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Conte de la colère de Noël

 

 

 

Les Nuers avaient monté leurs abris aux confins de trois pays,

ne sachant dans lequel ils seraient en sécurité.

 

De fiers pasteurs semi-nomades qu’ils avaient toujours été,

ils étaient devenus des pouilleux que l’on pourchasse.

 

Ils avaient toutefois sauvé quelques bêtes du dernier massacre ;

ils prenaient d’elles le plus grand soin et les surveillaient jour et nuit.

 

Elles restaient, aussi maigres et épuisées qu’elles soient devenues,

la dernière assurance de pouvoir nourrir au moins les enfants.

 

Cette nuit-là, les gardiens virent venir à eux un messager,

un inconnu en boubou effrangé et terreux, qui semblait sortir de l’au-delà.

 

Il psalmodiait, haute silhouette efflanquée sous la lune mahométane,

une sorte de mélopée d’outre-monde.

 

Ils ne surent jamais qui il était ni d’où il venait,

ils se contentèrent de l’accueillir malgré leur effroi.

 

Il leur dit que dans un campement distant de quelques lieues,

un enfant était né et qu’ils devaient lui faire visite selon l’antique coutume.

 

Ils savaient que les enfantelets des humains ont besoin de sollicitude,

c’est pourquoi, tout réjouis, ils se rendirent au lieu indiqué.

 

Ils la virent, comme le messager l’avait dit, l’admirèrent comme il se doit,

et tentèrent de la réchauffer de leur souffle car la nuit était froide.

 

Puis ils s’en retournèrent en silence vers leurs abris de fortune,

repassant tout cela dans leur coeur, ne sachant ce qui attendait cette enfant.

 

Puis surgirent les miliciens, qui ne la tuèrent pas comme les autres petits,

elle était déjà morte dans les bras épuisés de Mariam sa mère.

 

 

 

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