Courtoisie

 

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Pour lire vos remarques et mes réponses

 

 

 

Cette page est consacrée à la publication d’informations

Ou de textes transmis par des personnes ou des organismes amis.

Le dernier en date est une nouvelle de Christiane Gio.

On y trouvera présentés :

 

·        Un manifeste de résistance

·        L’appel Grain de sable

·        L’extrait d’un livre célèbre

·        L’extrait d’un autre livre célèbre

·        Des poèmes et deux nouvelles de Christiane Gio  

·        La « Lamentation funèbre du boche Hugo Ball »

·        La vieille femme à la perle, poème de Mona Aviat

 

 

 

 

 

On peut aussi se rendre sur ces anciennes pages anciennes :

retour (un communiqué de presse de la Cimade)

note (pour savoir comment une préfecture organise le piégeage

des étrangers susceptibles d’être reconduits à la frontière)

faim (un document sur les émeutes de la faim en Afrique)

 

 

 

 

 

De qui et concernant qui ?*

 

24 décembre 2008

 

« Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être. […]. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. […]. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la

bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé. »

 

·     Réponse en bas de page.

 

 

 

 

 

 

 

Que la crise dure depuis longtemps

 

23 décembre 2011

 

 "Les finances publiques doivent être saines, le budget doit être équilibré, la dette publique doit être réduite, l'arrogance de l'administration doit être combattue et contrôlée, et l'aide aux pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite. La population doit encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l'aide publique."

Cicéron - 55 avant J.C.

 

 

 

 

 

 

 

Mon ami Patrice Gauthier sollicite de ma modeste personne que je publie sur ce site

le poème qui suit. Je ne saurais m’y soustraire :

 

 

Lamentation funÈbre

du boche Hugo Ball

 

Hugo Ball, poète allemand dadaïste, pré-lettriste (1886-1927), a dit le poème qui suit

en 1916 au Café Voltaire, à Zürich.

Se souvenant que l’armée américaine de Pershing arrivait sur le front quelques mois plus tard,

Patrice Gauthier a fait de ce poème la traduction placée en regard :

 

Omboula

Maison au bout de la désertion

take

Fait

biti

Tomber

solounkola

Soldats et colonels

tabla tokta toka takabla

Sur la table des opérations

taka tak

Au bruit des mitrailleuses

Baboula m’balam

Bal, j’aime le bal

tak trou – u

Des bordels de campagne

où – pour

Où partent

biba bimbel

En ribambelle

o kla o aouv

D’Oklahoma à New-York

kla o aouva

Closes et ouvertes

la – aouma

Les âmes

klinka – o – e – aouva

Clinquantes à tout va

ome o – aouva

Maisons sauvages

omba dij omouff pomo - aouva

Les ombres promouvant

trou – u

Le trou

tro – ou – u    o – a – o - u

Le trou où s’engouffrent

mo – aouva

Morts vivants

gomoun gouma zangaga gago blagaga

Goumiers z’artilleurs et caporaux blagueurs

szagaglougui  m  ba – o – aouma

Sagas sanglantes et barouds mortels

szaga szago

Alors d’abord

szaga la m’blama

Sagouins d’Alabama

bschigui bshiguo

Bisque bisque rage

bschigui bschigui

Brisés par la bise

bschiguo bschiguo

Taïaut taïaut

goggo goggo

Charges  américaines

ogoggo

En avant en avant

A – o – aouma

À la mort

 

 

 

 

 

Un poème de Mona Aviat

 

La vieille femme à la perle

 

La caresse des rayons du soleil sanglant

S'accrochant à une larme qui dévale ta joue.

Les éclats sur ta peau qui se teintent d'argent,

Et la nuit apparaît, accélérant ton pouls.

 

Noire, sombre, et ton vieux cœur meurtri qui ne voit plus.
Il cherche en vain une chaleur, des palpitations.

Et en lui une lueur lui donne la sensation

Que tu as vécu, mais que c'est maintenant révolu.

 

Plus de larmes qui coulent sur cette joue flétrie
Et un sourire paisible apporte la clarté

À ce visage qui fût habitée par la vie

Dont les yeux ne verront plus que l'obscurité.

 

(Mona est la petite-fille de mon ami Pierre et de son épouse,

« la vieille femme à la perle », elle a quinze ans)

 

 

 

 

 

Des poèmes et deux nouvelles de Christiane Gio

 

 

 

Pour faire écho à l’un des poèmes de la semaine (Saints innocents) :


Les grincheux ont beau dire,
  cette année-là
   m'a plu !


  dit l'Ogre.

 J'ai mordu chaque jour
  (que Dieu fait)
 la viande tendre
   de l'enfant ;

 j'ai goûté la chair
   éphémère
 de la femme vendue,
 et léché la sueur
   de sa peur ;

 j'ai étripé
 j'ai équarri
   écartelé
   dilacéré ;

 j'ai cuit des fournées
   d'étrangers ;

   j'ai bu
    le suc

 
des suppliciés,

  je l'ai aimé...

  fameux festin
  d'hommes de bien !

 j'ai même fait des provisions
     de bouche
 au cas où l'année nouvelle
     serait belle.

 

Il a plu cette nuit

Cette nuit tu m’as plu

Contre toi toute nue

J’ai écouté la pluie
Tu m’as plu cette nuit

Toute toi contre nue

Je ne grelottais plus

 

Toutes griffes dehors

Les eaux rebelles

Se jettent

Sur le ciment sali

Des quais

Leurs ongles blanc cassé

Crissent

 

Le dit du mécréant

                              à JMF

Tu dis :

« Vers l’aventure

L’Inconnu

Nous amène »

 

Tu nous promènes

 

Tu chantes

L’ardent désir

De l’ailleurs

Et du vent

 

Tu te mens

 

Tu sens

Le souffle ardent

De l’Esprit

En nos cœurs

 

Quelle erreur

 

Ton dieu est loin

 

Nous tournons

Folles toupies

Au travers du néant

 

Le rien

Ricane entre ses dents

 

Voici

Entends

Le dit

Du mécréant

 

 

La dictée de madame Durandal

 

12 février 2009

 

« Il faut pourtant que quelqu’un s’en occupe, se disait-elle. Qui va les accueillir ? »

Alors, dans le silence, elle se releva.

……………………………………………………………

 

Il était huit heures dix.

Les couloirs du collège étaient enfin silencieux et vides.

Madame la principale redescendait vers son bureau, repassant en esprit un emploi du temps matinal dépassant largement les possibilités physiques de quiconque. Mais elle avait appris que contrairement à ce que l’on croit, le temps est élastique, même contenu dans les grilles d’un horaire draconien.

S’installant à son bureau, elle se mit au travail, et ce n’est qu’une demi-heure plus tard que sa secrétaire, entrant en trombe dans la pièce, lui apprit le décès brutal, pendant la nuit, de madame Durandal, professeur de lettres en charge des sixièmes Lully, des cinquièmes Malraux et Proust, et des troisièmes Renoir. Un pilier de l’établissement, en poste depuis des lustres.

Avant toute chose, une fois le choc encaissé, il fallait s’occuper des élèves.L’emploi du temps de madame Durandal qu’elle consulta de suite, lui apprit que les sixièmes Lully avaient cours de français ce jour à huit heures.

L’absence du professeur n’ayant pas été signalée par la vie scolaire, ce qui ne laissait pas d’être curieux, elle supposa que les enfants se trouvaient en salle de permanence.

Mais ce n’était pas le cas :

« L’appel a été fait, le surveillant de service l’a récupéré et apporté au bureau », lui assura la conseillère d’éducation. 

Mais alors, où sont les enfants ?

Telle fut la question que toutes se posèrent, la principale et son adjointe, la secrétaire et la conseillère…

  

Se levant alors, la principale s’élança vers les escaliers, suivie de ses collègues, et grimpa vivement jusqu’au troisième étage, où se trouvait la salle de madame Durandal….

……………………………………………………………

 

« Je me souviens de cette fameuse matinée au collège Fesch.

Il pleuvait depuis la veille sans discontinuer. Cette année-là, l’automne s’était intitulé saison des pluies et déversait sur la Corse les eaux du Déluge. On eût dit que, selon le livre de la Genèse, « les portes des eaux du ciel avaient été ouvertes » : inondations, éboulements de tonnes de roches sur la route de Vizzavona. La mer démontée flagellait cruellement nos côtes, effaçait les plages, offrant aux regards incrédules un spectacle de désolation sur la Citadelle, la Parata, le long de la route des Sanguinaires.

Les barrages débordaient, noyant sous les eaux les plaines et détruisant du même coup les biens de toute une population effarée et accablée…

Comme nous étions en rangs, frissonnant dans le couloir, en attente de notre professeur, quelqu’un ouvrit la porte.

La lumière était allumée. Cela ne nous étonna pas : madame Durandal se trouvait le plus souvent déjà dans la salle lorsque nous arrivions.

Elle nous fit signe d’entrer et chacun prit sa place. Nos vêtements fumaient. Le cours commença. Comme prévu, une dictée nous attendait, que nous avions dûment préparée la veille. Pas d’angoisse, donc, nous étions tranquille, l’exercice ayant perdu, grâce à madame Durandal, son aura terrifiante de couperet : nous avions le loisir de corriger nos erreurs avec les aides variées qu’elle nous proposait, sous forme de remarques et de questions.

Madame Durandal n’avait rien tracé au tableau, contrairement à son habitude, mais elle avait demandé à l’un d’entre nous d’inscrire la date, la nature de l’exercice, le titre et l’auteur de la dictée, et à un autre de remplir la petite fiche portant le nom des absents. Il n’y en avait qu’un, Marcellin Débonnaire, qui regrettera toute son existence d’avoir manqué ce matin-là. Puis le billet avait été déposé sur la porte, côté couloir, afin d’être récupéré par le surveillant.

Nous étions donc en train d’écrire paisiblement lorsque la porte s’ouvrit. Il était environ huit heures quarante-cinq.

Madame Peral, notre principale, entra, suivie de son adjointe, madame Pogil et de notre chère Sophie, la conseillère d’éducation. Nous devinions d’autres présences, derrière elles : des secrétaires, des agents de service…

Comme nous levions la tête, elle nous demanda qui nous avait fait entrer dans la salle. Cherchant du regard notre professeur, mais en vain, nous restions surpris, ne saisissant pas encore toutes les implications découlant de ces mots : « Qui vous a fait entrer dans cette salle ? »

Nos explications jetèrent un trouble évident chez notre principale ainsi que chez les adultes présents dans le couloir.

Sans autre commentaire, Sophie s’installa au bureau du professeur et relut le texte que madame Durandal venait de nous dicter. Je me rappelle sa voix, affaiblie et légèrement tremblée.

Aucun d’entre nous ne demanda où se trouvait notre professeur. Lorsque la sonnerie retentit, nos affaires rangées, nous savions que nous ne ferions jamais plus de dictée sous la conduite de madame Durandal.

Quelques jours après, un nouveau professeur la remplaça, et plus jamais la porte ne s’ouvrit, alors que nous attendions sa venue, dans ce couloir aux pavés jaunes et gris, parce qu’il n’arriva jamais avant nous pour nous accueillir dans la salle de cours.

Tant d’années ont passé, et je puis encore réciter par cœur ces mots, les dernier mots de la dernière dictée :

"Ce que laisse un mortel ajoute peu au monde

Et ce geste pourtant donne au monde son prix"

         (Jean Alexandre, in Toutes ces mondanités). »

 

Christiane GIO

Ajaccio, le 22-12-08                                    

(En hommage au professeur Binns, enseignant au collège Poudlard – Dédié aux personnels du collège Fesch)

 

 

 

 

Mélaria

Le poulpe

« Jetant son encre vers les cieux,

 suçant le sang de ce qu’il aime

Et le trouvant délicieux,

Ce monstre inhumain, c’est moi-même. »

( Apollinaire, in : Le Bestiaire)

 

Mélaria s’est vite adaptée à son grand aquarium rectangulaire (1,80m sur 2,50m). Il faut dire que j’y ai mis le prix : modèle luxe incassable en verre securit-laser-cristal-excellence de sept centimètres d’épaisseur, aux joints en élastène durci recuit et traité au zinc avec revêtement en titane. Le « must ». Je me suis littéralement ruinée. J’ai achevé de vider mon Codevi avec tout l’attirail adéquat : assortiment de tuyaux, de valves, de filtres à eau ; lumière, chauffage, témoin de température, de salaison de l’eau… Le décor naturel de roches, sable et graviers, je me le suis coltiné moi-même en cinq week-end à Dieppe, sans oublier les kilos d’huîtres et de moules, de coques et de bernard-l’ermite qu’il m’a fallu ramasser, trimballer, conditionner…

  La concierge me guettait à chaque passage :

– Bonjour, mame Dupin, alors comme ça, on rapporte encore du sable ! ‘Core heureux que mon Émile m’ait offert un aspirateur Vorace pour ma fête, qui peut aspirer l’eau, la terre, les gravillons, parce qu’avec vous ! En tout cas, il est amorti ! C’est-y qu’vous voulez la plage à domicile ? Notez qu’avec la vie solitaire que vous menez, faut bien vous occuper à quèqu’chose. Mais quand même, pensez à mes escaliers cirés : tout rayés, qu’ils sont, à chaque passage ! 

  Elle restait pourtant sereine, en raison des étrennes royales qu’elle recevait au jour de l’an, et qui lui faisaient passer l’éponge (au sens propre comme au figuré) sur mes « excentricités » : une grande fille seule comme moi, fallait bien que ça s’occupe.

  Une fois ruinée, j’ai pu enfin contempler le résultat de mes efforts, affalée sur mon fauteuil, les pieds surélevés pour une meilleure circulation, un verre de thé à la main.

  Mélaria flottait doucement en pleine eau. Je la préfère ainsi plutôt que collée aux parois de toutes ses ventouses, lorsqu’elle les fait onduler les unes après les autres. Cela me rend nerveuse.

 

  Elle a un regard particulièrement ironique. Ce qui donne cette impression-là, ce sont ses yeux qui ressemblent étrangement aux nôtres.

  Elle considère tous mes efforts sans lever le moindre tentacule pour me venir en aide.

  Sa façon de manger est tout à fait dégoûtante et éprouvante pour ma sensibilité : tout d’abord elle danse sur les pointes de ses huit pattes autour de sa proie, puis elle se ramasse sur elle-même et se jette sur elle à une vitesse qui me dresse les poils sur le corps. Après quoi on la voit se trémousser sur son repas vivant, quand elle l’a ramené sous elle...

  Tout bien considéré, sa façon de se nourrir est moins dégoûtante que celle de l’araignée ou de l’étoile de mer.

  Une fois repue, elle se retire paresseusement, telle une flaque qui s’écoule en s’étalant vers son antre afin de digérer quelques heures.

  Alors je peux bouger à nouveau sans crainte, évoluer à mon aise dans la pièce sans rester sur le qui-vive. 

 

  Je ne comprends pas pourquoi elle ne mange pas ce vieux bernard-l’ermite ! Elle l’attrape de temps en temps du bout de deux tentacules et joue avec comme ferait un chat. Mais elle ne le mange pas. Elle s’aplatit devant lui et le regarde déambuler : il n’a même plus peur d’elle et sort ses pattes de sa coquille pour se déplacer sans se gêner.

  Je lui ai jeté d’autres bernard-l’ermite pour voir : elle les a tous dévorés.

 

  Les pieuvres restent pour moi un mystère insondable.

 

  Mélaria n’essaie plus que rarement de sortir de son aquarium. Depuis qu’elle a emménagé dans ce nouveau modèle, plus spacieux, elle se montre plus calme.

  Auparavant elle tentait de s’échapper très souvent, surtout quand je me trouvais dans la pièce. Ce qui était traumatisant pour moi.

  J’ai fini par comprendre qu’elle se trouvait à l’étroit.

  Pour que l’aquarium puisse tenir dans la salle, j’ai dû virer le divan. Il me reste un fauteuil. De toute façon, je ne reçois plus tellement de visites depuis que Mélaria est entrée dans ma vie et dans mon appartement et s’y est installée. Ses brusques sautes d’humeur rendaient les gens nerveux : elle éclaboussait qui passait devant elle, à grand tapage. Elle se jetait, telle une flèche d’une paroi à l’autre, comme si elle voulait casser la vitre. A d’autres moments, en revanche, elle devenait inerte, abattue, posée au fond telle une serpillière usagée, en me considérant d’un œil torve.

  Une fois, elle a jeté un poing de tentacules noués vers mon visage, ce n’était plus tenable.

  L’aquarium, je l’ai placé au milieu du salon, comme ça, elle peut suivre tout ce qui se passe dans la pièce.

  On dit que les pieuvres sont silencieuses : erreur ! Elles ploufent et plafent et splachent sans relâche pour exprimer leurs humeurs.

 

  Et puis elle s’est mise à grandir.

  Je l’avais recueillie toute petite, tenant dans le creux de ma main. Cela m’avait amusée de la rapporter chez moi dans un seau d’eau et de la plonger dans un aquarium.

  A présent sa taille est surprenante : déployée, elle est plus grande qu’une roue de vélo pour adulte.

  Ce qui explique aussi la rareté des visites.

 

  On dit que les pieuvres sont caractérielles : c’est vrai ! Mélaria se hérisse brusquement de mille rugosités qui ressortent vivement sur le fond rouge-sang de sa peau. Avec les ventouses, cela produit un effet repoussoir, euh…repoussant. Son regard n’est pas beau à voir, il est loin d’être amène, il vaut mieux quitter la place.

 

  Je me rappellerai toujours la grande scène que Mélaria m’a jouée, un soir, alors que je rentrais du boulot, exsangue.

  De tous ses tentacules déployés, elle s’était arrimée aux rebords de son aquarium qu’elle secouait de toutes ses forces. L’eau giclait sur le parquet, y formant des flaques glauques.

  L’aquarium tanguait dangereusement à tel point que, ne pouvant supporter ce spectacle, je suis ressortie de l’appartement, je suis redescendue dans la rue pour acheter quelques crevettes chez le poissonnier du coin (qui me doit sa fortune), dans l’espoir que tout serait rentré dans l’ordre une fois remontée.

  Peine perdue ! L’aquarium avait tenu le coup, bien qu’ayant versé les trois-quarts de son eau sur le plancher, mais Mélaria gisait par terre, serpillière grise, trouée, visqueuse, se tordant de manière horrifiante à mes pieds.

  Je passe sur la demi-heure qui suivit : ramasser une grande pieuvre qui se tortille pour la remettre dans son bocal n’est certes pas une mince affaire…

  J’avais à peine essuyé le sol que, me retournant, je l’apercevais déjà les tentacules par dessus bord, prête à se laisser à nouveau glisser à terre.

   Heureusement, les crevettes sont venues à point pour la calmer. 

 

 J’ai ressorti de suite les catalogues que je m’étais procurés chez l’Aquariophile.

 Pendant que je comparais les mérites de tel et tel produit, une enveloppe fut glissée sous ma porte : c’était Yvette qui, ayant renoncé à me rendre visite, m’invitait à passer chez elle dans la soirée.

 

……………………………………………………………………………………

 

  J’ai éteint la lumière, j’ai fermé la porte de ma chambre à clef et, après m’être assurée que le x était bien fixé au sol, je me suis couchée, ignorant les clapotis et autres chocs provenant du salon.

  Au matin, j’entrerais prudemment, protégée par mon balai-brosse, au cas où, et après avoir bien repéré l’endroit où se tenait Mélaria.

  On ne sait jamais.

 

 

Extraits de mon journal, du dix juillet au vingt-cinq septembre

 

10 juillet

Ai décidé d’organiser visites payantes pour financer entretien de l’aquarium et la nourriture.

 

10 août

Ai dû renoncer aux visites ! Mélaria a des soubresauts convulsifs violents dès qu’une tête ne lui revient pas. Impossible de savoir qui sera indésirable et de filtrer les entrées. Elle a des jours avec et des jours sans.

 Hier, un tentacule a furtivement caressé la chevelure opulente d’une petite blonde qui en a fait pipi dans sa culotte.

  L’autre jour, c’est un ventripotent à la voix caverneuse qui s’est vu soudain enlacé. Ai dû le rembourser.

  A d’autres moments, Mélaria suit d’un œil torve les événements, sans broncher.

  Voilà qu’il me faut renoncer à une ressource bien appréciable.

 

25 août.

  Un comité de quartier s’est constitué afin d’agir en vue du départ de Mélaria. Des pétitions circulent dans chaque immeuble.

  Du coup, une association de défense des céphalopodes m’a manifesté son soutien.

  Lequel soutien est resté de pure forme : pas un de ses membres n’a cotisé pour m’aider à entretenir Mélaria.

 

12 septembre.

  Le concierge de mon immeuble a disparu depuis plusieurs jours. Personne ne sait où il se trouve.

  Sauf moi.

  J’ai eu assez de mal à le sortir de l’aquarium, puis à le descendre à la cave, dans l’oubliette aménagée par des locataires juifs, pendant la dernière guerre, en cachette invisible.

  A part Debroussette, le fameux grand historien du quartier, âgé de quatre-vingt seize ans, et complètement sénile depuis plusieurs années, personne ne connaît l’existence de cet endroit.

  Je vais l’oublier également.

 

20 septembre.

  Suite à cette disparition, la police m’a interrogée. La routine, m’a affirmé l’un des deux enquêteurs.

  Ils ne sont pas restés longtemps. Mélaria, en les apercevant, leur a fait savoir que leur présence lui était indésirable.

  L’un d’eux m’a jeté en sortant :

– C’est légal, de garder un engin pareil chez soi ? 

  Je crains qu’il ne fasse un rapport négatif sur l’existence d’une grande pieuvre au quatrième étage d’un immeuble du vingtième arrondissement.

 

25 septembre.

  Un discret entrefilet est paru dans le Parisien libéré du 22 septembre, que j’ai découpé et collé dans ce journal :

La grande pieuvre de la rue Le Bua

« Madame Dupin, sympathique quadragénaire, a recueilli et entretient, dans son appartement, une jeune pieuvre géante pêchée toute petite dans la Manche.

Gracieusement lovée dans un aquarium de grandes dimensions, au milieu du salon, elle a suivi d’un œil bienveillant l’interview de sa compagne humaine, tout en chipotant d’un tentacule négligent quelques crabes offerts par votre serviteur. »

  Suivaient quelques lignes, un dialogue dans lequel je répondais à des questions portant sue l’alimentation, la reproduction et l’agrément de cet animal de compagnie.

  Je ne m’en suis pas trop mal tirée.

  Voyant que derrière son dos pointait un tentacule inquisiteur, et avant qu’une regrettable complication ne survienne, j’ai attiré mon visiteur dehors avec la promesse d’un verre ou deux au bistrot du coin. 

 

 

Lecture d’un extrait des Travailleurs de la mer, de Victor Hugo 

rÉactions de MÉlaria

 

Ma lecture eut un effet surprenant :

  D’abord lovée sur elle-même au fond de l’aquarium, elle étendit peu à peu, l’un après l’autre, ses tentacules. Son regard ne me quittait pas et je me rendis compte qu’insensiblement, elle se rapprochait de moi, jusqu’à ce que la vitre l’arrêtât.

  Elle me considérait ironiquement, certes, à son habitude, mais, à ce qu’il me sembla, avec de plus un brin d’étonnement. Elle semblait déconcertée.

  À la fin, comme j’avais cessé de lire depuis une bonne minute, elle eut ce que l’on pourrait traduire, en termes humains, un haussement d’épaules ; puis elle se mit à dévorer compulsivement, avec frénésie, les crustacés à sa portée, sans observer le rituel qui présidait d’ordinaire à tous ses repas. Enfin elle se retira majestueusement dans l’anfractuosité du rocher qui lui servait d’appartement.

  La prose de Victor Hugo aurait-elle le don de pacifier les monstres ?

  En tout cas, cela leur ouvrait l’appétit.

  Ou bien le fait que je m’occupe exclusivement d’elle, le son de ma voix s’adressant à elle, lui avait-il procuré un apaisement ?

  Les pieuvres sont-elles sensibles à l’intérêt qu’on leur porte, dès lors qu’il est bienveillant ?

  J’avais fait quelque chose pour elle, et elle en avait ressenti un effet bienfaisant.

  Je restai perplexe.

 

  A partir de ce jour, à chaque fois que Mélaria se montrait particulièrement nerveuse, je sortais un livre.

  En peu de mois, j’épuisai tout mon stock de Victor Hugo : les Misérables, les Châtiments, la Légende des siècles, Hernani, L’homme qui rit…

  Je voulus poursuivre avec Proust, mais elle ne me le permit pas.

 

  Je notais dans mon carnet ses réactions : régime, mesures, humeur. Elle grandissait moins depuis quelques temps, heureusement, car je ne pouvais envisager l’achat d’un nouvel équipement, au vu de l’état de mes finances.

  Afin de réaliser mes projets, un grand nombre d’heures supplémentaires seraient nécessaires.

  Une maison isolée, avec une piscine couverte me semblait la solution idéale pour que Mélaria puisse évoluer à son aise ; l’exiguïté d’un simple aquarium, si grand fût-il, ne lui permettant pas de dépenser son énergie de manière satisfaisante.

  Pour cela il me fallait résoudre bien des problèmes ardus, à commencer par celui du transport.

 

Rien.

Rien de notable ne se produisit pendant plusieurs jours. Le train-train. Au matin une livre de praires ; changement hebdomadaire du troisième filtre et tamisage du sable, sans incident aucun. Mélaria reste dans son trou. Le soir, une poignée de crevettes grises. Elle mange bien. Pas de remous.

  J’ai allumé la télévision à l’heure des informations. Comme c’était le remplaçant de Poivre qui présentait, Mélaria n’a pas même sorti un tentacule. Vers vingt-deux heures elle a fait son tour, mais comme l’appareil était éteint et que seule une petite lampe éclairait la pièce, elle n’a rien trouvé à redire et s’est retirée pour la nuit.

  Se ferait-elle à sa nouvelle vie ?

 

 

Le premier songe

 

J’ai rêvé de feuillages aquatiques ondulant dans une eau claire, lumineuse.

 Des vallées sous-marines se déroulaient sous moi, je planais avec délices accompagnée d’une cohorte de daurades familières.

  Je ne portais pas de combinaison ni de masque, ni de palmes, et pourtant, non seulement je n’avais pas froid, mais je me déplaçais aussi vite que je le désirais, suivant un banc de petits poissons verts, translucides. Tantôt je planais au-dessus d’une raie géante, tantôt je contemplais, immobile, les évolutions d’un gros mérou placide qui se « garait » à reculons dans son trou.

  Le contact de l’eau m’était doux, lisse comme de la soie, une soie bleue parsemée de taches de lumière, dans laquelle je glissais, libre, heureuse.

  Ainsi j’allais au fond des eaux vives sans but précis, sereine, en harmonie avec mon corps et mon esprit.

  En toute plénitude.

 

 

Le deuxième songe

 

J’étais le poisson rémora d’une baleine colossale.

  J’avais conservé néanmoins mon aspect humain.

Aucun masque, aucune bouteille d’oxygène. Je nageais dans les eaux profondes, respirant comme avant ma naissance, dans le placenta maternel, ou même comme encore auparavant, lorsque je me trouvais dans les limbes.

  Lovée contre le ventre de mon Léviathan je survolais l’abîme d’un noir encreux, d’où montait un froid glacial.

  Puis nous prîmes un courant chaud qui nous amena vers la surface.

  Pendant la remontée un sous-marin nucléaire nous croisa.

  Je restai entre deux eaux tandis que la baleine respirait en surface ; je n’aimais pas cet instant propice à toutes sortes d’attaques de prédateurs  divers : les humains chasseurs de baleines étant les pires.

  Je ne me rassurais que contre le corps immense et chaud de ma protectrice.

  Ainsi je voyageais à travers les océans du monde, ne craignant qu’une chose : la disparition de ma baleine.

 

 

Extraits du journal, du vingt-six octobre au deux dÉcembre

 

26 octobre.

  Quand Mélaria a cessé de se nourrir, alors j’ai compris qu’elle voulait se suicider.

  Oui, elle désire mourir.

  Grise, amorphe, mollement vautrée au fond de sa prison de verre comme une pieuvre neurasthénique, Mélaria souffre, et cela me rend malade moi aussi.

  Le remords commence à me ronger.

  Comment ai-je pu priver de liberté un être vivant ?

  De quel droit l’ai-je arrachée à son milieu naturel, puis enfermée durant de si longs mois, sans m’apercevoir qu’elle était malheureuse ?

  J’ai donc un cœur de pierre ?

  Une seule chose me reste à faire, de toute urgence.

  Le transport va s’avérer difficile…

 

2 novembre.

  J’ai loué un camion ; j’y ai fixé l’aquarium recouvert d’une bâche en plastique solidement attachée.

  En avant pour Dieppe !

 

 

Libre !

 

Une flaque bordeaux glisse insensiblement vers moi.

  Sous cette dentelle rouge bordée d’un feston noir se devinent les tentacules ondulant autour de la sombre galette du manteau.

  Le soleil frappe soudain l’ensemble et, d’un coup de baguette magique, illumine Mélaria.

  L’extrémité hésitante d’un tentacule vient toucher timidement ma main. Je ne bouge pas.

  La flaque pourpre s’éloigne alors, telle un bateau qui vient de larguer ses amarres, et s’enfonce dans les profondeurs transparentes. J’ajuste mon masque et je plonge.

  Entièrement déployée, telle une chevelure splendide, foisonnante, couronnant un visage noir, Mélaria plane, royale, en pleine eau.

  Les reflets du soleil la nimbent d’une auréole scintillante et, cambrée, elle s’élance vers l’abîme d’où je l’avais arrachée, loin de la minable prison dans laquelle je croyais pouvoir la confiner.

 

 

 

Résister

 

15 octobre 2008

 

 Ceci est extrait d’un texte d’Olivier Le Cour Grandmaison intitulé Résistances.

 

 

Pour défendre ceux qui sont stigmatisés parce qu’ils sont réputés « ne pas se lever tôt » car nul employeur ne les attend depuis des semaines, des mois, des années, résistance !

 

Pour défendre ceux qui, méprisés, humiliés, discriminés et relégués dans des banlieues laissées en déshérence, sont voués au Kärcher élyséen et livrés en pâture à une fraction de l’opinion publique raciste et xénophobe, résistance !

 

Pour défendre ceux dont les salaires sont indignes et à qui la seule perspective désormais offerte est « de travailler plus pour gagner plus », c’est-à-dire perdre davantage leur vie à tenter de la gagner en vain, résistance !

 

Pour tous les travailleurs précaires qui n’ont d’autre avenir que de le demeurer et de s’inquiéter constamment de lendemains qui depuis longtemps ne chantent plus résistance !

 

Pour tous ceux qui sont victimes d’une insécurité professionnelle et financière croissante qui les laisse sans perspective, sans autre perspective du moins qu’une crainte sans fin, résistance !

 

Pour tous ceux qui considèrent que les avancées sociales ne sont pas des privilèges mais des acquis précieux péniblement conquis par des femmes et des hommes qui se sont battus avec obstination et courage pour améliorer leur condition de travail et de vie, résistance !

 

Pour tous ceux qui jugent, contrairement aux mensongères déclarations du candidat aujourd’hui président, que la colonisation n’a pas été synonyme de civilisation comme il l’a déclaré à l’occasion d’un meeting tenu à Toulon au mois de février, résistance !

 

Pour tous ceux qui ne veulent pas de médias et d’une justice mis au pas, résistance !

 

Pour tous ceux qui n’aiment pas cette France désormais sarkozienne et qui ne veulent ni ne peuvent la quitter, résistance !

 

Pour tous les Musulmans qui « égorgent », selon la rhétorique indigne et islamophobe

de l’actuel président, « des moutons dans leur baignoire », résistance !

 

Pour les étrangers en situation irrégulière et leurs enfants scolarisés, pourchassés, raflés parfois, tous menacés d’expulsion en violation d’une Convention internationale – celle sur les droits de l’enfant – pourtant ratifiée par la France et de dispositions nationales sanctionnées par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, résistance !

 

Olivier Le Cour Grandmaison.

7 mai 2007

 

 

Devenir grain de sable dans l’engrenage

Créé en 2005, le Groupe œcuménique « Pas en notre nom ! », qui regroupe La Cimade-Ile de France, le Réseau Chrétien-Immigrés, la Fédération de l’Entraide Protestante, le Festival de la Jeunesse Orthodoxe et l’ACER-MJO (Action chrétienne des étudiants russes – mouvement de jeunesse orthodoxe), poursuit deux objectifs : faire entendre la voix des étrangers dans notre société tentée par le repli sur elle-même, et sensibiliser les membres des Églises catholique, orthodoxe et protestantes à l’écoute, à la rencontre et à l’accueil des étrangers.

L’enfermement et l’expulsion des étrangers ne peuvent se faire en notre nom !

C’est sous ce mot d’ordre qu’en octobre 2005 le collectif tirait la sonnette d’alarme en adressant l’appel « Pas en notre nom ! » aux citoyens et aux chrétiens de la région parisienne.

Aujourd’hui, le rejet de l’immigré est un engrenage qui touche absolument tous les aspects de la vie en société. Il produit des situations indignes au regard des droits fondamentaux.

Ainsi, l’appel à « Devenir grain de sable » compte sur tous, sur chaque citoyen dans son corps de métier, dans son Église, dans les mobilisations collectives de soutien aux étrangers, dans les associations, pour renverser les murailles de l’exclusion.

Contact presse :

Nicolas DEROBERT, Fédération de l’Entraide Protestante, 01 48 74 53 84 ou communication@fep.asso.fr

 

L’appel « Devenir grain de sable », mars 2009

Appel du groupe oecuménique « Pas en notre nom ! » - mars 2009

  _ _ _

► Moi, le contrôleur du métro,

quand je contrôle une personne au faciès et la dénonce,

► Moi, l’employé de mairie,

quand je soupçonne un couple de fraude parce que l’un des deux est étranger,

► Moi, l'agent derrière mon guichet,

quand j’appelle la police parce qu’une personne se présente sans carte de séjour,

► Moi, le médecin,

quand je refuse des soins à une personne parce qu'elle est sans papiers,

Qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je laisse faire ?

 

► Moi, l’agent de préfecture,

quand je refuse une carte de séjour à une femme de 65 ans, en France depuis quinze ans, qui sera expulsée,

► Moi, le policier,

quand j'arrête un homme et le fais enfermer dans un centre de rétention sans le laisser prévenir sa femme et ses enfants,

► Moi, l’agent consulaire,

quand je refuse la délivrance d’un visa de court séjour à une mère qui veut rendre visite à sa fille, en situation régulière,

► Moi, le commandant de bord,

quand j’accepte dans mon avion un homme qu'on attache pour l’expulser,

Qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je laisse faire ?

 

► Moi, le procureur de la République,

quand je lance une enquête pour empêcher une française d’épouser l'étranger sans papiers qu’elle aime,

► Moi, le juge,

quand je dis que mon devoir est d’appliquer la loi, en éludant la question de sa légitimité,

► Moi, le responsable politique,

quand je vante le "bon" chiffre des expulsions, oubliant que ce "résultat" cache des hommes, des femmes et des enfants,

►Moi, le croyant,

quand je ne dis rien ou ne fais rien pour défendre l'étranger, mon frère, car ce serait "faire de la politique",

Qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je laisse faire ?

 

► Moi, le citoyen,

quand je ne veux pas voir ce qui se fait en mon nom,

alors… Je refuse la Liberté. Je refuse l'Égalité. Je refuse la Fraternité.

Alors, comme être humain,

je prends conscience que tout ceci blesse à chaque fois : une personne, la société, moi-même.

 

NON, je ne peux pas laisser faire !

Et si je devenais grain de sable ?

 

 

Le groupe œcuménique  

Pas en notre nom !

et ses diverses initiatives

 

Octobre 2005

Pourchassés, arrêtés, enfermés, expulsés, les étrangers deviennent indésirables.

Scandalisés par ces faits inacceptables,

des citoyens, attachés à l’Etat de droit dans lequel nous vivons,

des chrétiens, soucieux de l’accueil de l’étranger dont ils sont le les prochains, veulent dire fermement :

► ceci ne peut se faire en notre nom !

Cet appel a donnéson nom au groupe œcuménique.

Ce groupe a deux objectifs :

► faire entendre la voix de ces sans voix, dans notre société tentée par le repli sur elle-même,

en leur donnant la parole ;

► poursuivre la sensibilisation des membres des Eglises catholique, orthodoxe et protestantes à l’écoute, à la rencontre et à l’accueil des étrangers.

Le groupe œcuménique est actuellement composéde membres de La Cimade – Ile de France, du Réseau chrétien - Immigrés, de la Fondation de l’Entraide Protestante, du Festival de la Jeunesse Orthodoxe et de l’ACER-MJO (Action chrétienne des étudiants russes - mouvement de jeunesse orthodoxe). Il collabore

régulièrement avec l’Église réformée de France - région parisienne, l’Église évangélique luthérienne – région parisienne, la Mission populaire évangélique, l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), le CCFD, le Secours catholique et la Pastorale des migrants.

 

Semaine d’accueil oecuménique des sans papiers – juin 2006

En avril 2006, le Conseil d’Églises chrétiennes en France adressait à Monsieur de Villepin, Premier Ministre, une lettre concernant la situation des étrangers en France. En écho à cette lettre, des sans papiers ont sollicité des Églises un soutien concret. Ainsi, dans un partenariat œcuménique, des chrétiens accueillaient en juin 2006 dans trois lieux d’Église différents des étrangers sans papiers ou demandeurs d’asile, voulant par ce geste « exprimer une solidarité et une inquiétude partagées. ► Le groupe oecuménique s’est élargi à cette occasion avec l’arrivée des orthodoxes.

 

Soirées oecuméniques 

Chaque année désormais, le groupe organise une soirée œcuménique autour de l’érranger, laissant place à des témoignages d'accueillis mais aussi d'accueillants :

« Étrangers les uns aux autres ? Accueillir, s’accueillir, se recueillir. »

 

Cérémonie pour la semaine de l’unité des chrétiens

Dans la continuité de ces actions, chaque année depuis 2007, le groupe œcuménique  participe à la cérémonie pour la semaine de l’unité des chrétiens.

 

Et si je devenais grain de sable ? _

En diffusant ce texte autour de moi.

En proposant une lecture dans les églises, en l’affichant et/ou en le déposant sur des tables de presse.

En interpellant les corps de métier concernés (sans oublier copie  à mon journal favori).

En saisissant les élus et les candidats (sans oublier copie à mon journal favori).

En organisant des lectures publiques.

En participant à un cercle de silence.

En soutenant les actions des associations.

En collant un rond jaune "grain de sable" sur mon vêtement, en signe de reconnaissance.

contact : pasennotrenom1@orange.fr

 

 

·        De qui et concernant qui ?

·        Réponse : Victor Hugo, « Napoléon le Petit ».

 

 

 

 

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