibliques de façon individualiste, psychologisante et moralisante, on verrait que les prophètes s’y adressent au peuple tout entier d’une façon tout à fait réaliste.

Du genre : s’il y a chez vous des feux de forêt de plus en plus fréquents, ou des inondations prévisibles, ou des pics de pollution à l’ozone, etc., c’est que vous avez rompu le lien avec le monde qui vous était donné.

Et si cela est arrivé, ajoutent-ils, c’est parce que vous avez rompu d’abord le lien de solidarité entre vous. Un point de vue à méditer.

Là-dessus, les prophètes, plus ou moins convaincus, ont tendance à dire que cela peut encore se rattraper grâce à un complet retournement des pratiques collectives… « Choisissez la vie », qu’ils disent… Et c’est vrai qu’on n’a jamais vraiment essayé !

Et Dieu dans tout ça ? demandera-t-on. Eh bien il a fourni le cadre et défini très clairement les règles dès le départ. Ensuite il a envoyé des prophètes…

 

Dunkerque, le film

L’épisode de Dunkerque, en juin 40, a été pour nombre de Français, avec celui de Mers-el-Kébir, l’un des signaux forts, largement instrumentalisés par Vichy, qui les ont empêché longtemps de rallier la Résistance de type gaulliste, fixée à Londres. Il semble que le film qui vient de sortir n’aide pas à comprendre pourquoi puisqu’il laisse dans l’ombre, paraît-il, le fait que les Britanniques ont certes accompli un exploit en rapatriant trois cent cinquante mille soldats alliés encerclés, le dos à la mer sous le feu de l’ennemi… mais ont sacrifié en les laissant sur place près de quarante mille soldats français destinés à les couvrir.

 

Provocations

On peut se demander si le gouvernement israélien ne fait pas tout pour entretenir un climat de violence afin d’empêcher la tenue de négociations sérieuses sur la question d’un État palestinien. C’est en tout cas ce qui se passe depuis des années.

 

Mauvaises têtes ?

Chez les partisans de Macron, c’est déjà la bisbille à propos des statuts de leur nouveau parti. Certains n’avaient pas compris qu’ils étaient là pour dire Oui, ils voudraient argumenter.

 

Du 17 au 23 juillet             

 

Minus

À noter que le spécialiste des sports de BFMTV n’a pas encore dit un mot du Championnat d’Europe de foute féminin. C’est que les matches sont diffusés par France 2. Ces gens sont petits, petits…

 

Carte forcée

L’ennui, avec Macron, c’est qu’il a tous les pouvoirs en main et que les autres n’ont pas grand chose à lui opposer, à part râler. Du coup, comme il est là pour cinq ans, on est quand même un peu obligé d’espérer sa réussite.

 

Gluten

Qu’est-ce que j’apprends ! L’hostie sans gluten ne permet pas la transsubstantiation ! C’est pas moi qui le dis, c’est l’Église catholique.  

Donc, selon elle, le corps du Christ, dépourvu de levain comme on le voit dans l’hostie, comportait du gluten. À la place ? 

Ce qui m’inquiète, en bon luthérien, c’est que cela peut vouloir dire qu’une telle hostie ne permet pas non plus la consubstantiation.

Plus sérieusement : il y a donc des gens qui s’intéressent mordicus à ce genre de questions…

 

Autre difficulté 

Pour la coupe d’Europe de foute, l’équipe de France féminine, qui a péniblement battu les Islandaises (1-0), fait seulement jeu égal avec les Autrichiennes (1-1)… ça sent le gluten !

 

Protestantisme

Ce que prêchent nombre d’Églises évangélicales est à peu près ce que prêchaient les Églises protestantes dites historiques il y a quelques dizaines d’années. Il semble qu’elles n’aient pas eu à répondre entre temps aux mêmes défis que ces dernières, face aux bouleversements de nos sociétés, ou qu’elles aient refusé d’y répondre.

En tout cas, elles continuent à lire la Bible de la même manière. C’est ainsi qu’elles prêchent l’Évangile. C’est leur force, du moins si la réussite d’une Église se compte en nombre d’adeptes convertis. Elles rassurent une population désorientée, ce qui est beaucoup.

Face à cela, les Églises que l’on appelle luthéro-réformées semblent avoir confusément accepté de souffrir au long d’une période qui s’apparente à un nouveau "désert". Elles y sont en travail, au double sens d’un accouchement et d’un effort laborieux. Cela les amaigrit.

Ce travail consiste en tentatives pour lire les Écritures autrement, en écho au nouvel imaginaire d’un monde dont elles acceptent de faire partie. Elles tâtonnent et expérimentent et il est juste, à mon sens, de dire qu’elles n’ont pas abouti. C’est que se vouloir à la fois élève de Bonhoeffer, de Tillich et de Ricœur n’est pas simple.

Mais, tout aussi évangéliques que les premières, quoique autrement, elles ne lâchent pas la rampe. Il ne leur manque après tout qu’un Luther de ce temps.

 

Qui risque quoi ?

Le général de Villiers démissionne… Quelle chance il a ! Lorsque j’étais soldat, j’aurais aimé pouvoir le faire lorsqu’un adjudant nous humiliait… Au moindre mot, pour nous c’était huit jours au trou, ce de Villiers s’en tire bien.

C’était l’époque où "un quarteron de généraux" nous engageait à la désobéissance à l’égard du Président de la République. Sont tous morts dans leur lit, comme quoi la rébellion est moins dangereuse que la guerre.  

 

Rafle 2017

Je dois dire que le discours de Macron m’a plu, voire ému. Le seul point sur lequel j’ai un désaccord, c’est quand il affirme que l’anti-sionisme est un antisémitisme. Pour ma part, je soutiens l’existence de l’État d’Israël mais j’aurais préféré qu’il n’ait pas été créé en tant qu’État juif. Pourquoi serais-je laïc ici et pas là-bas ?

 

Du 10 au 16 juillet 

 

Rafle 1942

16 juillet 1942, 76 rue d’Avron, Paris 20e. Ce jour-là, ma mère enlevait deux enfants juifs à la barbe des flics français. « Ceux-là, au moins, ils les ont pas eus », disait-elle bien plus tard.

 

Tic

Le pape aurait l’idée de béatifier Blaise Pascal ? Cette manie des cathos de constituer des palmarès…

 

Piquant

Au cours de leur visite à Notre-Dame, les deux « premières dames », Brigitte Macron et Melania Trump, ont vénéré la couronne d’épine, a déclaré Mgr Chauvet. J’espère qu’elle est traitée, passée aux pesticides et tout, on ne sait jamais, avec ces souvenirs de voyage.

 

Temps mort !

Deux réflexions de suite qui critiquent les cathos, ça va devenir malveillant… Faut que je me contrôle !

 

Jeu de go ?

À la réflexion, je ne trouve pas nécessairement idiot ou malvenu les invitations faites par Macron à Poutine, Trump ou Netanyahou. Tout dépend de l’intention : si c’est une méthode destinée à se placer dans le cadre de grandes discussions à venir, c’est peut-être pas si bête… À condition d’avoir des choses intelligentes à y dire, évidemment !

 

Au trou !

Le général de Villiers, chef d’État-Major des Armées, se fait ramasser pour avoir discuté les ordres… Humilié, qu’il est, le zig. Mon souvenir de la Grande Muette, c’est que le soldat qui regimbait écopait au mieux d’une corvée de chiottes, au pire de huit jours au trou. S’il insistait c’était le falot (tribunal militaire). Aucun supérieur n’a jamais pensé humilier ses troufions en agissant ainsi. « La discipline faisant la force principale des armées… »

 

Temps mort !

Deux réflexions de suite qui donnent le beau rôle à Macron, ça va devenir suspect… Faut que je me contrôle !

 

Revue du 14 juillet

Les troupes des États-Unis ont rejoint la France en guerre en 1917, soit trois ans après le début des hostilités. Pareil en 1942. Du coup, on aurait pu n’inviter Trump que dans trois ans… D’ici là, il aurait peut-être été destitué (impeachment)…

 

Chiennerie

À propos de la Première Guerre mondiale : "Debout les morts !" était jusqu’à maintenant la devise du 3ème Régiment d’Infanterie de Marine. L’Infanterie coloniale, à l’époque.

À propos du massacre de l’an dernier à Nice : il semble que Paris-Match ait repris cette devise à son compte en exploitant à fond son stock de photos morbides. La nécrophilie rapporte.

 

Notre Père

Dieu peut vouloir nous mettre à l’épreuve, c’est ce que dit le texte du Notre Père, que cela plaise ou non. Votre nouvelle prière veut le lui interdire ? Laissez-moi rigoler...

 

Pas d’accord !

Que Netanyahou ait été invité à participer aux cérémonies du souvenir de la Rafle du Vel’ d’Hiv’ en tant que chef d’État israélien n’a rien d’évident, pour plusieurs raisons.

D’abord, le président élu de l’État d’Israël s’appelle Reuven Rivlin, c’est à lui que la constitution de son pays confère la charge de le représenter, le premier ministre Netanyahou exerçant quant à lui une charge politique.

Ensuite, Netanyahou a la fâcheuse habitude de se mêler des affaires des autres ; par exemple en appelant les Juifs français à émigrer.

Enfin, plus généralement, en ce que cette présence donne à penser aux Juifs français et à bien d’autres que l’État d’Israël n’est pas vraiment un pays étranger, ce que j’estime dangereux.

En ce domaine, on a besoin d’une extrême précision dans le statut de chacun. Or en France, Israël est un pays étranger, serait-il (ou non) un pays ami, et nombre de personnes auraient-elles de fortes et pertinentes raisons de lui porter un intérêt particulier.

 

Tout ça pour ça

Le G20 à Hambourg, deux violences et deux désordres qui se répondent, ceux des princes de droit, contraints à bricoler à force de rustines, et ceux des princes gauchers, amenés à casser pour refuser la casse. Quand chacun danse, éperdu, sur un monde de braise.

 

Du 1er au 9 juillet  

 

Racines

Les graines qui se disséminent ou qui se récoltent proviennent d’une bonne terre dans laquelle une graine est morte, d’abord disséminée. Nos racines viennent du ciel.

 

Aboutie

Regardé l’émission de Présence protestante présentée par Marion Muller-Colard, ce matin à la télé, cela s’appelle 2017 après Jésus-Christ. Je l’ai trouvée particulièrement aboutie, justement parce qu’elle ne se veut pas aboutie, qu’elle ouvre à des paroles, des regards, des échanges, des images. Avec elle, l’évangile est juste là, on se passe du sérieux obligé, savant ou pieux, aussi est-on sérieux légèrement. 

 

Caméra

Un évangile, c’est construit comme un téléfilm. Ou inversement, car notre sens actuel du récit vient de là. Certains récits évangéliques, comme celle de la rencontre d’une femme cananéenne avec Jésus, pourraient inspirer directement le réalisateur de l’épisode d’une série.

Avec ces questions que nous ne nous posons pas assez. Par exemple, où placer la caméra ? L’évangile fait de cette femme, évidemment voilée, une anonyme en demande vitale : si tu filmes le maître spirituel juif, tu dis une chose, si tu préfères la femme, tu en dis une autre. De même si tu filmes en plongée ou en contre-plongée.

Demande-toi la raison de tes choix. 

 

Fonctionnaires…

Moins de fonctionnaires et pourtant plus de policiers, de gardiens de prison, de militaires, d’enseignants, de juges, etc., ça vous paraît logique ? Oui, à condition que la plus grande partie possible de cela soit repris par le privé… 

Or ce sont les mêmes qui payent. Questions, donc :

1. Est-on assuré que le privé revient mon cher que le public à celui ou celle qui paye ?

2. À conditions égales, est-on assuré que le service rendu par le privé est plus satisfaisant pour celui qui paye que le service rendu par le public ?

3. Celui qui paye est-il assuré que la situation des agents du privé qui lui rendent service est globalement aussi ou plus acceptable que celle des agents du public ?

 

Comparaison

Je note que certaines personnes trouvent tout naturel que leur animal de compagnie soit bien traité mais ne pensent pas que cela soit tout aussi naturel lorsqu’il s’agit de la personne humaine qui leur livre leur pizza.

 

Pourquoi ?

Question récurrente : peut-on dire que Dieu existe alors qu’on rencontre tant de malheurs dans ce monde ? Est-il consentant ? Existe-t-il ? Et s’il existe, d’où vient le mal ?

Les Évangiles ne donnent aucune information quant à l’origine du mal, ils parlent de sa finalité. Ils sont avant tout concernés, en effet, par ce qui vient et ce que l’on fait pour tourner en bien ce qui vient. Pour quoi un aveugle-né, par exemple ? C’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées, répond le Christ. Bref, le mal existe et Dieu est contre.

 

Bénévoles

Un groupe de migrants – des hommes célibataires – doit arriver dans quelques jours au bourg voisin, envoyé par les Pouvoirs publics avec l’accord et l’appui technique de la municipalité. Il sera installé dans une ancienne gendarmerie qu’il a fallu nettoyer, réparer, meubler, réaménager, équiper. Travail de bénévoles tout animés par cette aventure : accueillir l’autre. Et que de questions à poser, que de problèmes à résoudre ! On s’y colle. C’est la fraternité quand elle a des mains.

Il y a plus de sagesse dans la solidarité qui s’exerce en pratique, ici ou là, entre les gens que dans les politiques mises en œuvre à partir de l’idée abstraite d’un territoire national ou européen à préserver.

Or le nouveau gouvernement n’a pas plus compris que l’ancien à quel point la vaste migration actuelle demande à être pensée. Il lui réplique au jour le jour, au coup par coup, appliquant mécaniquement les règles hors sol venues des temps d’avant. D’avant le monde qui existe, celui qui ne connaît plus de frontières qui vaillent, mais des confins où se recouvrent de grandes aires humaines en mouvement.

 

Flux

Une idée qu’elle est bonne : pour endiguer "le flux des migrants" vers l’Europe, il s’agirait de les maintenir en Libye… Là où ils sont traités en esclaves, bestiaux que l’on tabasse, viole, vend et achète, escroque ou tue. Mais après tout, un flux c’est d’abord un écoulement de matière en mouvement.

 

Des femmes !

Je n’ai rien contre l’entrée au Panthéon de Simone Veil, que beaucoup réclament. D’autant que ça manque de femmes, là-dedans. Mais, d’accord avec quelques amis, je trouverais plus significatif que l’on y fasse entrer d’abord Simone Weil. On y mettrais aussi Louise Michel que je serais comblé.

 

 

Du 26 au 30 juin             

 

Arrivé

Ouf ! ça y est, j’ai quatre-vingts ans. Depuis le temps que j’attendais ça… À partir de demain, je suis vieux. Peinard !

 

J’aime bien ma factrice

Faut-il payer les facteurs pour qu’ils fassent des visites aux personnes isolées ? Certains s’en offusquent, ils y voient la marchandisation du lien interpersonnel. Certes, mais alors, qu’ils mettent aussi en cause toute l’urbanisation actuelle.

Chez moi, quand la factrice (facteuse ?) passe à la grille du jardin, tous les jours ouvrables en fin de matinée, si je suis par là nous échangeons un sourire et quelques mots ; si besoin est, elle me vend des timbres ou des enveloppes, et en mon absence, elle prend le courrier partant dans ma boite aux lettres ; s’il arrive un colis trop grand, elle vient le déposer à la porte de la cuisine. Nul besoin de la rétribuer pour cela. C’est que j’habite dans un hameau où seules trois maisons sont habitées.

En revanche, quand je vivais dans une cité de la région parisienne, je ne connaissais ni facteur ni factrice (facteuse ?). Il aurait pu être utile, alors, que ces personnes soient rétribuées pour faire visite à quelque personne âgée solitaire. J’entends encore une vieille paroissienne, qui habitait un immeuble parisien, me dire que ses voisins de palier n’apprendraient sa mort que par l’odeur…

 

Principes

Suis toujours pas d’accord avec l’idée selon laquelle, pour combattre Daéch en Syrie, il faudrait faire ami-ami avec Poutine… donc, même provisoirement, avec Assad. À long terme, les intérêts de la France coïncident avec ceux des démocrates arabes où qu’ils se trouvent et quelle que soit la situation qu’ils connaissent aujourd’hui. Il faut donner sa chance à l’avenir. Quand la conjoncture est embrouillée, le mieux est toujours de respecter ses propres principes. En effet, comme l’écrivait Edgar Morin, « à force de sacrifier l’essentiel pour l’urgent, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. »

 

Du 19 au 25 juin 

 

Célébrer

Regardé le culte à la télé ce matin. Église Hillsong, ça s’appelle. C’est la bonne vieille spiritualité évangélique, celle que j’ai connue à l’Armée du Salut dans les années cinquante.

Même usage, aussi, de la mise en scène et du chant émouvants. Ce qui change, c’est le style de musique et les moyens techniques.

Rien à dire : il est bon de se tourner vers Dieu, de célébrer le Christ et d’inviter les autres à le faire. Ce qui pose question c’est la suite : tu es libéré pour quoi faire ? Pas un mot là-dessus ce matin mais le but semblait être de poser les conditions d’un bien-être personnel.

Là encore, c’est bon, au moins pour les ados, mais l’Armée du Salut, elle, t’envoyait œuvrer en plus pour les pauvres.

Allant plus loin, un esprit malin me pousse à demander pourquoi ces sortes d’Églises proposent habituellement une morale d’injonction. Ma réponse habituelle : elles lisent mal la Bible.

 

Sélection

Ce matin, lors du culte télévisé, quand la pasteure pense dire "ce que dit la Bible", elle dit en fait ce qu’elle pense elle-même à partir de la sélection qu’elle a faite de certains versets tirés de leur contexte. Bref, elle communique sa spiritualité et celle de son Église. Mon expérience en tant que bibliste et missionnaire m’a permis de constater que chaque Église fonctionne théologiquement à partir d’un choix de textes privilégiés qui répondent au type de questions existentielles qui sont propres à cette Église.

 

Arrachement ?

Quand Rousseau écrivait que « l’homme s’arrache à la nature pour rentrer dans l’histoire »* il se plantait gravement, et nous avec, car là se trouve l’une des racines conceptuelles de notre drame écologique actuel. L’humain opposé par construction à la nature.

En fait, l’humain fait tout bêtement partie du monde, non de ce que Rousseau appelait de façon mythique la nature, c’est-à-dire un état antérieur à toute pensée réflexive.

L’humain est l’élément du monde qui se met à penser politiquement. Il est le monde quand celui-ci pense politiquement. Là où existent des pulsions, des forces, des intérêts, que sais-je encore ? désormais il les pense.

Avec l’humain, le monde devient politique sans qu’il y ait nécessairement là un arrachement. Ce que l’on y trouve, de façon bien plus complexe, ce sont des conflits autant que des solidarités car le monde est désormais comparable à une immense cité.

Si les maux du monde s’en trouvent largement démultipliés, les bonheurs potentiels le sont aussi. Dans cette configuration, en effet, nul n’est obligé de mal penser politiquement, de penser exploitation au lieu de penser cogestion des équilibres et des déséquilibres. 

* Dans Le discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes.

 

Genèse

On a depuis longtemps repéré que la pensée selon laquelle l’homme est un animal dé-naturé est un décalque profane du récit biblique du Jardin d’Éden. Nature idéale et rupture. Paradis perdu et péché originel.

Ce rapprochement n’étonnera pas trop si l’on ôte de sa pensée la peinture que la chrétienté a fait de ce récit. On y voit alors une réponse, située et datée, à cette question propre à l’humain : pourquoi n’ai-je pas de niche écologique bien à moi (Genèse 4.14) ?

« Car les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel des nids, mais le fils de l’humain n’a pas où reposer sa tête » (Matthieu 8.20).

La réponse est plus pertinente que celle qu’aurait donnée Rousseau : c’est parce que ta niche écologique est le monde entier, dans lequel tu peux te sentir, ou errant, ou voyageur (Genèse 4.14).

Tu es le monde entier quand il pense et se pense, tu portes en toi la connaissance des bonheurs et des malheurs du monde entier (Genèse 2.9), ceci où que tu ailles, ceci jusqu’à la fin, que tu sais inéluctable (Genèse 2.17).

Et ceci, plus directement pratique et tellement évident : si tu fais les bons choix, la croissance ne viendra-t-elle pas ? Mais si tu fais les mauvais choix, l’échec se presse à ta porte (Genèse 4.7) !

 

Sagesse

Même prolétarien, un excès reste un excès, c’est pourquoi je dédie cette pensée de l’écrivain québécois André Langevin à l’Insoumis François Ruffin : « Les galériens n’aiment pas ceux qui prennent les rames sans y être forcés. »

 

La tête haute

Si je le publie ici, ce n’est pas pour me mettre en avant mais par simple désir de me montrer bon citoyen, ceci toutefois dans un esprit de modestie républicaine. Bref, je l’écris parce que c’est vrai : j’ai déjà vu un contrat de travail.

 

Ouf

Bon, ça, c’est fait. Nous avons un président, un gouvernement, un parlement. Contents ou pas, nous allons souffler un peu. Ensuite tout va reprendre du côté de la politique... dont il ne faut pas surestimer la pertinence quant à la qualité de la vie. Avec cette ironie de l’histoire : à peine Hollande parti, le chômage baisse… Il a vraiment la scoumoune !

 

Du 12 au 18 juin

 

Et toc !

Ceci dit, Delphine Batho, quoique bretonne, a été largement élue par les Poitevins, rien n’est jamais écrit.

 

Requette

Quelqu’un pourrait-il baisser le chauffage ?

 

Se couler

On voit apparaître ici ou là, en particulier chez Onfray mais pas seulement, l’idée selon laquelle Jésus de Nazareth, qu’il ait existé ou non par ailleurs, est une pure figure littéraire qui rassemble des thèmes tirés de la Bible hébraïque.

C’est une façon de retourner ce qui est écrit dans le Nouveau Testament, à savoir qu’il accomplit les Écritures. Pour ma part, je pense depuis longtemps que Jésus lui-même a volontairement coulé sa vie dans celle de certaines figures centrales du Premier Testament.

Je vois d’ailleurs ceci comme une absolutisation de ce qui arrive à tout croyant. C’est pour moi une expérience personnelle qui n’a rien de particulier : la foi biblique, foi de nature existentielle, ne consiste pas d’abord à se fonder sur des déclarations mais à se couler soi-même dans le récit de la grande parabole que constituent les Écritures.

C’est le propre de ce genre littéraire qu’est la parabole d’inviter son lecteur à devenir l’un de ses acteurs. Je m’en suis expliqué dans le premier chapitre de Retour sur la Bible (éd. Théolib).

Jésus a porté cela à son comble.

 

Durée

Cela fait maintenant douze ans que j’anime ce site. Est-il bien raisonnable de continuer, je me le demande.

 

Petitesses

J’ai toujours soutenu Ségolène Royal quand elle était députée de notre circonscription poitevine puis candidate à la présidence de la République, mais aujourd’hui je ne la suis pas du tout, je regrette qu’elle ait décidé d’appeler à voter pour la candidate d’En marche ! La candidate socialiste Delphine Batho, ancienne ministre de l’écologie, certes ex-frondeuse mais surtout fâchée avec elle, méritait mieux que cette petitesse.

Je ne suis pas non plus en accord avec Benoît Hamon, qui soutient la candidate de La France insoumise présentée contre Manuel Valls. Il n’était pas obligé de s’exprimer sur ce sujet. Aider les gens qui n’ont d’autre but que de démolir ton parti, c’est certes très chrétien mais il ne me semble pas que Hamon soit féru de caté. Là, il marche plutôt à la vengeancette. 

 

À voir

Un tsunami a deux effets. D’abord il détruit tout l’existant. Ensuite il se retire, ses eaux se dispersant, et il faut tout reconstruire. Quand il reste sur place, c’est qu’il ne s’agit pas d’un tsunami mais d’une nouvelle géographie. Wait and see.

 

Du 5 au 11 juin

 

Synode

Les délégués qui sont de retour du synode national de l’Église protestante unie semblent unanimes : ils sont heureux de l’avoir vécu et satisfaits de ce qu’ils ont décidé. Un déclaration de foi a été adoptée, une présidente a été élue. Bref, ça baigne. J’en suis content, c’est sûr, même si, l’âge aidant sans doute, je me sens un peu étranger à tout cela, un peu ailleurs.

 

Effet de souffle

La presse fait son boulot, les fautes des élus et des candidats favorables à Macron sont mises au jour, tout le monde est au courant, et pourtant les sondages demeurent au beau fixe pour lui. C’est qu’à partir d’un fort effet de souffle, de la lancée d’une dynamique en faveur de tel ou tel, rien ne peut plus troubler son avancée. Vers la fin de sa campagne électorale, Trump le disait d’ailleurs lui-même : « Je pourrais descendre un type en pleine rue, les gens voteraient quand même pour moi. » L’inverse est vrai, comme on le voit avec Mélenchon : on a pu capitaliser beaucoup de sympathie sur son nom et sur son programme, rien n’y fait, le vent souffle en sens contraire.

 

Obscur scrutin

Avec les Anglais, on n’est jamais sûr de rien. Surtout quand ils ne savent pas eux-mêmes ce qu’ils veulent. Mais si ça continue, ils vont revenir dans l’Union européenne avant même d’en être sortis. Sale temps, alors, car ils n’y vont, quand ils y vont, que pour l’empêcher de définir un modèle social européen. Frères et sœurs, prions pour qu’ils s’obstinent et s’en tiennent à rester fièrement dehors !

 

Tartuffes ?

On nous dit qu’un ministre ne peut plus se contenter d’être innocent mais qu’il se doit d’être irréprochable et même insoupçonnable (Renaud Dély dans Marianne). Je crains fort cela. C’est que je n’ai envie d’être gouverné, ni par la morale, ni encore moins par les moralisateurs.

 

L’Allemagne paiera ?

Macron a au moins un mérite à mes yeux, celui de vouloir nous mettre une bonne fois dans l’Europe. Cependant, il n’y réussira que si l’Allemagne joue le jeu… Or, pour de nombreuses raisons, cela va lui coûter des sous !

C’est que le jeu consiste à mettre les deux économies et les deux diplomaties sur le même plan afin que l’existence d’un môle franco-allemand assez solide amène d’autres pays à le rejoindre. Faute de quoi l’on reste dans la situation actuelle d’une Union européenne qui se délite.

Or pour parvenir à cela, si la France a de nombreuses réformes à faire (refrain connu), l’Allemagne n’en a pas moins, même si elles sont différentes, voire parfois inverses.

 

Votez En marche !

Le 18 juin, allons-nous fêter la Saint-Uber ? Car le système Macron, c’est ma bouille sur une affiche (voir ci-dessous), mais aussi, si ça se trouve : j’ai du pot, j’ai pu créer mon entreprise, ça s’appelle une start-up, c’est de l’anglais pour dire démarrage. Je dépends d’une plate-forme qui me taxe, je ne bénéficie d’aucun droit, je travaille dix heures par jour et je gagne facilement mes sept cents euros par mois… Encore un peu et je vais avoir autant de chance qu’un Allemand ! Un Allemand pauvre, bien sûr.

 

Civisme

On ne compte plus les candidats aux élections législatives, des milliers et des milliers. Nombre de citoyens pensent ainsi pouvoir offrir leur ego à la République. Les réseaux sociaux ne suffisent plus, je veux ma bouille sur une affiche. 

 

Divorce

L’Arabie saoudite et ses séides, rejoignant ainsi l’Égypte, se séparent du Qatar, qu’ils accusent de soutenir l’État islamique… Plus faux-cul tu meurs.

 

Du 1er au 4 juin  

 

Pentecôte

Où Pierre se fend… et où le Souffle libère les Écritures pour qu’éclose une Parole neuve.

 

Relève

Le jour où il n’y aurait plus au Proche- et au Moyen-Orient aucun chrétien copte, syriaque, arménien, etc., où tous auraient été chassés ou tués, alors, en conséquence de ce martyre, viendrait là-bas le temps des chrétiens évangélicaux, fraîchement convertis de l’islam. Et pour quel gain ?

 

Meute

La presse a vendu tellement de papier, avec profit, au sujet de Ferrand que la Justice se sent obligée de s’en mêler. Du coup, si j’étais lui, je démissionnerais, et si aucun délit ne m’était finalement imputé, avec l’aide du Président je reviendrais, de préférence comme porte-parole du Gouvernement.

 

 

Du 22 au 31 mai   

 

Martyrs

Il ne fait pas bon être chrétien au Proche-Orient, les connards qui s’appellent eux-mêmes martyrs quand ils se suicident dans le but de tuer des gens, ils en font, des martyrs, mais des vrais ceux-là, au nom du Christ.

Il ne fait pas bon non plus, remarquez, être quoi que ce soit. Tenez, au hasard, en Afghanistan : un camion piégé dans le quartier diplomatique de Kaboul, au moins quatre-vingt-dix morts… J’aurais pu aussi bien citer Bagdad, même tabac.

Au nom de Dieu, tout ça, bien sûr. Des fois, je me dis qu’il vaudrait mieux ne pas trop citer son nom, ces temps-ci : on le souille.

 

Synode

Le synode national de l’Église protestante unie de France s’est réuni à Lille pendant ce long week-end de l’Ascension. Entre autres décisions, il a élu un nouveau Conseil national ainsi que sa présidente, la pasteure Emmanuelle Seyboldt, et a publié la Déclaration de foi attendue depuis la création récente de cette Église.

Le texte de cette Déclaration suscitera sans doute nombre de remarques, d’approbations et de critiques, mais pour ma part je n’ai rien à en dire sur le fond, à vrai dire plus par manque d’intérêt que par approbation. J’ai toujours pensé en effet que la véritable déclaration de foi d’une Église devrait être sa liturgie… mais là, dans notre Église, on est loin du compte.

Voici toutefois l’expression d’un regret que l’on jugera sans doute minime, voire maniaque : cette déclaration de foi emploie l’expression « être à l’écoute des textes bibliques ». Or dans un tel contexte, je préfère toujours écritures à textes, ce dernier terme connotant l’étude plus que l’écoute, justement.

C’est que je suis pour qu’on écoute la lecture des Écritures avant de les étudier.

 

Pas confondre

Le problème, avec Fillon, c’était le soupçon de détournement d’argent public rendu possible grâce à son statut de député, il était donc légitime que la presse enquête à ce sujet avec acharnement.

Je suis moins sûr que cet acharnement soit de mise à propos de Ferrand (je précise que je l’écris sans faire intervenir un quelconque intérêt politique car ne voterai pas pour le mouvement En Marche !). Dans le cas de Ferrand, il s’agit en effet d’affaires privées que la Justice estime légales.

On entre alors, à tort ou à raison, dans le domaine de la morale. Eh bien lorsque, de gardienne légitime de la vertu républicaine de nos élus, la presse s’instaure dépositaire d’un label de moralité privée, j’estime qu’on tombe dans le puritanisme. Et dans l’hypocrisie publique qui va avec. 

 

Info

On l’aura bien sûr appris en consultant l’ensemble des grands médias français, avides de s’informer et de nous informer : à Berlin, ce 25 mai, Angela Merkel et Barack Obama fêtent ensemble les cinq cents ans de la Réforme au Kirchentag (Jour de l’Église) des protestants allemands.

 

Amazing

Donald il a fait un beau voyage dans son bel avion, même qu’il a vu un vieux mur en vieilles pierres comme dans l’ancien vieux temps, avec plein de trous dedans, alors il a regardé dans les trous pour voir si y a quéque chose au fond mais non, ben il a dit que c’est pas banal, de voir ça.

 

Précision

En ces temps de méli-mélo, elle est où, vite dit, la gauche ?

Du côté des faibles, pas des puissants.

Du côté des opprimés, pas des oppresseurs.

Du côté des dominés, pas des dominants.

 

Ricanement

Les journalistes français et la religion… Ce matin, j’apprends sur France Inter que le Saint-Sépulcre de Jérusalem est le principal lieu saint de la Chrétienté (Bernard Guetta). Vendredi dernier, en lisant Marianne, j’avais déjà découvert que le presbytérianisme est un sous-produit de l’anglicanisme*… Un de ces jours, on me dirait que les mormons forment la branche la plus stricte du bouddhisme que je ne serais pas étonné de l’entendre !  

* NDLR : le presbytérianisme est en réalité le nom du calvinisme anglo-saxon, que certains anglicans ont repris en partie à leur compte.

 

 Du 15 au 21 mai

 

Boulette

Le philosophe Régis Debray, interviouvé cette semaine dans Marianne, déclare, d’ailleurs pour s’en attrister, que Macron « a épousé son siècle »… C’est exagéré et de toute façon pas très aimable pour Brigitte Macron.

 

Rappel qui n’a rien à voir :

L’exploitation des uns par les autres, qui est à la base du capitalisme, n’est autre que criminelle. Pour le croyant, elle appartient à l’ordre du péché.

 

Et en même temps…

Nouveau gouvernement, tout un programme : l’économie à droite, le régalien plutôt à gauche. Aux "insoumis" le ministère de la parole.  

 

Rappel à contre-temps

« Dieu n’aime que les pécheurs ». Pensée centrale de Luther, dont on parle tant cette année. Tout le reste est en plus.

 

Droite

On nous dit qu’à la suite de la nomination d’Édouard Philippe comme Premier ministre et de la kyrielle de suivistes qui s’est annoncée, la droite est cassée. Bienvenue au club…

 

Nomination

Vu. L’idée, c’est de réaliser très vite les aspects de droite du programme social de Macron, d’où le gars Philippe comme Premier sinistre. Suite de quoi, on beurrera la tartine avec un gouvernement plus à gauche. Et ainsi de suite.

« Père, gardez-vous à droite ! Père, gardez-vous à gauche ! », comme disait le jeune prince Philippe, fils du roi Jean II, dit le Bon, à la bataille de Poitiers (1356 d’après Google). Mention qui, en fait, n’a rien à voir mais qui rappelle utilement, au passage, qu’il faut toujours se méfier des Anglais.

Du coup, je sens que je vais retourner à la vieille maison – je l’avais quittée fâché – et voter pour Delphine Batho, la candidate PS écolo de ma… circonspection. Le genre certes frondeuse, mais sérieuse.

 

Jeunesse

Depuis hier, quand il a pris la parole, une palanquée de PTI (personnes très importantes) ont pris un gros coup de vieux. Même celles d’entre eux qui pourraient passer pour jeunes. C’est important, d’être jeune. Surtout dans sa tête.

Je parle d’Edgar Morin, bien entendu : jeune étourdi que je suis, j’avais oublié de le préciser.

 

Du 8 au 14 mai 

 

Trop bizarre

Sur France 2, ce matin, l’émission protestante a fait très fort : le pasteur a remonté les Champs-Élysées sur un half-track. 

 

Interreligieux

J’y comprends rien : le Pape au Portugal, c’était grâce à un coup de la main de Fátima ?

 

Hombre !

Selon ses dires, Mélenchon n’a donc en réalité qu’un seul adversaire dans le cadre des prochaines élections législatives : le Parti socialiste. Il a déjà vassalisé ou laminé le Parti communiste. Tout ce qui n’est pas, à gauche, France insoumise est donc selon lui à pulvériser, il vise l’hégémonie.

Telle est selon lui la condition qui permettrait l’arrivée à terme d’un gouvernement qui mène une vraie politique de gauche.

Or l’hégémonie à gauche, Mitterrand l’avait réalisée avant lui avec succès… pour en revenir au bout de deux ans à la politique précédente, celle des centristes pro-européens… Genre Macron.

Il est vrai que, ceci expliquant sans doute cela, Mitterrand n’avait pas la fibre zapatiste.

 

Déni

Tant qu’on agira selon le principe suivant lequel la France est un grand pays qui n’a de leçon à recevoir de personne, ou qu’elle est la tête pensante malheureusement mal aimée de l’Europe, ou quelque autre sornette de cet acabit, on fera le malheur de ses citoyens les moins bien lotis. Quand on se ment sur soi-même, on fait les mauvais choix.

La réalité, c’est que la France participe aux choix faits par l’ensemble des États membres de L’Union européenne en fonction de son poids relatif et de son positionnement politique propre. Ce dernier fait d’elle, suivant la question considérée, un élément majoritaire ou un élément minoritaire. La politique européenne est le résultat de ces pondérations.

Aussi, tel pays qui pèse lourd, qui propose les choix qui conviennent au plus grand nombre ou qui dispose des moyens d’amener les autres pays à le suivre, va se trouver presque toujours du côté majoritaire. Jusqu’à maintenant, les Britanniques et les Allemands, deux poids lourds, ont fort bien joué ce jeu. Les Français pas souvent, parce qu’ils refusaient la règle.   

 

Incorrigibles

Bon, c’est reparti ! On aura le plus souvent deux ou trois candidats de gauche par circonscription, PS, PC et FI, face à Macron. Pourtant, ce n’est pas l’Épiphanie, on ne tire pas les Rois ! Eh bien je crois que c’est ce coup-là que je voterai blanc.

 

Désaccord

À l’heure ou j’écris, je peux dire que je suis content de voir Macron élu mais que je ne voterai pas pour En Marche ! aux législatives. Ceci pour une raison de fond : la logique de son programme ne prend pas en compte les raisons profondes, structurelles, ou plutôt infra-structurelles, de la réalité telle qu’elle est vécue par un très grand nombre. Mon désaccord est de nature philosophique, voire spirituelle. Ceci dit, s’il se trouve qu’aucune autre offre électorale n’est proposée dans les jours qui viennent qui se base sur mes convictions, je voterai pour En Marche !. Par défaut.

 

Souhait

La logique politique de Macron consiste au fond à s’inspirer du mode de fonctionnement politique des pays du Nord de l’Europe, habitués à la possibilité aléatoire d’une coopération relativement paisible entre partis qui n’ont pas les mêmes convictions. Pour un temps, ces partis mettent leurs convictions particulières entre parenthèses afin de contribuer civiquement à un gouvernement de coalition. Mais Macron va plus loin en prétendant les réunir dans un mouvement politique unique. Que deviennent alors les convictions des uns et des autres ? C’est la question.

Par exemple, je tiens quant à moi à ce que soit rappelé, en quelque sorte comme musique de fond, que l’exploitation des uns par les autres, qui est à la base du capitalisme, est un crime devant Dieu et devant les humains. Ce simple rappel ne pourrait figurer dans un accord de fond qui scellerait la constitution du mouvement voulu par Macron car les tenants du capitalisme refuseraient évidemment cela.

C’est pourquoi je souhaite pour la France d’aujourd’hui un gouvernement de coalition basé sur un accord de législature.

 

Du 2 au 7 mai 

 

Je suis content

Je suis content que Macron soit élu. Je ne voterai pas pour En marche ! aux législatives mais je suis content que Macron soit élu.

Et je suis content que Le Pen soit battue. Je l’aurais préférée battue bien plus encore mais bon, c’est déjà ça, je m’attendais à pire.

Et je trouve que ce soir, c’est un soir de fête. Et malgré tout, ce soir c’est de l’espoir, à chacun de s’en emparer pour creuser son sillon.

Et c’est pourquoi je trouve que les politicards qui se sont empressés d’exprimer sur les plateaux de la téloche, les battus de tout poil, qui se sont empressés d’agiter leurs passions tristes, comme disait Spinoza, au lieu de se réjouir ensemble ne serait-ce qu’un soir, au lieu d’attendre ne serait-ce qu’à demain pour se préparer à la campagne qui vient, celle des législatives qui les opposera, oui je trouve qu’ils se sont montrés petits, mesquins, ringards… anciens.

Moi je suis content ce soir que Macron soit élu et Le Pen battue.

 

Préférence

Marine Le Pen se prénomme en réalité Marion de son nom de baptême mais elle a choisi de se faire appeler Marine. C’est bien trouvé, je pense : Marine, ça sonne russe, comme nom.

 

Prédiction ?

On ne se défait pas de la religion, quelle qu’en soit la forme, elle colle à l’espèce humaine. C’est qu’elle se propose, et elle seule, de rassurer, et l’espèce est par nature inquiète, voire apeurée.

Bien sûr, la religion est à distinguer de la foi qui, elle, côtoie l’abîme. La religion contient la foi, mais ceci dans les deux sens du verbe contenir : receler et freiner.

Je pense que le protestantisme évangélical, paradoxalement individualiste mais suffisamment conformiste, est la spiritualité religieuse qui correspond le mieux à l’ère mondialisée du néo-capitalisme.

Elle est faite pour la civilisation du parking de supermarché, dans lequel chacun promène le caddie qui contient ses choix, lesquels sont à la fois distincts et proches de ceux des autres consommateurs. Je l’écris sans mépris, me trouvant moi-même client régulier d’un supermarché.

Or la Chine est sur cette voie de la consommation moutonnière, et l’on peut penser qu’avec son innombrable population, elle deviendra sans doute un jour le centre évangélical du monde.

 

Les potes à Marine…

Les pirates informatiques russes interviennent dans la campagne électorale française et s’en donnent à cœur joie dans l’espoir de déstabiliser Macron. Selon les informations, ou plutôt la propagande qu’ils diffusent, il est fou, il est homosexuel, il a un compte aux Bahamas, la divulgation des documents privés de son mouvement fait apparaître des bassesses… Etc., on n’a sans doute pas encore tout trouvé.

Nous ne disposerions pas nous aussi de quelques spécialistes capables de répondre ?

 

Reprise

Ces derniers jours, je me suis employé à défendre mes idées sur Facebook, dans le cadre de la campagne électorale, ce qui m’a éloigné de cette page. Je reprends ci-dessous quelques éléments de mes réactions :

 

Haine

François Ruffin, dans Le Monde, interpellait Macron en lui disant trois fois « Vous êtes haï ! » Ouais… Ce n’est en tout cas pas un signe de bonne santé politique, ce genre de truc. Je ne suis pas d’accord avec les idées de Macron et je désapprouve son bilan : c’est de la politique. Mais je ne hais pas la personne, ce n’est pas une affaire personnelle ; d’ailleurs ce serait contre-productif car alors je pousserais ses fans à me haïr en retour et on n’en sortirait pas. D’ailleurs on ne s’en sort pas.

 

Insinuations

J’espère que l’on ne va pas apprendre quelque chose sur Mme Le Pen dans les jours qui arrivent… Certains bruits ont couru… Certaines informations laisseraient entendre qu’elle aurait ouvert un compte à Bruxelles il y a quelques années…

 

Encolérés

Le fait que Mme Le Pen n’apporte aucun remède crédible aux malheurs des pauvres, y compris souvent à leurs yeux, ou le fait qu’elle soit née dans un château, une cuiller d’argent dans la bouche, n’empêchent pas ceux qui, à tort ou à raison, se voient méprisés de reconnaître leur colère dans ses ricanements improductifs. Leur ressentiment est si fort qu’il enjambe les marques patentes de l’incapacité de cette dame, et que, ni le côté stupide de son comportement, ni la nocivité de ses propositions ne leur apparaissent plus. Le Front national, c’est cela : une poignée de fascistes, une brouettée de xénophobes et/ou islamophobes, et une foule immense d’encolérés. À juste titre encolérés.

 

Paternalisme

Quand des intellos se plaignent d’être culpabilisés par ceux qui leur reprochent de ne pas voter contre le FN, ça me paraît simplement ridicule, voire puéril. Mais quand ils ajoutent que l’on culpabilise ainsi le bon populo, cela me hérisse : né dans une famille ouvrière, je vois dans cette assertion l’expression d’une sorte de paternalisme.

  

Contre

Je suis né en 1937, l’année de Guernica. En 40, les avions de Mussolini m’ont mitraillé (ils m’ont raté). En 42, les flics de Pétain ont arrêté mes voisins qui ne sont jamais revenus. En 44, les avions de Hitler m’ont fait tomber un immeuble sur la tête (j’ai survécu). En 61, soldat, j’ai participé à la résistance aux officiers factieux de mon régiment. En 68…

J’aurais pu rappeler mes militances ultérieures, mais j’arrête là. Aussi celles de mes ascendants, mais ça deviendrait fastidieux, ça me paraît suffire pour expliquer que, quoi qu’il arrive, quoi qu’il se dise et par tous les temps, je combattrai tout ce qui ressemble de près ou de loin à un ou une facho, maquillés ou non en bon chic bon genre. C’est une affaire entre eux et moi. Cette année encore, pas question que ma voix Contre leur manque…

 

Votez !

À ce sujet, on pourra trouver à la page civique de ce site une lettre ouverte au pasteur Jean-Paul Nunez, qui prône le vote blanc ou l’abstention. Cela s’appelle Contre l’abstention militante.

 

Le premier mai

 

Signé Jeannot Lapin

Protestant, je suis heureux de faire partie de l’Église protestante unie. Elle ne montre pas le même taux d’orgueil spirituel que certaines autres, qui en font une spécialité, me semble-t-il, comme on peut le constater en allant voir sur certaines pages de Facebook animées par des types à pseudonymes ridicules, comme Tom Huguenot ou Théo Conservateur…

 

Français normal

Deux de mes enfants sont nés coréens, ce qui me vaut deux petits-enfants métis que j’aime plus que tout. J’ai aussi, par le cœur, deux petites-filles camerounaises et trois arrière-petits-enfants yézidis. Sans compter une belle-fille thaïlandaise et sa fille métisse… Et l’on voudrait que je m’abstienne quand la peste brune montre à nouveau son sale museau de fausse blonde !

 

Salut à vous !

Avec cette campagne électorale électrique, on oublierait presque de célébrer le Premier mai, fête des travailleurs et des travailleuses. Oui je sais, là on a un sourire pour Arlette et pour Nathalie… mais comptent avant tout le sang, la sueur, la peine de ceux qui triment. Et aussi de ceux qui n’ont même plus le droit de trimer. Et leur dignité.

 

Idiots utiles

Le Front national est un parti foncièrement totalitaire. Pour le moins. Ceux de ses propagateurs qui prétendent l’avoir normalisé, comme ce bon M. Philippot, seraient balayés dès le moment où ce parti parviendrait au pouvoir.

 

Oracle

Mélenchon dit qu’il ne s’abstiendra pas, ne donnera pas de consigne à ses électeurs, si ce n’est que pas une de leurs voix ne se porte sur Le Pen : leur propose-t-il bizarrement de s’opposer au FN grâce au vote blanc ? Ou vote-t-il pour Macron sans oser le leur dire de peur de perdre des voix ? Ce n’est pas clair. Je note que cette ambiguïté rejoint celle du Pape. Ce n’est pas facile, pour un dirigeant charismatique, de dire ce qui pourrait fâcher une partie ou l’autre d’une population acquise…

 

Précision

J’aimerais insister sur un point : dire que le vote blanc ou l’abstention sont en l’occurrence une erreur politique, ce qui est mon opinion, ne représente en rien un jugement moral, et encore moins une insulte, à l’égard de ceux qui les choisissent. C’est simplement une ligne politique qui s’exprime.

L’inverse est vrai. Je le sais, pour m’être fait insulter et réprimander après avoir écrit que j’allais voter pour Macron.

 

 

Du 24 au 30 avril

 

Pause

On aura donc compris que mon opinion de vieux débris au sujet du vote du 7 mai m’amène à énoncer ceci : « Si m’en croyez, mes pauvres amis, votez Macron ! » Je n’écrirai rien de plus à ce sujet d’ici là.

 

Bastille

Je me fais insulter, sur Internet, quand j’écris que, vu les circonstances, il vaut mieux voter par défaut pour Macron. Le « ni-ni », chez les électeurs de Mélenchon, a beaucoup d’adeptes très remontés. C’est pourquoi, émule d’Aristide Bruant, je m’écrie en réponse :

À celui qui crie « Ni-Ni ! », je réponds : « Peau d’chien ! »

 

Ambiguïté

En lisant plus attentivement, il me semble qu’il y a deux catégories de « ni Le Pen, ni Macron ». Il y a ceux qui voient la possibilité d’une présidence Le Pen sans plus frémir que si c’était Macron, et il y a ceux qui se disent que Macron sera élu de toute façon et que le mieux est de laisser les autres faire le boulot à leur place en votant pour lui. Moyennant quoi, chaque fois que Macron fera une connerie, ils diront qu’ils avaient prévenu… Oui, mais si par malheur c’est Le Pen, j’aurai tendance à leur parler mal.

 

Faux-cul

Cette dernière catégorie me rappelle le darbyste (c’est le membre d’une confession protestante marginale hostile aux images) qui ne voulait pas de télé à la maison mais qui venait en douce, en passant par les jardins, voir le match sur la télé de son voisin réformé. Celui-ci lui disait : « Tu me fais porter le poids de tes péchés ! »

 

Les purs

Non, en fait il y a une troisième catégorie de « ni-ni » : ceux qui ne se résolvent tout simplement pas à voter pour quelqu’un avec lequel il ne sont vraiment pas d’accord. Un point de vue respectable et, qui plus est, cohérent avec leur refus initial de la Constitution de la Ve République, qui prévoit qu’au second tour d’une élection, on choisit l’un des deux candidats restants. Le problème, c’est qu’en contribuant à enrayer ce fonctionnement, ils n’obtiennent en rien la VIe République qu’ils désirent voir instaurer. Ils se marginalisent simplement au sein de la Ve.

 

Voter

Au bout du compte, c’est Le Pen ou Macron. Que l’on ne veuille ni l’un ni l’autre n’empêchera pas qu’on ait l’un ou l’autre. Alors lequel ?

 

Gamins

Je rappelle que les voix de Mélenchon et de Hamon réunies auraient amené la gauche au second tour. Au lieu de ça, eux et leurs électeurs ont tous joué à celui qui a la plus grosse (…authenticité de gauche). Ils connaissaient les sondages, ils savaient que, s’ils continuaient à se tirer la bourre, à la fin c’était Le Pen et Macron. Ceux d’entre eux qui gémissent maintenant d’avoir à choisir entre ces deux candidats-là devraient s’en souvenir.

 

Perso

En ce qui me concerne, j’avais écrit ici que pour moi, à gauche, c’était une seule tête ou rien. C’est pourquoi je n’ai voté ni pour Hamon ni pour Mélenchon. J’ai voté avec l’extrême gauche, qui a au moins le mérite de marteler sans cesse les fondamentaux : lutte des classes, exploitation, internationalisme. Battu pour battu, c’est toujours bon à rappeler.

 

Raison gardée

Quelques jours après une tentative déjouée d’attentat et un attentat meurtrier, quatre Français sur cinq ont tourné le dos au vote FN. C’est à noter, Daéch ne fait pas recette.

 

Unanimité

Qui a coulé la gauche ? Quitte à déplaire, je dirai que ce sont à la fois Hollande, Valls, Hamon et Mélenchon. Comme dans une manif, Tous ensemble, tous ensemble, ouais !  Mais à l’envers.

  

Deuxième round

Bon ben maintenant on va pas rester chez soi le 7 mai, on va voter Macron, mais l’important n’est plus là, la question c’est pour qui on va voter aux législatives. Car là, c’est la majorité qui est en question. Macron, s’il est élu comme prévu, devra faire avec elle, quelle qu’elle soit.

 

Fidèle

La personne pour qui j’ai voté hier n’avait aucune chance de parvenir au second tour de l’élection présidentielle, je ne suis donc ni surpris ni déçu. Il s’agissait juste pour moi de me montrer fidèle à mes convictions les plus profondes, les plus enracinées, les plus cohérentes avec l’histoire des miens, en attendant sans illusion que le choix effectif se présente. Nous y voilà.

 

Ostinato

Car l’histoire est encore devant nous. Ce n’est pas encore la lutte finale, les humains sont encore loin de se grouper, le genre humain ne se sait pas encore international, tous les damnés de la terre sont encore loin d’être debout, pas plus que tous les forçats de la faim…

 

Teny gasy

Ceci dit, grande émotion, hier matin, en entendant une superbe chorale chanter en malgache pendant le culte télévisé ! Misaotra !

 

Du 17 au 23 avril

 

Puéril

J’ai pas gagné à l’élection. D’abord je me roule par terre en maudissant le jour de ma naissance.

Au coup suivant, fâché, je vote blanc ou je m’abstiens.

Après, je me roule par terre en maudissant le jour de ma naissance parce que j’ai hérité de Macron ou de Le Pen.

Alors je cherche où est l’erreur et je la trouve : les autres ont mal voté. Ils sont cons, les autres !

Mais moi, je suis content de moi parce que j’ai Le Pen ou Macron, d’accord, mais c’est la faute des autres…

 

Attentat

Un attentat meurtrier commis par les sanglants imbéciles que l’on sait ne saurait appeler, au sein de la population, que deux réactions : l’indifférence à l’égard du danger potentiel qu’ils représentent, et la sollicitude à l’égard des victimes et de leur famille. Le reste concerne les autorités constituées. Si ce point de vue devait choquer, que l’on se souvienne que l’on se comporte habituellement ainsi à l’égard des accidents mortels de la circulation automobile. En faire plus en cas d’attentat reviendrait à donner du poids aux intentions des dits imbéciles.

 

Mélanchthon

Quand on évoque Martin Luther, ce qui se fait beaucoup cette année, il serait judicieux de penser aussi à Philipp Schwartzerdt, dit Philippe Mélanchthon*, son ami, collaborateur et conseiller. Plus savant et moins entier que Luther, il fut l’auteur de la Confession de foi d’Augsbourg, qui fait autorité encore aujourd’hui chez les luthériens. Il me semble d’ailleurs que, de nos jours, bien des luthériens sont plutôt, comme on dit parfois, des philippiens.

* Ne pas confondre avec Mélenchon…

 

Dieu et moi, moi et Dieu

Changeons de sujet, l’élection peut bien attendre dimanche. Je viens de lire le dernier livre de Lytta Basset, La Source que je cherche. Un livre très personnel dans lequel la théologienne suisse explore les voies d’une recherche de la source de vie qu’on appelle habituellement Dieu. Chacun, croyant répertorié ou non, a pu en connaître très directement, ce qui provoque à l’occasion des expériences personnelles parfois indicibles. Je trouve que l’auteure s’étale un peu trop sur les siennes. Mais finalement ça valait le coup : on ne parle pas assez de cette façon qu’a Dieu, parfois, de nous toucher par surprise, toute doctrine mise à mal.

 

Publicité

On ne se refait pas : Marine Le Pen reprend la bonne vieille antienne anti-protestante de son père : le parti huguenot de l’étranger. Voilà en tout cas une bonne raison de la remercier : les médias ne parlent jamais de nous !

 

Genre complotiste…

On peut aussi raconter l’histoire de cette manière : les flics marseillais – qui votent majoritairement Le Pen – arrêtent justement cette semaine des tueurs islamistes qu’ils surveillaient depuis longtemps… et qui n’avaient pas encore décidé à qui ils s’attaqueraient. Pourquoi pas plus tôt, pourquoi pas plus tard ?

 

Sacrifice

J’entends certains vanter ces poilus qui se sont sacrifiés pour leur pays à la bataille du Chemin des Dames… La vérité, c’est qu’ils ont été sacrifiés. C’est ce que disait la Chanson de Craonne, écrite et chantée par les intéressés eux-mêmes (voir plus bas au 15 avril : Nous sommes les sacrifiés).

 

Le vote balte 

Au premier tour, je ne voterai sans doute pas pour M. Mélenchon. S’il passait, nous serions heureusement débarrassés de M. Trump, mais aussi, hélas, de l’Union européenne, et il risquerait de ne nous rester comme partenaire que l’affable M. Poutine… Nièt, spassiba ! Sur ce point, je réagirais volontiers comme le feraient les Lettons…

 

Stances ?

Autre logique : la victoire de M. Macron nous rapprocherait de l’esprit des pays du Nord de l’Europe ; celle de M. Mélenchon, plus probablement vers celui des pays du Sud. J’avoue qu’il y a là de quoi hésiter. Et personne pour faire la synthèse !

 

Du 10 au 16 avril

 

Pâques

Christos anesti !

Christos alethos anesti !

Le Christ s’est levé !

En vérité, il s’est levé !

 

Crosse en l’air !

Je dédie ce refrain de la Chanson de Craonne au souvenir de mon grand-père, Auguste Alexandre, « mort pour la France », Légion d’honneur à titre militaire et Médaille militaire… toutes deux à titre posthume :

Adieu la vie, Adieu l'amour, 
Adieu toutes les femmes. 
C'est bien fini, c'est pour toujours, 
De cette guerre infâme. 
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau 
Car nous sommes tous condamnés, 
Nous sommes les sacrifiés !

 

Civisme

Vivement la fin de cette campagne électorale présidentielle afin que nous puissions commencer rapidement la préparation de la suivante, qui arrivera rapidement : cinq ans sont vite passés.

 

Les Pâques

Le jeudi, l’Humain fête la libération avant d’affronter la mort – et sa bêtise.

Le vendredi, tuant le Vivant, l’espèce humaine se suicide – thème très actuel.

Le samedi, c’est la mort qui règne, cette saleté a gagné – nullité habituelle du vide.

Le dimanche, l’amour de la mort se montre vice inutile : la Vie pointe – le monde ouvert.

Pâques, ou l’histoire du monde en quelques jours.

 

Trop plein

Je vais vous dire, à vous les mecs et les nanas candidates et candidats : c’est pus la peine, j’écoute pus, je surchauffe ; allez c’est bon, j’irai voter, je sais pour qui, mais d’ici là, plize : fermez-la…

 

Info pour les Sud-Poitevins et les Nord-Charentais 

Vendredi saint 14 avril à l’église catholique de Lezay, office œcuménique à 18h, suivi à 18h45 environ d’une lecture publique de certains de mes poèmes spirituels.

Ceci en écho à la parution récente de Fêter le dire, recueil collectif des œuvres de sept poètes protestants (voir à la page Fêter).

 

Rap

Pour la Semaine sainte, je propose la lecture en mode rap de mon poème intitulé Les Sept Paroles du Christ sur la croix. On le trouvera à la page Sept.

 

Ressenti de classe

À propos de Poutou, ils se sont dit : « Il est trop intelligent pour être simple ouvrier, ce n’est pas possible, il ne l’est pas, c’est une supercherie. » Ils ne peuvent y croire, en effet, car ils sont persuadés, au plus profond d’eux-mêmes, d’être infiniment supérieurs. Autrement, comment pourraient-ils justifier leurs privilèges à leurs propres yeux ?

 

Hosanna !

Nous jugeons mal François Fillon car son idée, c’est que si les pauvres s’appauvrissent et si les riches s’enrichissent, au bout du compte, les pauvres verront leur sort s’améliorer car les riches, une fois enrichis, mettront tout leurs sous dans l’économie au bénéfice des pauvres. Car les gentils ce sont les riches, ils aiment les pauvres et désirent ardemment faire leur bien. Non ?

 

Embarras ?

Certes, le Front national n’est ni raciste, ni antisémite, ni xénophobe, ni homophobe, mais…

Si vous détestez les Juifs, ou si vous voulez chasser tous les Arabes hors de France, ou si vous admirez Adolf Hitler, ou si vous regrettez l’époque coloniale, ou si vous casseriez volontiers la gueule aux pédés, ou tout cela et bien d’autres choses semblables ensemble…

À quel parti allez-vous adhérer ?

 

Du 2 au 9 avril

 

Justice

Après le massacre de chrétiens égyptiens en ce dimanche des Rameaux, des voix s’élèvent pour recommander le pardon et l’amour des ennemis, conformément à l’enseignement du Christ. Je ne le ferai pas. Revendiquer cela n’appartient qu’aux victimes elles-mêmes. Si elles le font, je serai pétrifié d’admiration. Et quoi qu’il en soit je leur adresse un message d’amour fraternel. Mais je ne peux me mettre à leur place et pour ma part, en tant que tiers, c’est la justice que je demande à l’État égyptien, ceci que les personnes frappées par les criminels aient été ou non chrétiennes.  

 

Roi noir

On nous dit que le maintien d’El Assad à Damas est désastreux mais que malheureusement, nous avons quand même besoin de lui pour contenir Daéch, notre ennemi principal.

Je crois que c’est faux, qu’il s’agit d’un enfumage utile à Moscou et à Téhéran, et qu’El Assad représente au contraire la seule condition du maintien de Daéch en Syrie.

Il a besoin de celui-ci, dont il se fait un alibi, alors qu’en fait, une fois Damas débarrassée de lui, rien ne s’opposerait plus à l’éradication du soi-disant État islamiste dans ce pays.

Mais Poutine, ce bon joueur d’échecs désireux de contrôler le jeu, veille sur El Assad, son roi noir protégé par les pièces maîtresses russes assistées de pions iraniens. Tant que les blancs joueront au poker au lieu de jouer aux échecs, ils perdront la partie.

 

Allez ! Un coup de cidre !

Euh… en fait de percée, c’est Avranches qui est tombé dans le trou. Hier, c’était pas le "ni oui ni non" normand, c’était juste "non". Saint Michel est resté sur son Mont, il est pas venu vaincre le dragon. C’est pas grave, un drakkar avance dans les deux sens.

 

Foute

Ce soir, c’est la Percée d’Avranches.

(Pour les jeunots qui sont pas au courant : demandez à Papy, les petits, il vous racontera la campagne de Normandie, juin-juillet 44.)

 

Mec

Poutine, c’est pas une femmelette, c’est pas lui qui va pleurnicher sur des enfants gazés.

 

Parlons français

Autrefois, on ne parlait pas de Fake News pour désigner des contre-vérités fabriquées à dessein, on parlait de propagande. Un mot français venu du latin par, notez-le, l’allemand des Nazis et le russe des staliniens (agitprop). Depuis, la chose a largement dérivé du côté de la publicité. Il s’agit d’une technique fort bien analysée par Jacques Ellul (Propagandes, Armand Colin, 1962).

 

Grand remplacement

Hier soir, les adversaires de Marine Le Pen n’ont rien compris : si le FN pique dans la caisse, c’est la faute aux musulmans.

 

Lexique

Certains mots courants demanderaient parfois à être remplacés. Je pense à des expressions comme les humbles, ou les petits. Plein de bonnes intentions, on dira par exemple qu’il faut faire justice aux humbles ? Dans ce contexte-là, dites plutôt aux humiliés, on ne fait jamais partie des humbles par nature. De même, s’il s’agit de prendre la défense des petits, dites plutôt des soumis, car s’il y a des petits c’est qu’il existe des grands.

 

Non-conformisme

Le célèbre poète russe Evgueni Evtouchenko est mort samedi aux États-Unis où il résidait. Il avait été le symbole du non-conformisme pendant le court dégel post-stalinien de Nikita Khrouchtchev, au début des années 1960. Mais l’écrivain dissident Vladimir Boukovsky écrivait de lui à raison qu’il était « le poète officiel de tous les dégels fictifs »… Il n’a jamais fait en sorte de se retrouver au Goulag, à la différence de bien d’autres écrivains soviétiques, et peut-on le lui reprocher ? Mais ce faisant (ou plutôt ne faisant pas), il a tout de même dû prostituer son écriture… Datcha et belles bagnoles. Comme on voit, c’est de tout temps que l’on combat « le système » tout en vivant de lui. Sale temps, en tout cas, pour les poètes.  

 

 

Du 27 au 31 mars    

 

Guyane

Qui verra là un signe des temps ? Quand le Pouvoir central s’excuse auprès du Peuple, la République est de retour. Ce jour est historique, il indique la voie d’un renouveau possible. Pourquoi faut-il que cela survienne si tard ? Et pourquoi pas aussi à Paris ?

 

Poète

On trouvera à la page AZB de ce site une présentation de ma modeste personne en habit de poète. Elle est due à Aurélie Zygel-Basso, qui l’a dite à Marseille pour une fête organisée par Jacqueline Assaël dans le cadre du Printemps des Poètes. Je remercie ces deux dames, devenues des amies.

 

Vide

La situation du parti socialiste vous surprend ? Participer à la vie d’une de ses sections rurales vous aurait fait tout comprendre : c’est la vacuité quasi-totale en matière d’analyse politique. Les militants sont là pour écouter les responsables, coller des affiches et distribuer des tracts. Étonnez-vous, après cela...

 

Ouverture

En 2007, M. Sarkozy, à peine élu, lançait une politique d’ouverture : chacun pourrait y déployer sa sensibilité, on y mettrait toutes les bonnes idées en œuvre, disait-il en substance.

Sensibilités, bonnes idées : des termes dont l’ouverture n’enlevait rien au fait que la politique suivie devait être droitière, ainsi que les électeurs en avaient décidé en majorité.

On pouvait donc exercer une politique de droite avec une sensibilité de gauche. Appliquer toutes les bonnes idées des uns et des autres dans le cadre d’une politique de droite. C’était cela l’ouverture.

Cet éclectisme lui-même, précisément, était de droite, au sens du libéralisme, puisqu’il supposait l’absence de contradictions entre les intérêts des diverses couches de la population. Ce qui est en effet la condition du pragmatisme. En quoi ceux et celles qui se prêtaient à cela en croyant rester de gauche se trompaient d’abord sur eux-mêmes.

Il se pourrait que M. Macron nous offre juste un rimec de l’ouverture, cette fois-ci plutôt côté gauche. Ouverture tout aussi pragmatique… et tout aussi vouée à la contradiction permanente et à l’improvisation que celle de M. Sarkozy.

Et il se pourrait que les gens de gauche qui le suivent se trompent eux aussi sur eux-mêmes, car la gauche n’est d’abord, ni une sensibilité, ni une collection de bonnes idées, mais avant tout une certaine compréhension des rapports humains au sein d’une société donnée. 

 

Chuck Berry

D’abord j’ai été assommé, maintenant je réagis : c’est pas vrai qu’il est mort, quand même ! Car pour moi c’est le rock de Chuck Berry for ever, le seul truc à danser avant l’essor du rockabilly. Je vous parle d’un temps que les moins de quatre-vingts ans ne peuvent pas connaître… Plus tard, avec ça et les slows de Leonard Cohen, de Simon et Garfunkel ou de Cat Stevens, on avait la base d’une boum parfaite.

 

Exercice d’écriture 

Le politicien écologiste Yannick Jadot disait récemment ceci d’un célèbre entraîneur de foute :

« Arsène Wenger a un côté protestant qui me fatigue un peu. »

1. Observez les pastiches suivants, gratuitement générés sur le modèle de la phrase précédente :

« Jacques Julliard a un côté catholique qui me fatigue un peu. »

« Malek Boutih a un côté musulman qui me fatigue un peu. »

« Élie Cohen a un côté juif qui me fatigue un peu. »

« Gao Xingjian a un côté bouddhiste qui me fatigue un peu. »

2. Trouvez laquelle ou lesquelles de ces phrases vous vaudra ou vous vaudront une mise en examen, puis tirez de cette observation une maxime de portée générale.

 

Trou

Assez, me disais-je, de ces affaires sulfureuses, il faut parler du fond ! C’est alors que je m’en aperçus* : comme le dit la chanson**, souvent dans les discours le fond était sans fond… et les projets sans fonds.

* Apercevoir, à perte de vue ne prend qu’un pé,

   Le second pé, papa, nous a laissé quimper !

** Ainsi fond, fond fond, les petites marionnettes… (traduction libre).

 

Du 20 au 26 mars           

 

Conversation

« Il faut parler avec Poutine », disent ensemble Mme Le Pen et MM Fillon et Mélenchon. Certes. Ya saglasèn, no gavarit a tchèm ? (Je suis d’accord, mais pour parler de quoi ?) De sa spécialité, la démocratie, bien sûr ! ça commence par la case prison…

 

Luther en Poitou

Ces derniers jours, j’ai parlé de Luther à La Mothe St-Héray, j’ai parlé de Luther à Chauray, j’ai parlé de Luther à Poitiers, il me reste à parler de Luther à Lezay (deux fois). Si les Poitevins ignorent Luther après ça, je déclare forfait.

 

Cheval de retour

Où l’on reparle de Villepin (Galouzeau de) : il pourrait rallier Macron.  Le « vieux pays » en marche… 

 

Divergence

Benoît Hamon parle de traîtrise lorsque certains ministres socialistes rejoignent Macron. Malgré l’opinion positive que j’ai de lui et de son orientation politique, il me paraît clair qu’il ne peut s’attendre à voir le soutenir gaiement les membres d’un gouvernement qu’il a quitté bruyamment puis auquel il s’est opposé en rejoignant les frondeurs. Il manifestait ainsi qu’il existe deux lignes politiques divergentes au sein du PS, eh bien cela se retrouve aujourd’hui dans le choix que font certains ministres de soutenir Macron. Je parlerais plutôt de clarification.

 

Contradiction

Hier soir, au lieu de regarder Fillon sur France 2 (marre !), j’ai suivi nonchalamment, sur France 3, les aventures de Line Renaud dans le Brest de la Résistance. L’ennui me terrassait lorsque brusquement, le Chant des Partisans a retenti. Je me suis retrouvé comme l’héroïne : opposé à la peine de mort et pourtant désireux de voir éliminés certains salopards quand il s’agit de l’essentiel. Va comprendre, Charles…     

 

Patrie

Quand on parle de l’Europe aux gens, on oublie l’essentiel, à savoir qu’il s’agit pour eux d’un écosystème extrêmement cohérent. Autrement dit, qu’il s’agit bien de leur pays. Les disparités y sont grandes, certes, mais guère plus qu’en France même. C’est vraiment un territoire particulier, que l’on peut distinguer de toutes les autres contrées. C’est ce qui m’avait frappé lorsque je voyageais en Europe après avoir circulé un peu partout dans le monde. C’est pourquoi je me sens profondément européen, espérant sans illusion que cette entité mal connue et mal reconnue pourra devenir un jour une véritable patrie pour chacun.

 

Débat

Lundi soir, au lieu de regarder sur TF1, chaîne privée à pube, le débat des candidats à la présidence de la République, j’ai voté Albert Dupontel sur la 3 (dans La Proie), cela en attendant de voter pour de bon pour Nathalie Arthaud (car Poutou n’est pas une femme) : j’aime bien quand elle chante l’Internationale.

 

Villégiature

J’apprends ce matin sur France-Inter que le tombeau où le Christ est enterré vient d’être restauré. Étonnement de ma part : je ne savais pas qu’il y était revenu. On ne nous dit jamais rien !

 

Merci

Grand salut, grands regrets et grand merci à l’endroit de l’excellent poète Jean-Hugues Malineau, qui vient de mourir. Il fut le premier à me publier dans sa revue Commune mesure, il y a de ça bonbon.

 

Logique

– Ces malhonnêtes ont tous piqué dans la caisse ! Votez pour moi !

– Mais vous aussi, vous avez piqué dans la caisse !

– Tout le monde l’a fait, regardez les autres !

– C’est bien la preuve que vous êtes comme les autres… Alors pourquoi voter pour vous ?

– Mauvais Français ! Suppôt du Système !

 

Du 13 au 19 mars             

 

Faire mémoire

Le 2 avril 2012, j’ai écrit ce poème en mémoire d’une petite fille assassinée à Toulouse le 19 mars. Que nul ne repose en paix…

 

Matin

  

vous savez ce qui arriva

la mère avait passé du temps

à brosser, brosser les cheveux blonds

de la petite fille juive

pour les serrer, serrer, les enserrer

pour les passer dans ce chouchou

et à nouveau elle avait brossé, brossé

les beaux cheveux de sa petite fille

jusqu’au bout de la queue de cheval

blonde de sa petite fille juive

qui allait à l’école

  

Cases

Dans une France habituée à l’opposition gauche-droite, quand l’extrême droite inquiète, quand le candidat de droite est déconsidéré, quand la gauche est éclatée, il ne faut pas s’étonner que beaucoup de gens s’en remettent au centre. C’est inhabituel mais logique : sans retenues, l’eau de deux versants descend dans le marigot.

 

Mimétisme

On peut remarquer que, de Donald Trump aux Le Pen en passant par le Hollandais Geert Wilders, les dirigeants d’extrême droite se teignent ou se décolorent les cheveux pour paraître blonds. Leur côté aryen ?

 

Second degré

Aux yeux du peuple de gauche, Valls est sans doute trop marqué, à tort ou à raison, comme le responsable de l’échec présumé du quinquennat. Il ne pourrait donc mieux aider Hamon qu’en refusant ostensiblement de le soutenir.

 

Maintenance

Je signale ici certaines nouveautés survenues sur ce site.

Ainsi la création de la page Suite civique, qui conserve des textes parus sur cette page-ci au long des jours depuis le début 2015.

Elle se veut parallèle à la page Suite théo-logique, plus ancienne, et sur laquelle je viens d’ailleurs d’ajouter une courte observation datant de décembre dernier intitulée L’Évangile à la Modiano.

Sur la page d’accueil du site, je ne signale pas toujours l’insertion d’un nouveau texte sur l’une ou l’autre de ces deux pages, si bien que la visiteuse ou le visiteur qui s’intéresseraient à mes réflexions sont invités à y jeter un coup d’œil de temps en temps. 

Pour les trouver, il suffit d’aller à la page Plan sur la page d’Accueil.

 

1517

La Bible, ce n’est pas ce qui est écrit, c’est ce que vous lisez. Pensée luthérienne.

 

Fêter le dire

Je salue la parution de Fêter le dire, beau bouquin dû aux Éditions Olivétan*. Sept poètes protestants contemporains, dont votre serviteur, y sont mis à l’honneur de belle façon. Dans une revue protestante supposée moderniste, au détour d’une phrase exposant les diverses façons de dire la foi, on pouvait naguère trouver ces mots : les rêves des poètes. La poésie serait donc de l’ordre du rêve. Comment voulez-vous que les gens qui écrivent cela de la poésie puissent tout simplement entendre les Écritures bibliques ?

 

* Fêter le dire, 128 pages, 16 €. Voir sur ce site à la page feter.htm.

 

Du 7 au 12 mars  

 

Cela s’appelle…

Hamon concentre ses attaques sur Macron. Il ne semble pas se rendre compte que le nom de son échec programmé, qui découlera de son incapacité à rassembler, est justement Macron.

 

Tournoi

Si, au rrubby, les Français ont battu les Italiens hier, c’est parce que les Italiens étaient très forts. C’est évident. Autrement, les Français n’auraient eu aucun mérite.

 

Rester zen

Au foute, le Qatar a perdu hier contre la Catalogne. M’en fous, suis un Parisien chauvin, et le seul club authentiquement parisien est le Red Star.

 

Critères

Aujourd’hui, l’Union européenne est majoritairement de droite, or il n’y aura de solutions de gauche réalisables et durables qu’au niveau européen. L’urgence, c’est donc pour moi de consolider l’Union et d’y fédérer une gauche européenne. Ça veut dire marre des cocoricos (genre « La France est un grand pays ! ») et marre des exclusives doctrinales (genre « C’est la faute à l’autre gauche ! »). On va faire comme si on était des adultes. Vaste programme…

 

Dernière cartouche

En fonction de quoi je réclame une dernière fois une union Hamon-Mélenchon. Sinon, qu’ils aillent se faire voir tous les deux. 

 

Quand parle mon cœur

Je déteste qu’un meeting politique se termine par la Marseillaise. Elle n’appartient à aucun parti. Or je zyeute un bref reportage sur LO et constate que ce parti ne fait pas cette OPA sur notre hymne national. Ce qui me permet d’entendre pour une fois cet autre chant qui me bouleverse : L’Internationale. Et en effet, tel est mon vœu : Debout, les damnés de la terre !

 

Vertige

Et après ça, au bout du compte, ne me resterait qu’à voter Macron ?

 

Erreur

Le Front national prétend rassembler les patriotes. C’est curieux, car je suis patriote et déteste pourtant le Front national. J’en conclus qu’il ment. Ou, au mieux, qu’il déconne grave.

 

Du 1er au 6 mars           

 

Gravitation

Il y a d’abord M. Fillon. Autour de lui gravitent les partis de la droite et du centre. Autour d’eux gravitent les électeurs de la droite et du centre. Autour d’eux gravitent les Français. Autour d’eux gravitent les Européens. Autour d’eux gravitent les Terriens. Autour d’eux gravitent les planètes du Soleil. Et comme on voit, la réalité est tout autre que ce qu’enseigne l’école sans-dieu de Mme Vallaud-Belkacem : c’est le soleil qui tourne autour de M. Fillon !

 

Carème

S’il s’agit de se faire du mal, pour le puritain ce pourrait consister en un déluge de plaisirs…

 

Stupid

Une annonce publicitaire m’apprend que l’on peut désormais acheter des wings de poulet. Fallait le dire avant, c’est idiot : j’ai acheté des ailes de poulet !

 

Amabilités

M. Macron a récemment passé en revue un panel de protestants canal historique. Ou l’inverse. M. Hollande, lui, a dîné chez les Juifs canal sioniste, puis chez les Maçons canal républicain. M. Fillon se dit chrétien canal catholique. Mme Maréchal-Le Pen, « la voilà »* chrétienne canal facho.

Je serais bouddhiste, je bouderais.

 

* Pour les nuls : « Maréchal, nous voilà ! »

 

Exemple

M. Fillon, quoi qu’il en dise, n’est pas un justiciable comme les autres. Il fait partie de cette catégorie de justiciables dont on attend une exemplarité. À sa décharge, il est vrai que cette exigence était tombée quasiment dans l’oubli.

 

Leçon de choses

Nous habitons une longère poitevine réaménagée. Au début, en bon Parisien, chaque fois que nous faisions du bruit, je m’inquiétais pour les voisins du dessous… Puis un matin, j’ai trouvé, grouillant sur le plancher du séjour, une nichée de couleuvreaux fraîchement nés. Ils sortaient tout juste de leur œuf originel, dissimulé dans le vide sanitaire. J’avais donc bien eu des voisins du dessous, mais mon inquiétude à leur égard était vaine, me dit-on, car les serpents sont sourds.

 

Précis

Un collègue pasteur me demandait récemment si j’étais plutôt libéral ou quoi ? Ma réponse : je suis un catholique luthérien libéral évangélique confessant. Ou inversement.

En résumé, ma réponse est la suivante : quoi ?

 

Espèce d’animal !

Je viens de l’apprendre, j’habite dans un département qui compte plus de bêtes que d’êtres humains. Encore n’a-t-on pas compté les insectes. Eh bien ça laisse à penser : qui compte-t-on comme bêtes, et qui comme êtres humains ? Quand je me regarde, je me vois très humain, mais quand je me compare, je me trouve plutôt bête.

 

Absolution

Les péchés sont pardonnés, mais les fautes demeurent. Elles restent à corriger.

 

Au pied !

On a compris : si Le Pen devient présidente de la République, elle tiendra les juges à sa main. Comme Erdogan. Comme Poutine.

Quant à Fillon, à l’instar de son maître Sarko, le voilà qui porte atteinte à la magistrature…

Au pied, les juges, couché !

 

 

Du 20 au 28 février

 

Bien voir

La religion porte la foi comme le tuteur soutient la plante. Le tuteur est en bois mort, il ne porte ni fleur ni fruit, la plante seule produit.

 

Christique

« J'use ma vie à vous défendre ! » disait Mélenchon à un électeur du FN. Comme si ça ne lui procurait aucun plaisir… C’est qu’on a vu pire, du côté des gens qui usent vraiment leur vie. 

 

Tu veux ci ou tu veux ça ?

Et si, au lieu de dire d’entrée je supprime ci, je rajoute ça, ça y est mon programme est chiffré, on commençait par dire par exemple : pour tel et tel secteur, combien faut-il de médecins, de juges, de postiers, de gendarmes ou de policiers ? Etc.

On s’apercevrait peut-être alors que notre pays ne pose pas les mêmes questions que tel ou tel autre de ses voisins, et qu’à long terme il lui faut choisir par exemple entre moins de ruralité ou plus de services.

Ce qui signifie aussi un choix entre plus ou moins d’agriculteurs, choix fondamental sur les plans culturel, économique et écologique.

Ou choisir, autre exemple, entre un urbanisme et des bassins d’emploi resserrés, avec plus de cités et de transports urbains, ou desserré, avec le développement de métropoles moyennes et un réseau d’entreprises elles aussi moyennes.

Ce qui signifie choisir entre une tendance ou une autre en matière d’infrastructures, de services publics, etc.

Ces choix-là, et bien d’autres, retenus ainsi à partir du terrain, permettraient alors de fixer des orientations de fond et de bâtir un budget qui corresponde aux réalités, non à telle idéologie.

Ce sont de tels choix qui devraient être présentés au corps électoral plutôt que celui qui consiste à élire le type ou la nana qui émet la parole a priori la plus sympa.     

 

Quand c’est bête, c’est bête

Je veux bien qu’on tape sur l’élitisme, sur l’entre-soi des gens comme il faut, du mépris de classe des gens d’en-haut, de la captation de la richesse par quelques-uns, etc., etc. Que l’on dénonce cela, je suis pour à fond.

Un doute me point cependant quand on explique ainsi, voire quand on excuse ainsi peu ou prou, des choix populaires de mauvais aloi. Genre Front national ou islamisme de banlieue.

Je ne vois pas pourquoi la bêtise serait concédée aux prolos, aux ploucs, aux lascars, aux sans-dents. Ils font leurs choix eux aussi.

Et quand ils adoptent des pratiques et des orientations stupides, il convient de leur dire ce qu’on en pense, à savoir – allez, je vais rester poli – que c’est bête.

Pourquoi le pauvre et l’humilié auraient-ils des raisons de faire les idiots ? Au contraire, c’est à eux surtout que revient l’honneur de manifester de la dignité. C’est souvent tout ce qui leur reste.

 

Bien entendu, ce qui précède suppose que le fond de sauce du Front national est indigne, et que l’islamisme, quel qu’il soit, ne vaut pas mieux.

 

Couvercle

L’écrivain algérien Kamel Daoud disait récemment que dans son pays le Coran se présente comme une réponse qui précède les questions. Alors il n’y a plus qu’à se taire, une chape de plomb recouvre le vécu des gens, croyants ou non. 

Concernant la Bible, j’ai beaucoup écrit dans mon jeune temps, avec d’autres, sur ce thème : quand sa lecture n’est plus une rencontre présente, authentique, entre ces deux sujets, l’Écriture et nous, nous devenons ses objets, et pire : nous faisons d’elle notre objet.

Luther, dont nous parlons beaucoup cette année, avait vu le problème, lui pour qui l’usage de la Bible était la pratique d’une rencontre existentielle plutôt qu’une répétition.

   

Simple

Électeur de gauche, je ne veux voir qu’une seule tête. Sinon, le vote blanc n’étant pas comptabilisé, je vote au grand air ou alors en pantoufles, pourquoi perdre mon temps pour un perdant ? 

 

Question

Sur la photo de cette semaine, à la page d’accueil de ce site, une question me rejoint, celle du chien : où allons-nous ?

 

Grosse bête

La fin du texte de cette semaine, à la page False Memories, se comprendra mieux si l’on sait que mon totem d’éclaireur unioniste était Élan subtil…

 

Du 13 au 19 février           

 

L’ennemi

Si la France est une des cibles préférées de Daéch, ce n’est pas parce qu’elle persécuterait les musulmans, mais bien, entre autre, parce que sa culture pousse naturellement ceux-ci à mettre en débat, sinon l’islam, du moins leur propre façon de vivre l’islam. Le débat, cet ennemi mortel de tout intégrisme.

 

Bouter hors

Jeanne, au secours ! les Godons nous prennent jusqu'au commissaire Maigret ! 

 

Sélection

Ce n’est plus l’allemand, mais le chinois, qui est devenu la langue de la sélection dans les lycées des beaux quartiers. Il serait plus intelligent de développer l’enseignement de l’arabe, cela donnerait de l’avance à nombre de ceux qui vivent dans des quartiers moins beaux.

 

Bamboula ?

Pris dans la tourmente, des gens comme Théo ou son grand frère Michaël, à Aulnay, forcent le respect. Qui sont les civilisés, ces deux-là ou ceux qui les injuriaient ?

 

Échelle

Dans le monde, il y a ceux qui font monter le taux de violence, qui est aussi un taux de souffrance et de malheur, et il y a ceux qui contribuent à le faire descendre.

À ce sujet, on devrait établir un indice mensuel : du plus con au plus sage.

Et comme il s’agit du service public, peut-être pourrait-on commencer par tenir cet indice à jour dans chaque commissariat.

 

Colère

La cible principale des colères de Jésus était l’imposture. On traduit à tort le mot grec par hypocrisie, gommant ainsi son aspect social. Il s’agit d’usurper une identité collective prestigieuse pour la mettre au service de ses propres intérêts. Ceux que l’on trompe ainsi sont le plus souvent la masse des plus faibles.

Exemple actuel : quand le parti de l’étranger, russe en l’occurrence, se présente comme le parti des patriotes.

 

Rappel

Ce qui fait la spécificité du protestant canal historique, ce n’est pas son type de piété mais son respect pour le débat synodal.

 

Emblème

Le dessin de la semaine, que je dois à mon ami franco-vietnamien Bruno Doan, représente un coq. Cela pour saluer l’entrée dans l’année du Coq (pour se faire bien voir des Chinois : ça aidera le commerce), et bien sûr la victoire de l’équipe de France de Rrubby, hier, une équipe typiquement française qui perd quand elle joue bien et gagne quand elle joue mal (à l’image de nos élus ?). Bref, le coq, cet animal qui chante quand il a les pieds dans la… 

 

Poésie

Le salut étant acquis à ses yeux une fois pour toutes, le protestantisme tente de développer une poésie très particulière, qui n’est ni celle du mystère, ni celle de la pureté, mais celle de la justesse. 

 

Déréliction

Fillon va à la messe et le curé le critique… « Seigneur, surveille mes amis, je me charge de mes ennemis ! »

 

Hiérarchiser l’info

On commente la possible défaite d’Angela Merkel lors des élections allemandes à venir. Futilité, pensé-je ! J’apprends en effet la retraite imminente d’Aretha Franklin !

 

Du 7 au 12 février             

 

Pacification

Vous avez aimé, hier, les violences des banlieues ? Votez Le Pen, vous les aurez tous les jours.

 

Franchise

Il faut reconnaître à Fillon un mérite, c’est d’avoir dit que si l’on veut que la France s’en sorte, il faut accepter d’attaquer dans le dur. Et que ce sera dur. Les autres candidats n’ont pas l’air d’avoir envie d’insister là-dessus, qui pourtant est vrai.

C’est après qu’il reste à dire de quel dur on parle : capital ou travail, nanti ou démuni, protégé ou menacé ? Et donc, qui en subira le plus durement l’attaque ?

Là-dessus, Fillon a choisi, partageant cette erreur constante de la droite qui consiste à penser que le bien-être des riches entraîne ipso facto l’amélioration du sort des pauvres.

 

Juillet 42

En écoutant la mère Cassetout, hier soir à la télé, à un moment j’ai eu froid dans le dos. Elle veut interdire toute tenue religieuse ostentatoire dans l’espace public. On lui demande en substance si les flics accepteront d’arrêter un Juif porteur de papillotes dans la rue. Elle répond qu’ils obéiront aux ordres. Ça m’a rappelé des souvenirs malheureux.   

 

Commercer

J’écoutais donc parler l’Infante. Elle veut protéger les Français de tout ce qui n’est pas eux. Moi qui suis patriote, je trouve au contraire cela fort dangereux pour nous. Une grande fille comme la France doit savoir donner et recevoir sans pour autant se laisser faire. 

 

Jeter

Ma génération connaissait peu de divorces. En général, nous préférions réparer plutôt que jeter. Seuls les enfants rageurs jetaient leurs jouets cassés. En bien des domaines, réparer reste encore très avantageux. Ainsi, réparer l’Union européenne serait plus malin que la jeter, geste puéril.

 

Logique

Personne n’y contrevenant, pourquoi n’adopterions-nous pas la logique des Israéliens ? Les Allemands n’ont pas d’armée crédible, nous pourrions sans trop de risque annexer la Sarre… Après tout, elle n’est jamais qu’un prolongement de la Lorraine. Non, j’déconne.

 

Tacle

Voilà que la mère Double-Peine, Marine pour les intimes, se prend pour le peuple… Cette fausse blonde à l’âme noire confond populaire et vulgaire. 

  

Rance

Les humoristes – le plus souvent il vaudrait mieux dire les comiques – ne sont pas exemptés de travail. Tenez, Canteloup, on rigole parce que c’est écrit dessous que c’est rigolo, mais franchement ça craint, il devrait plutôt se remettre au boulot.

 

Double laïcité

La République n’est pas par nature ennemie des religions, mais seulement de ceux des mouvements religieux qui la combattent. À ce sujet, quand on parle de la laïcité, il y a souvent confusion entre deux luttes à mener. L’indice de cette confusion, c’est quand on cite la loi de 1905 pour parler sans distinction, par exemple, de certaines tenues dites islamiques. Ces jours-ci, j’entendais encore Élisabeth Badinter faire cette confusion.

La loi de séparation des cultes et de l’État prévoit que ce dernier ne reconnaît ni ne finance aucune institution religieuse mais se porte garant de la liberté de culte. Elle concerne des collectivités, non des personnes. C’est par extension de cette logique que des tenues religieuses ostentatoires sont interdites dans certains lieux qui dépendent de l’État. La question est donc celle de la fidélité de l’État à l’égard de ce principe de séparation.

Mais c’est dans un autre cadre juridique, celui qui assure à chacun et à chacune sa liberté de conscience, que la question du voile islamique, pour garder cet exemple, se pose plus généralement. Il y a en effet violation de la liberté d’une personne majeure lorsqu’un comportement quel qu’il soit lui est imposé par quelque autorité privée que ce soit. La question est alors celle de la protection des personnes concernées, certes par les Pouvoirs publics mais aussi par la vigilance des citoyens et de leurs moyens d’expression.

En pratique, il est clair que ce second combat concerne le plus souvent la main-mise des hommes sur les femmes et, de nos jours, certains milieux religieux, mais ce n’est pas la raison de fond du combat à mener : religieuse ou non, la liberté individuelle est à la base du lien républicain.    

 

Du 1er au 6 février             

 

Explication de texte

J’écoutais un reportage sur France-Inter. Des Irakiennes récemment libérées de l’emprise de Daéch y racontaient l’horreur qu’elles venaient de quitter. On entendait par derrière les cris de joie d’enfants qui jouaient, et j’ai été frappé par la stridence de ces cris. C’est ce qui a suscité en moi le poème de cette semaine.

 

Références

Chez Mélenchon, côté mentalité je savais déjà pour Victor Hugo, mais en l’écoutant hier j’ai constaté qu’il y a aussi du Jules Verne. Tout ce que j’aime.

 

Le point de vue

En écoutant parler les candidats à l’élection présidentielle, il est bon de se souvenir de ces mots de Dietrich Bonhoeffer : « Cela reste une expérience d’une incomparable valeur que nous ayons appris à voir les grands événements de l’histoire du monde à partir d’en bas, de la perspective des exclus, des suspects, des maltraités, des sans-pouvoirs, des opprimés, des bafoués. »

 

Feignasses

Le logo en anglais pour présenter la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024, c’est juste une connerie. Ça fait pute. En plus, c’est la marque d’un manque de créativité car il est possible de trouver un logo en français qui soit à la fois compréhensible et attirant même pour les non-francophones.

 

Latin

Fillon ne semble pas se rendre compte de ce qu’évoque l’énormité des émoluments reçus par sa femme et ses enfants. Il est sans doute resté dans la bonne vieille culture latine, paternaliste et clientéliste.

Dans ce cadre-là, un père-patron arrose qui il veut et comme il veut, en échange de la totale fidélité de ses obligés. Ceci, que les biens dont il dispose ainsi soient les siens ou ceux qu’une charge publique lui confère.

On trouve sans doute à l’origine de cette conception un mode relationnel immémorial, celui qui unissait un chef, les siens et ses alliés dans le cadre d’une loyauté indéfectible.

Un lien qui a évolué par ailleurs en cette dépendance mutuelle du suzerain et de ses vassaux propre au système féodal.

En religion, ce lien clientéliste correspond mutatis mutandis au rapport qui lie le prêtre à son évêque, et celui-ci au Pape.

Selon cette conception vieille comme Hérode, Fillon est innocent.

Seulement voilà, nous sommes passés entre temps dans l’aire culturelle du lien statutaire et juridique absolu, celui du mode d’action associatif…

 

Français

Les noms de Fillon, Macron, Hamon, Mélenchon finissent tous en on, j’y vois un signe : ils m’évoquent La Chanson des quatre fils Aymon, chanson de geste où ces preux chevaliers français eurent à se confronter à l’empereur d’Aix-la-Chapelle (en Allemagne, si l’on voit ce que je veux dire)… Ils survécurent vaillamment à ce défi mais y perdirent quelques plumes…

 

 

Du 29 au 31 janvier           

 

Mélenchon

L’exigence, la colère, l’indignation, la tendresse de Mélenchon me touchent infiniment. Elles sont justes. Je les ressens comme telles parce qu’au fond, elles sont miennes. Je crains cependant qu’elles puissent l’entraîner à sortir du plausible. Quand on prétend conduire un poids lourd à grande vitesse, on ne doit pas prendre le risque de quitter la route. Quand s’est fait, on ne s’en relève pas…

 

Processus

Les croyants évangélicaux* ont raison de penser que la conversion est l’essentiel de la voie que propose le Christ. Passer d’une mort à une vie, entrer dans un processus de création. À reprendre sans cesse.

Ils ont raison aussi de penser que les Écritures sont intangibles et normatives. Ce qu’ils ne voient pas, c’est que cela est une école de liberté : plus un texte est unanimement respecté, plus son interprétation est ouverte.

 

* On peut appeler maintenant évangélicaux, à la suite de l’anglais evangelical, les chrétiens qui se disaient évangéliques sans penser que tous les autres protestants, voire tous les autres chrétiens, se considèrent eux aussi comme évangéliques.

 

La totale

Au PS, Valls et Hamon me font penser à ce poème de Victor Hugo :

 

Moïse pour l’autel cherchait un statuaire ;

Dieu dit : – Il en faut deux ; et dans le sanctuaire

Conduisit Oliab avec Béliséel.

L’un sculptait l’idéal et l’autre le réel.

 

Et comme on voit, il faut les deux… sans quoi rien ?

 

Astrologie

En Extrême-Orient, c’est l’année du Coq qui commence. Mon ami Bruno, dont le père vietnamien fut autrefois déporté en France pour y travailler de force, me le rappelle de fort aimable façon. Mais le coq, c’est l’emblème de la France ! Cette année astrale nous serait-elle enfin bénéfique ?

Et ça commence : une Française élue Miss Univers, nos handballeurs champions du monde, une très française nouvelle 2CV Citroën en préparation, et j’en passe…

 

Tragique

Donald Trump s’exprime et agit comme un enfant qui n’a pas dépassé le stade du désir de toute puissance. L’énormité des moyens dont il a disposé depuis sa naissance n’ont pas permis que le réel s’impose à lui. Une parole des Écritures me vient alors à l’esprit : Malheur à la ville dont le prince est un enfant. Elle me paraît tellement adaptée à la situation que, je le pense, nombre de malheurs risquent de s’abattre sur le peuple étasunien à cause de la puérilité de cet homme. Sur son peuple comme sur lui-même.

 

Du 22 au 28 janvier

 

Sagesse

« Donald, mon gamin, écoute Pépé : je comprends, tu veux t’amuser avec tes nouveaux joujoux, hein mon grand ? Mais embêter les voisins c’est pas une bonne idée. Arrête avec ça, ça va te retomber sur la tête. Tiens mon petit, on va jouer à la marchande, on va faire un deal : tu arrêtes avec les Mexicains, et en échange tu embêtes à fond les Européens ! D’accord ? »

(aparté à l’adresse des Européens : « Je lui dis ça pour vous rendre service... »)

 

Santé

Quand la grippe aviaire fait des ravages, faut-il vraiment s’inquiéter pour Donald ? Peut-être pas car il se protège très bien lui-même, les virus, c’est bien connu, sont arrêtés par les murs Quant au Canard enchaîné, il semble être en pleine forme.

 

Utopies

Il existe deux sortes d’utopies. Celle qui est faite d’idées actuelles que l’on projette dans l’avenir, et celle que l’on ne connaît pas mais dont on pressent qu’elle est en train de naître et dont, à tâtons, on tente d’aider le déploiement. Celle-là seule convient.

 

Systèmes

Il convient de rappeler au populistes anti-système qu’il y a toujours un système. Donald Trump est issu du système capitaliste branche affairisme, Vladimir Poutine provient en droite ligne du système bureaucratique soviétique.

Marine Le Pen est issue du système franciscain (je fais allusion à la francisque, à quoi pensiez-vous !) et François Fillon du système de la fabrique (on appelle ainsi un conseil de gestionnaires d’Église). 

Quant à Jean-Luc Bennahmias, il sort directement du système méthodiste tendance Thoreau… C’est dire !

 

Précision

Je précise que le système de la francisque est né en Italie dans les Années Vingt du XXe siècle en tant que système dit des Faisceaux (en italien, Fasci). Il a fait florès en France dans la période 1940-1944. Il est connu pour être celui des vrais patriotes… et plus précisément de ceux qui se placent sous la coupe d’un despote étranger.

 

Sale temps

J’ai voté à la primaire mais la météo n’a pas changé. Il fait toujours aussi froid. En haut comme en bas. Sale temps pour les roses…

 

La vie en rose

Hamon va gagner la primaire de la gauche officielle face à Valls, mais sans qu’ils s’agressent mutuellement, bien au contraire. Dès les résultats connus, ils s’adresseront l’un à l’autre des milliers de compliments.

Ensuite, ébahi devant la déferlante inouïe de la participation militante lors de cette primaire, près de cinq millions de votes, Mélenchon se ralliera à Hamon et lui tressera des lauriers durant toute la campagne présidentielle. Ce que voyant, Macron n’aura d’autre choix que de faire de même.

Devant une telle unanimité dépassant les frontières de la gauche, voire du centre, le vote populaire se détournera de Le Pen, qui ne fera que douze pour cent au premier tour de la présidentielle. Le peuple souverain portera alors Hamon au deuxième tour, face à Fillon qui sera écrasé (60%-40% environ).

Alors commencera en France une telle ère de prospérité que les Allemands demanderont en masse leur naturalisation…. (Qu’est-ce qui sonne, là ? Ah ! c’est le réveil…). 

 

Avoir du souffle

Vous avez toujours dit ça, vous en avez l’habitude, d’ailleurs tout le monde le dit, c’est dans toutes vos bibles : « Heureux les pauvres en esprit » (c’est dans le texte à lire dimanche prochain).

Puis un jour vous regardez le texte grec et vous vous étonnez. Vous allez zyeuter le dico grec-français de ce bon vieux M. Bailly, et vous vous apercevez que ce qui est écrit, c’est « Heureux les mendiants de l’esprit ». Voire « Heureux les mendiants du souffle ».

Alors vous demandez le Souffle, vous en manquez.

 

Annexe pédante 

Voici le texte grec : Makárioi hoi ptôkhoì tô pneúmati, hoti autôn estin hê basileía tôn ouranôn.

Selon le Bailly (édition de 1935), ptôkhós signifie "qui est en demande de protection, d’où pauvre, mendiant", et dans son édition abrégée, "mendiant" est le premier sens donné au mot.

Il est suivi ici d’un datif, alors que, toujours selon le Bailly, c’est avec un génitif qu’il signifie habituellement "pauvre en…". Avec ce datif, on pourrait donc comprendre : "ceux qui sont en demande pour (recevoir) l’esprit… ou le souffle".

La réponse, évidente, étant alors que le Règne de Dieu est à eux : on donne à ceux qui demandent... 

En conséquence, vous vous méfiez une fois de plus des dictionnaires du "grec du Nouveau Testament".

 

Du 15 au 21 janvier   

 

Magie

Lorsqu’on parle de la situation actuelle ou à venir de la Syrie, tout se passe comme si l’on avait totalement oublié le point de départ de la guerre, à savoir l’existence d’une forte demande populaire de démocratie. Certes, on y visait des finalités fort différentes dans les milieux laïcs ou chez les islamistes sunnites. Ces derniers, sous la forme de djihadistes, figurent toujours dans notre représentation de la situation mais les laïcs n’y apparaissent plus. Qui trouve son intérêt à ce tour de prestidigitation ? Les amis d’El Assad. 

 

Critère

Notre candidat bénéficiera de la légitimité du vote, face à la personnalisation médiatique de Macron ou de Mélenchon, affirment les candidats à la primaire de la gauche officielle. Cela suppose que l’élection finale se jouera sur la question de la légitimité…

 

Ententes

Jean-Luc Bennahmias n’est pas le premier à penser qu’une entente des pays du Sud de l’Union européenne pourrait contrebalancer le poids de l’Allemagne dans le cadre d’une redéfinition des règles communes. Cela ne marcherait pas car l’interdépendance de chacun de ces pays avec Berlin est de nature particulière.

Mais il n’y a pas de raison de supposer que les Allemands ne prendront pas eux-mêmes en considération les implications de la nouvelle situation due aux orientations de Poutine et de Trump. Ils savent qu’ils sont certes plus riches que les Français, mais aussi moins bien armés, tant pour la guerre que, à certains égards, pour la diplomatie.

J’aurais alors plus confiance dans la constitution de cette entente Paris-Berlin-Varsovie proposée par Montebourg car elle serait basée sur des intérêts géostratégiques communs que l’ensemble des Européens du Nord et de l’Est, de la Finlande à la Roumanie, ressentiraient comme tels.

 

Parapluies dorés

La notion de décence ordinaire a été récemment remise en valeur par le philosophe Jean-Claude Michéa – à la suite de George Orwell et de Marcel Mauss.

Elle est censée représenter une norme universelle permettant la critique des systèmes sociaux, économiques et politiques. Je pense qu’elle trouve son application dans le cas de la rétribution des grands patrons, comme Carlos Ghosn, par exemple.

Elle le fait à partir d’un point de vue qui fait prévaloir la réciprocité, l’échange, sur l’accumulation individuelle. Ainsi, par exemple, quand vous rendez une invitation ou rendez un service, vous vous situez dans l’aire de la décence ordinaire.

Or, si j’extrapole, vous placez ainsi sans le savoir, à votre petit niveau, le système de rétribution des grands patrons hors de cette norme universelle. C’est qu’en effet, ce système ne permet aucune rétribution en retour, aucun échange entre eux et l’ensemble des gens, considérées comme des pairs, et ceci à quelque niveau que ce soit.

Ce faisant, vous placez donc ses bénéficiaires hors de la communauté simplement humaine, ordinaire, les transformant de façon fantasmatique, soit en êtres infiniment supérieurs, à honorer, soit en maudits infra-humains à combattre et détruire.

À partir de ce moment, il existe pour vous deux mondes sans interaction possible autre que négative. Naît un profond ressentiment d’un côté, une arrogance "naturelle" de l’autre.

On n’a jamais vu qu’une société dont les fondements reposent absolument sur ce type de configuration ait longtemps résisté.

 

Stances

Je me dis que si je ne vote pas à la primaire de la gauche officielle, c’est comme si je votais pour Macron ou pour Mélenchon. Que je crains.

Mais je me dis que si je vote à la primaire de la gauche officielle, c’est pour promouvoir un ensemble politique obsolète (comme dit l’autre fada yankee).

Alors je me dis que je ne vais pas voter à la primaire de la gauche officielle. Mais aussitôt je me dis que cela revient à affaiblir le poids de la social-démocratie. Que j’estime.

Alors je me décide à aller voter à la primaire de la gauche officielle. Mais après réflexion, je trouve que c’est inutile puisque le gagnant est sûr de perdre à la fin.

Alors je me résous à rester hésitant, me félicitant quand même de ne pas avoir à voter pour quelque autre candidat, quelle qu’en soit la désignation.

À moins que, la mort dans l’âme, je me décide finalement à voter pour Mélenchon, juste à gauche de la gauche, ou pour Macron, juste à droite de la gauche. 

Ou bien que je vote blanc, même si aucun candidat ne se trouve de cette couleur ni ne porte ce nom. Mais là j’hésite : le blanc fait royaliste…

 

Raison garder

De même que les CRS ne sont pas des SS, Manuel Valls n’est pas un fasciste. Le prétendre, comme certains de mes amis le font, c’est souiller la mémoire des vraies victimes du fascisme.

 

Scie

Il faut bien dire que ces temps-ci, de Trump en Brexit, les Anglo-Saxons nous pompent l’air.

 

Caution !

Je m’inquiète pour le sort de Donald Trump. Si, si. Car je me dis que deux moyens seulement s’offrent à ceux qui veulent mettre un terme au mandat d’un président étasunien qui mettrait en danger le pays d’une manière ou d’une autre.

Le premier moyen consiste en la démarche d’empeachment et ne peut aboutir que dans le cas d’un comportement précis, inacceptable au regard des institutions de l’Union. 

Mais si le président, sans se mettre dans ce cas extrême, prenait des tas de décisions erratiques, incoordonnées, non réfléchies, donc finalement très dangereuses elles aussi, ou même tenait continûment des propos publics du même genre, il ne resterait aux milieux responsables qu’à se conformer à une coutume du pays, à savoir se trouver un bon tireur… 

C’est pourquoi, ayant observé le comportement du futur président, je m’adresse ainsi à ses gardes du corps : Take care, men !

   

Sourire

On a tort de sourire, comme certains journalistes le font, des prestations de Jean-Luc Bennahmias dans le cadre de la primaire de la gauche. Si le style du bonhomme peut surprendre, ses interventions sont des plus intéressantes. Il est vrai qu’il peut parler librement, il sait qu’il ne sera pas élu. Mais peut-être suis-je partial, je l’ai connu bébé…

 

Un autre

L’un des six autres sera appelé à représenter la gauche de gouvernement d’hier. Il faut bien qu’il y en ait un, mais il aura fort peu de chance de devenir président, on le sait, pris en tenaille entre Macron et Mélenchon. Trois candidats de gauche plus quelques autres disséminés : Bérézina. 

 

Lectures

Présentée pour la première fois hier, la nouvelle émission de Présence protestante (France 2) consacrée à la Bible et animée par Marion Muller-Colard était intéressante. Elle tranchait avec le pédagogisme habituel et donnait enfin leur place aux lecteurs.

Néanmoins, j’ai regretté qu’elle ne fasse pas droit… au récit biblique considéré. Car dans les évangiles, la femme qui souffre d’une perte de sang ne va pas sans la petite jeune fille que l’on croit morte, c’est une seule histoire en deux actes, dont l’un éclaire l’autre et réciproquement.

Ce récit-là, trop complexe, ne se prêtait donc pas au style d’émission conçu par l’animatrice. Mais à cette réticence près, on en redemande.

 

Conférence de Paris

Deux États en Israël/Palestine ? Un leurre. En regardant la carte des implantations de colonies israéliennes dans les Territoires sous administration palestinienne, je me disais qu'à l'évidence, l'existence d'un État palestinien est déjà devenu techniquement impossible. L'Israël de M. Netanyahu semble vouloir récupérer l'ensemble de la Palestine. À la grande joie, d’ailleurs, de quelques théologiens protestants du genre… disons allumé ?

 

Du 8 au 14 janvier

 

Tristesse

Vendredi 13. Jour néfaste s’il en est : j’apprends qu’on a fait disparaître le COD. Ce qui est ennuyeux car dans la phrase précédente, COD était le COD. Il ne me reste que la disparition, c’est-à-dire plus rien. Sauf bien sûr le sourire du chat, ma chère Alice…

 

Une utopie anarchiste

Chez les commentateurs patentés, le revenu universel, devenu un thème de la campagne de la primaire de la gauche, évoque les utopistes classiques comme Thomas More (1478-1535), Tommaso Campanella (1568-1639), et surtout Thomas Paine (1737-1809). Trois Thomas moins incrédules que leur saint patron.

En fait, la première version connue de ce type de pensée est bien plus ancienne. Toutes choses égales par ailleurs, on la trouve déjà dans la Bible, par exemple. À la fin du livre du Lévitique (Wayyiqra en hébreu), au chapitre 25. Il est difficile de dater ces textes mais ils peuvent remonter à l’époque du second temple, peut-être au 4ème siècle avant notre ère.

Je vais essayer d’en extraire ici la logique, sans trop la déformer, en des termes plus faciles à lire pour un contemporain que ceux du texte biblique. 

Cette utopie est conçue en un temps où la base de la société est le clan ou la grande famille, non l’individu, et où l’origine de toute richesse est la terre. L’idée est que celle-ci est donnée par Dieu et n’appartient donc à aucun être humain. À partir de là, deux volontés sont à accorder.

D’une part, la volonté que chaque clan puisse toujours conserver et gérer en toute liberté son moyen de subsistance, c’est-à-dire la concession agricole qui lui a été assignée, ceci, suppose-t-on, de façon égalitaire.

D’autre part, la volonté d’éviter qu’à terme se créent des inégalités dues à toute sorte de facteurs, au point que les uns puissent s’approprier la terre des autres et réduire ceux-ci à la condition d’employés privés de liberté. Ce qui était bel et bien la réalité à transformer.

La solution est apportée par l’instauration du jubilé, période de quarante-neuf ans au cours de laquelle chacun gère son affaire comme il l’entend, puis de l’année jubilaire qui suit, pendant laquelle la situation première est rétablie avant que commence un nouveau jubilé. Le terme de jubilé (yovél) est lié à la corme de bélier qui sonne le départ de chacune de ces périodes.   

De cette manière, chaque clan est assuré de ne jamais perdre son moyen d’existence. Il bénéficiera de l’usage des gains acquis ou subira la dureté des pertes pendant deux ou trois générations environ. Pendant cette période, il pourra donc racheter la terre du voisin, mais la génération suivante n’en héritera pas car la terre reviendra à son premier habitant.

Bref, cette utopie vise à limiter au maximum l’enrichissement des uns et l’appauvrissement des autres, tout en tolérant une marge de différenciation liée à leur bonne ou mauvaise gestion, toutes conditions extérieures égales par ailleurs.

Dans cette forme de pensée, si la croissance survient, elle n’est pas due à l’accroissement et au regroupement des moyens de production, mais provient justement, comme on le voit dans nombre de textes bibliques, de ces conditions extérieures que sont, par exemple, une météo bénéfique ou encore l’absence de guerre. Toutes choses dont Dieu est le seul décideur.

Ce n’est pas la croissance qui est recherchée, mais un mixte de liberté et de justice. En revanche, il est supposé que l’ensemble du corps social bénéficiera ainsi de cette honnête aisance qui est une condition de la paix. Au sens fort, holistique, de cette paix (chalom). Comme si le processus d’enrichissement des uns au détriment des autres nuisait par construction à cette dernière.

On remarquera que cette utopie passe totalement sous silence la nécessité d’un pouvoir politique surplombant l’ensemble des clans en présence et chargé de veiller au bon fonctionnement du système. En ce sens, il s’agit d’une proposition de type anarchiste.

En fait, ce qui tient lieu ici d’État, c’est la décision collective de s’en tenir à la Loi, ou plutôt à l’Enseignement (Thora). Un enseignement écrit reconnu par tous comme autorité suprême (et dont fait justement partie ce livre du Lévitique).

Charte reconnue comme autorité suprême par un ensemble de collectivités autonomes. Liberté d’agir modulée par la justice sociale. Refus de l’accumulation par héritage. Préférence donnée à l’enrichissement collectif. Tels sont sans doute les traits dominants de cette utopie… dans lesquels on reconnaîtra nombre de recherches des premiers socialistes de l’ère moderne.

On voit que le désir de liberté et de justice sociale n’est pas une nouveauté dans le monde. Je pense qu’il est né ici ou là dès qu’un pouvoir supérieur de type royal s’est constitué, c’est-à-dire il y a des millénaires.

 

Des chameaux et le chas d’une aiguille

Six pasteurs, entre autres, prieront à l’intronisation de Trump, dont deux apôtres de la théologie de la prospérité, celle qui voit dans la richesse le signe de la bénédiction de la part de Dieu. Perte de temps et manque de rentabilité : il est déjà riche !

 

Anciens

Samedi dernier a eu lieu le repas des vieux de la commune rurale dont je suis citoyen. Il était suivi d’une séance de danses, chansons et contes en langue poitevine et animé en bonne partie par nombre de nos concitoyens britanniques. Trilinguisme assuré. Et la France, tout naturellement, depuis le terroir jusqu’à l’Europe.

P.S. : Poitevin, en poitevin, se dit poètevin ! Poète et vin, le beau programme !

 

Logique

Madame la maire de la commune où j’habite fait très pertinemment remarquer que plus les régions sont grandes, et plus les communautés de communes regroupent de communes, plus le budget transport des communes est important… Et que plus la commune est petite, plus cela grève son budget de fonctionnement. Ce qui mène logiquement à la disparition des communes qui ne sont pas des métropoles.

 

Voyant

Il est tout de même curieux que les sondages continuent à fleurir, à propos de la primaire de la gauche, alors que le jeu est tellement ouvert qu’il est impossible de rien prévoir. Personnellement, ayant laissé ma boule de cristal chez ma tante, je consulte régulièrement le marc de café avec des résultats moins chers et passablement probants.

 

Du 1er au 7 janvier   

 

Le réel est-il réel ?

Concernant Trump, il faudra toujours se souvenir qu’il a raison quels que soient les faits. S’il ne les croit pas, c’est qu’ils n’existent pas. Sauf s’il change d’avis. D’où la question : comment faire croire à Trump que tel fait existe, même si ce n’est pas le cas ? Vous suivez ?

 

À l’endroit

Il va de soi que quand une loi est illégitime, se mettre dans l’illégalité, la concernant, devient légitime. Les choses sont ainsi remises à l’endroit. C’est pourquoi il convient d’héberger les migrants en grande difficulté. Irait-on en prison pour cela… à la grande honte des magistrats et du législateur.

 

Précision

« Allez, de toutes les nations faites des disciples (Matt. 28.19). Voilà la mission-clé de l’Église, il ne faut pas s’en laisser détourner : c’est là l’essentiel ! » insiste un site protestant (REGALE : avancer en l’Église ensemble). Certes. Mais que signifie faire des disciples ? L’expression est ambiguë car elle peut suggérer qu’il s’agit d’entraîner les gens derrière soi alors que le terme grec signifie plus simplement instruisez tous les païens. C’est l’image, habituelle à l’époque, du maître qui se propose d’enseigner des élèves… volontaires. Chercher à instruire est une chose, vouloir encarter en est une autre.

 

Enseigner l’arabe

Il me paraît bizarre que certains rechignent à développer l’enseignement de l’arabe à l’école publique. Il s’agit tout de même d’une langue internationale comprise par des centaines de millions de Terriens. Certains d’entre eux, dira-t-on, nous sont ennemis ? C’est une raison de plus pour comprendre leur langue. La France a la chance d’avoir sur son sol un bon nombre de personnes qui en maîtrisent déjà plus que des rudiments, pourquoi se priver de cette richesse ? 

 

Les traîtres

L’emploi fréquent de ce mot par l’extrême gauche, qui l’applique aux sociaux-démocrates, me paraît ridicule autant que totalement contre-productif : « Hollande a trahi ! Valls a trahi ! Chérèque a trahi ! » Etc. Si vous êtes plus à gauche que d’autres, c’est que ces autres, pensez-vous, ont trahi.

Trahi qui ? Pas vous qui le criez puisque par construction les supposés traîtres portaient les intérêts d’autres catégories sociales que celles dont vous vous dites les porte-parole.

Vous installez ainsi une atmosphère de guerre civile qui ne sert manifestement pas la gauche, quelle qu’en soit la couleur, puisque pendant ce temps les catégories sociales les moins favorisées se tournent vers l’extrême droite…

Au lieu de faire la morale aux autres de cette façon purement idéaliste, vous feriez mieux de chercher à voir comment les intérêts des différentes catégories représentées peuvent coïncider au sein d’une orientation politique commune. En attendant de pouvoir aller plus loin. Ce serait faire montre d’une conception dialectique réellement matérialiste.

 

Les masses

Cet autre mot, propre à l’extrême gauche, me paraît lui aussi inapproprié. En l’employant on se ment. D’autant que c’est un mot qui ne veut rien dire, de quelles masses parle-t-on ?

C’est une façon de mettre la multiplicité de gens bien réels dans un paquet global purement théorique dont on prétend représenter les volontés. Une sorte de fonctionnement clérical, finalement.

L’expérience montre que ce sont rarement des masses qui ont fait avancer la socialisation des peuples. Les masses suivent quand l’histoire avance… mais aussi quand elle recule.      

 

Certitude

Je souscris pleinement à ce qu’écrit le philosophe Slavoj Žižek sur BIBLIOBS, « Trier, manger bio, prendre son vélo… ce n’est pas comme ça qu’on sauvera la planète. […] La culpabilisation des individus occulte les véritables causes de la destruction de la planète : le capitalisme et les États-nations. »

Ça ne m’empêche pas de faire mon petit effort de mon côté, bien sûr, car cela me permet de me souvenir chaque jour de ce qui est écrit ci-dessus !

 

Janvier 37

Dans le faubourg de Charonne, un jeune plombier-zingueur cherchait du boulot, il était au chômedu. Sa femme, elle, une sténo-dactylo, était au boulot. Elle devait juste faire gaffe car elle était enceinte de trois mois. Je me pointais, ni vu ni connu.

 

Lendemain de réveillon

Il y aurait tellement de vœux à faire, sur tellement de sujets et pour tellement de gens, que, feignant que je suis, je vais m’abstiendre... Que chacun, en lisant ceci, sache cependant que tous mes vœux pour du bon et du bien lui sont adressés ! Sans dec ! En tout cas jusqu’au 31 décembre prochain. Au-delà je ne réponds de rien.

 

 

 

Retour au haut de page