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Poèmes de l’avent

 

 

En fait, on trouvera sur cette page deux séries de poèmes :

Poèmes de Noël et du dimanche des Saints innocents

Poèmes de l’avent 2011

 

 

 

Poèmes de Noël et des Saints innocents

 
 
Noël

 

tu es donc un enfant

 

es-tu celui que j’ai vu dormir à Paris dans la rue ?

tu t’étais fait une cabane de carton

faute d’une crèche 

et ces barbus éméchés accroupis avec leurs chiens

qui saluaient de leurs litrons levés

tes fidèles bergers 

 

ou bien es-tu ce petit d’homme armé d’une kalach ?

tout juste viens-tu de tuer tes pareils

ils sont anges du ciel

et ces guerriers kakis ramassant, arborant leur butin

ivres de qat et s’ornant de colliers d’oreilles  

seront mages ou rois 

 

es-tu la petite fille brune qui suce un vieux blanc 

après qu’en haletant il t’aie démaillotée ?

on t’allaite ainsi

et tu entends des chants dans les chambres voisines

cris de plaisir en des moments d’orgasme

chœur d’anges mâles

 

encore seras-tu la gamine employée comme esclave ?

tu n’as pas écouté ta maîtresse indignée

et l’on te fouette 

n’es-tu pas née pour servir et obéir et faire plaisir ?

on t’enverra dormir à jeun dans l’étable

bête que tu es

 

enfant ? je t’imagine encore inlassable au travail

à casser des cailloux le marteau à la main

pierres précieuses

visage de poussière et bras endolori mais courage

tu rapporteras bien ce soir quelques roupies

offrande pour ton maître

 

ô toi qui viens comme un enfant je fais un rêve

et c’est que tu deviennes un jour un prince

prince gaucher

pour plonger les salauds dans la nuit de décembre

et donner aux enfants qui te ressemblent ainsi

leur bel avenir

 

mais tu viens pour mourir

 

 

 

Saints innocents

 

cette année qui se finit, disait-il, voyez-vous je ne l’aime pas trop

elle est si pleine de malheurs

bien trop pleine de rapines

 

elle est bien trop remplie des tombes éparses d’enfants inconnus

des petits garçons, des petites filles

des innocents pas même saints

 

laissez-la aux riches et aux intelligents ils en feront bien quelque chose

ils sauront l’utiliser à leur guise

à leur service et pour leur bénéfice

 

c’est une année faite pour le chœur des anges mais quand ils pleurent

qu’ils se disent on ne va pas chanter

je ne l’aime pas trop cette année-là

 

 

cette année qui se termine, a-t-il dit, c’est une année comme les autres

autant pleine de miracles mort-nés

pleine aussi d’espérance avortée

 

elle est bien trop remplie de femmes avec le corps de leurs fils abattus

avec leurs filles au loin vendues

avec leurs gars partis, aventurés

 

rendez-la aux forts en gueule, aux vaillants de paroles, ils la sanctifieront

ils diront bien tous les mots qu’il faut

ils vous mettront la larme à l’œil

 

frères, c’est une année faite pour qu’une autre, meilleure, la remplace

celle qui pourrait tout commencer

l’an qui vient, combat renouvelé

 

 

 

Poèmes de l’avent

 

 

Premier dimanche de l’avent

Avenir

 

en ce pays je sais 

depuis longtemps tu restes en sommeil

sans doute qu’il le fallait

de toi nos mémoires étaient fatiguées 

lassées de ton image conviens-en

icône très ancienne

toi-même souviens-toi

tu ne tenais plus guère à elle

n’as-tu pas décidé alors

de t’effacer 

incertain de ton envie de revenir

et puis je sens ici ou là que tu respires

l’air a frémi légèrement

un lit gémit c’est un dormeur qui bouge

il va reprendre souffle

repense lentement son monde

il se demande s’il ne va pas

s’il n’aurait pas envie de

s’éveiller se souvenir

se lever se regarder se voir renouvelé

offrir au miroir de toutes ces années

la neuve image d’un visage défatigué

s’il entrevoit qui sait

au monde comme un air

serait-ce un air encore vicié

et pourtant oui, propre à imaginer

à se représenter

un avenir

 

 

 

Deuxième dimanche de l’avent

Litanie de la petite amour

 

père qui vis et vivais avant nous

montre-nous tes cheminements 

que face au monde immense devant nous

nous ne pensions petitement 

 

ô père qui vis au-dessus de nous

apprends-nous tes commandements

et que l’image de ton Fils en nous

nous ne vivions petitement 

 

ô père qui vis au-dedans de nous

fais-nous respirer largement

de l’étroitesse du cœur garde-nous 

que nous n’aimions petitement 

 

ô père qui vis si proche de nous

vivons-nous fraternellement ?

qu’envers celui qui chemine avec nous

nous n’agissions petitement 

 

ô père qui vis tout autour de nous

le monde vit injustement

c’est toi qui mets ce défi devant nous 

ne luttez pas petitement 

 

ô père qui veux le bonheur pour nous

pour le construire, joyeusement

que jamais dans ce chantier devant nous

nous travaillions petitement 

 

ô père qui viens au-devant de nous

quand pour chacun c’est le moment

fais que, mettant la foi en nous

nous ne croyions petitement 

 

ô père qui viens pour toujours à nous

tu veux apaiser nos tourments

que l’espérance ancrée très fort en nous

nous ne mourions petitement 

 

 

 

Troisième dimanche de l’avent

Cantique du comment

 

Comment saurions-nous nous prosterner,

Nus devant la plus grande faiblesse,

Nous qui aimons surtout les richesses ?

Viens faire de nous des nouveaux-nés,

Viens, Fils de Dieu, sois notre sagesse !

 

Et comment pourrions-nous accepter

Pour Seigneur un enfant sans défense,

Nous qui ne rêvons que de puissance ?

Viens nous revêtir d’humilité,

Viens, Fils de Dieu, sois notre innocence !

 

Comment voudrions-nous nous offrir

Jusqu’au bout à un petit enfant,

Nous qui nous faisons dieux, forts et grands ?

Viens vivre en nos vies pour les ouvrir,

Viens, Fils de Dieu, sois notre avenir !

 

 

 

Quatrième dimanche de l’avent

Nu et advenu

 

Il est venu,

Faible et menu,

Dans notre vie.

Il a tenu

Et maintenu

La voie suivie.

 

Il a connu

Le contenu

De nos envies,

Appartenu

Au continu

De nos survies.

 

Dieu inconnu,

La vie à nu

Et asservie,

Lui, méconnu,

Non reconnu,

Il l’a servie.

 

 

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